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Charolais

Quand Laquais comble son maître

Eleveur à Granieu, Lionel Girerd-Chanet va présenter un jeune taureau de deux ans sur lequel il fonde beaucoup d'espoirs.
Quand Laquais comble son maître

A 17 mois, Laquais était déjà une belle bête. Quand Lionel Girerd-Chanet l'a acheté, en mai dernier, le jeune taureau et ses 900 kilos promettaient d'aller loin. Trois mois plus tard, le pronostic se confirme. C'est ce qui a décidé l'éleveur à le présenter au concours d'élevage de Pressins. Installé hors cadre familial, Lionel n'est pourtant pas mordu de concours, ni de génétique. Mais comme la rencontre se déroule non loin de chez lui, il se sent impliqué, et même solidaire. D'autant que, pour choisir son taureau, il s'est fait conseiller par David Rivière, le nouveau président de l'Association des éleveurs de l'Isère, qui pilote le concours.

En attendant de monter sur le ring, Laquais continue de grandir, vite et bien. « Il présente une bonne conformité, un bon arrière ; il est dur sur ses pattes, décrit Lionel Girerd-Chanet. Quand il aura fini de se développer, ce sera une bonne masse. » A la tête d'un troupeau d'une trentaine de mères, le jeune éleveur entend faire progresser tranquillement son troupeau, à son rythme. 

Des bêtes qu'on ait plaisir à voir

Côté élevage, rien ne le prédestinait à s'intéresser à la charolaise. Avec sa passion pour seul bagage, Lionel Girerd-Chanet a repris l'exploitation d'un cousin en 2012 après avoir fait ses classes en tant que double-actif. « Parti de zéro », il sait qu'il a tout à faire. Mais il est serein : il fait ce qu'il aime et le fait bien. Il découvre peu à peu la race, l'apprécie de plus plus. « Elle est compatible avec mon caractère », sourit-il. Ses attentes : des vêlages faciles et des « bêtes qu'on ait plaisir à voir », avec des formes et plus de carcasse. « Je veux juste avoir un troupeau qui tienne la route », résume-t-il.

Pour parvenir à ses fins, le jeune éleveur, adepte de la saillie naturelle, recherchait un taureau calme, qui corresponde bien au profil de ses charolaises. Avec Laquais, il est comblé. Le concours, il n'y va « pas pour la gagne ». Mais l'enjeu est tout de même important pour lui. Auparavant, il se contentait de présenter quelques génisses dans les comices agricoles. Avec son taureau, il passe un cap. Un peu comme s'il entrait dans la cour des grands. Et même s'il l'a acheté pré-dressé, il a encore du travail avant l'échéance de septembre. « Il y a des jeunes qui sont contents de venir m'aider. Laquais est facile à attrapper. On le sort assez souvent, on lui apprend à marcher, on l'habitue à la foule, au bruit... » Sans pression, sans stress. Pour le moment.

MB