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Tourisme vert

Quand les Gaulois cultivaient le plateau

La Boucle-du-Rhône abrite de nombreux sites remarquables, à commencer par les vestiges archéologiques de Larina sur le plateau de Crémieu que les Lyonnais connaissent bien mieux que les Isérois.
Quand les Gaulois cultivaient le plateau

« C'est un site archéologique majeur », affiche José Dias, directeur du musée Larina à Hières-sur-Amby dans la Boucle-du-Rhône. Les vestiges de ce site de 29 ha révèlent une occupation par l'homme allant de la période - 1 000 av. JC à + 1 000 de notre ère. « Depuis le début, c'est une civilisation agropastorale basée sur l'élevage extensif », précise le directeur en soulignant combien l'élevage évite la fermeture des paysages et que le même champ voisin reste cultivé depuis l'époque gallo-romaine.

Fouillé depuis les années 60, le site a révélé des vestiges mobiliers et immobiliers d'une très grande richesse dont deux nécropoles (chrétienne et païenne), seize bâtiments, une église paléochrétienne et un rempart de protection de 800 mètres. Le site, dont l'accès est gratuit, accueille chaque année environ 40 000 personnes et le musée entre 9 et 10 000 visiteurs. Autant dire que Larina est un élément moteur de l'attrait touristique du secteur. « Nous travaillons en synergie avec la maison de la pierre de Montalieu et les grottes de La Balme voisines  », explique le directeur. Le panorama se complète des nombreuses vieilles pierres et villages remarquables du secteur que sont les cités de Crémieu, Saint-Chef ou  Morestel. Mais ces richesses sont davantage connues des Lyonnais que des Isérois.

C'est vivant le Nord-Isère !

« Les Grenoblois ont du mal à monter dans le Nord-Isère », reconnaît Marie-Christine Moly, éleveuse de chèvres à Bouvesse-Quirieu, propriétaire d'un camping à la ferme et d'un gîte, tout deux labellisés Gîtes de France. Situé sur un axe Nord-Sud, le long de la RD1075, le lieu accueille de nombreux camping-cars et caravanes sur la route des vacances. « La première fois, les gens s'arrêtent par hasard. Puis ils reviennent », raconte l'hébergeuse pour qui l'accueil touristique est une seconde nature. C'est même un besoin « pour me sentir bien dans ma peau ».  A la Chèvre verte, l'accueil ne s'entend pas autrement que « les bras ouverts ». C'est aussi une des spécificités du camping à la ferme : six emplacements seulement et de vrais liens qui se tissent entre les vacanciers et les hébergeurs. « Les gens se connaissent. Ils viennent pour discuter et pour la région », reprend Marie-Christine Moly pour qui certains de ces vacanciers sont devenus « des amis depuis 30 ans ». Quant aux nouveaux venus, elle leur présente la région et les envoie dans les endroits où elle aime aller. « En général, ceux qui font du camping à la ferme sont attirés par le côté nature. Et nous avons de la chance car il y a plusieurs espaces naturels sensibles (ENS) dans la région et des sentiers balisés et accessibles à tous. Ils peuvent également faire la Via Rhôna à pied ou à vélo, explique l'hébergeuse. Il y a bien entendu les grottes de la Balme - ludiques et où il fait frais - et tout un tas de petits festivals qui vont bien. Je les conseille pour aller écouter de la musique au bon endroit. C'est vivant le Nord-Isère ! Il s'y passe des micro trucs, mais super bien. Par exemple, au prieuré de Porcieu-Amblagnieu, il y a des expositions tout l'été avec des artistes du coin. »
L'attrait réside aussi dans l'activité de la ferme. « Il y a de l'animation tous les soirs avec la traite et un tour en tracteur pour les enfants, mais aussi l'alimentation des animaux matin et soir  ». En tant qu'éleveuse hypercommunicative, elle se plie volontiers au flot de questions de ses visiteurs. « Nous sommes un peu la bête rare. Il n'y a plus de 5% d'agriculteurs en France et peut-être 1% d'éleveurs, témoigne-t-elle. Je pratique une agriculture traditionnelle extensive et les gens ont envie de connaître ou de se rappeler. Mais je remarque qu'avant, les choses étaient évidentes. Aujourd'hui, il faut les dire, comme le fait que la chèvre est un mammifère. Des choses se sont perdues. C'est pour cela que je fais partie du Chemin des fermes ! »

Isabelle Doucet