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Handicap

Quand un chien joue le rôle de lien social

Chaque année, l'association Handi'chiens confie gratuitement à des personnes handicapées des chiens d'assistance. Souvent de race labrador ou golden retriever, le chien a bénéficié d'une formation rigoureuse de près de deux ans, avant de connaître son nouveau maître.
Quand un chien joue le rôle de lien social
Cinquante-deux. C'est le nombre d'ordres que maîtrisent les chiens d'assistance aux personnes handicapées. Un apprentissage rigoureux qui se fait en famille d'accueil et en centre spécialisé. Le tout sous la supervision de l'association Handi'chien - association nationale d'éducation des chiens d'assistance pour personnes handicapées. Tous les quinze jours, à Echirolles, les bénévoles se retrouvent au local de l'association française contre les myopathies (AFM), pour parfaire le dressage de leurs nouveaux animaux de compagnie, des labradors et golden retrievers. Deux races choisis pour leur côté "nounours", selon Isabelle Cerrette, vice-déléguée iséroise d'Handi'chiens. « Ils ne font pas peur aux personnes valides et jouent un rôle social très important pour créer des liens entre les gens. Ils sont très affectueux et assez facile d'apprentissage. Ils aiment bien rapporter des objets, chose qui leur est souvent demandée par l'intermédiaire des ordres ».

Des chiens pour rendre service
Dès l'âge de deux mois, les chiots sont sélectionnés par les éducateurs de l'association. « Ils veillent à ce que les chiens n'aient pas peur des gens, qu'ils aiment rapporter des jouets. On ne les choisit pas en fonction de leur beauté, mais de leur capacité à rendre service », complète-t-elle. Ces chiots sont ensuite placés en familles d'accueil, toutes bénévoles, pendant 16 à 18 mois, et ils apprennent 39 commandes essentielles, comme apprendre à ouvrir et fermer une porte, aboyer sur commande, éteindre la lumière, faire un câlin, ou encore se coucher sous une table au restaurant... « Lors des séances d'éducation, les familles apprennent à donner les ordres, et en principe les chiens comprennent assez rapidement. Et, pour les habituer à recevoir des ordres d'autres personnes, on change les chiens de famille pendant les cours, au moins quatre fois sur les 18 mois », raconte la vice-déléguée. Une période de pré-éducation pas toujours simple à gérer pour les familles. « On a toujours eu des animaux, mais jamais des chiens. Ce n'est pas évident car ça demande beaucoup de temps et beaucoup de rigueur, témoigne Dominique Venitucci, de Saint-Nazaire-Les-Eymes. C'est fabuleux de voir ce qu'ils sont capables de faire. Une vraie relation de complicité s'est nouée avec celui que nous avons actuellement ». Une séparation qui n'est pas toujours facile à vivre, « c'est un déchirement de s'en séparer, c'est sûr, mais ce sentiment est vite effacé par l'immense bonheur que nous avons à remettre le chien à son nouveau maître », ajoute Michèle Deschamps, famille bénévole de Saint-Egrève.

Le chien est confié gratuitement
Car une fois les 18 mois de pré-éducation terminé, les chiens intègrent un des quatre centres d'éducation labellisés pour parfaire leur éducation. « Là-bas, ils apprennent encore douze nouvelles commandes. A la fin de ce "stage", le chien vaut 12 000 euros. Et il est important de spécifier que tous les frais d'alimentation, de soins et d'éducation sont pris en charge par l'association. Les familles bénévoles ne payent rien », souligne Isabelle Cerretti.
L'apprentissage des 52 ordres terminé, le chien est prêt à être attribué gratuitement à une personne handicapée, à la fin d'un stage d'adaptation et de transmission d'une quinzaine de jours. La vice-déléguée ajoute : « Plusieurs chiens ont été choisis au préalable par les responsables en fonction du handicap et du lieu de vie de la personne. Le choix final se fait en fonction des affinités, le maître sait quel chien il veut, mais le chien sait aussi quel propriétaire il veut ».
Lucile Ageron