Quatre jours pour convaincre
C'est le salon des grosses machines et des dernières tendances. Au Sima, où les consructeurs côtoient les start-up, on discute motorisation, rotors, transmission, mais aussi télémétrie, robotique et logiciels. Les chiffres en disent long sur la dimension de cette biennale du machinisme agricole. 1 800 exposants, 42 pays, 232 000 visiteurs en 2017 : les entreprises qui font le choix d'être présentes attendent forcément un retour sur investissement.
Elles seront 43 venues de la région Auvergne-Rhône-Alpes représentant des secteurs d'activité aussi variés que les matériels pour l'élevage, les espaces verts, la forêt ou le travail du sol, l'agriculture de précision, les services, l'irrigation, les composants pour moteurs, le matériel de traction et les pneus. Quatre entreprises iséroises feront le déplacement.
« C'est un carrefour essentiel où se retrouvent les professionnels », commente Anaël Bibard, un des fondateurs de la stat-up Farmleap qui développe des outils numériques pour l'agriculture de précision. La société, qui a lancé sa plateforme en janvier 2018, est en phase de décollage. Son principe est celui d'un Ceta (Centre d'études techniques agricoles) numérique. Ou comment l'intelligence collective permet d'optimiser les performances de son exploitation. La liste des fonctionnalités est vetigineuse, mais chaque agriculteur, en groupe ou de façon individuelle, utilise les outils dont il a besoin pour comparer les charges de mécanisation, les frais d'intrants, les rendements etc. Les données sont anonymes et permettent de dresser des bilans, de mesurer les marges de progrès, d'intervenir au bon moment. Anaël Bibard souligne la dimension vertueuse pour qui s'investit dans un tel outil. « L'intelligence collective est source de progrès car elle donne envie d'évoluer ». La plateforme commence à déployer ses solutions avec des collectifs, à l'image du GIEE Eco-Phyt qui l'utilise en tant qu'outil d'aide à la décision pour la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires. « Un partenaire, une solution », fait valoir le créateur. L'outil étant opérationnel, « c'est le moment de venir voir », insiste-t-il. « Nous venons au salon pour rencontrer nos partenaires actuels et potentiels, pour parler aux agriculteurs et à leurs conseillers (coopératives, négoce, agrofournisseurs etc.). Il y a un intérêt à garder des liens et à découvrir de nouveaux contacts ». Comme beaucoup d'exposants, il mise sur la journée de dimanche pour rencontrer le plus de visiteurs professionnels.
Tout allant très vite dans le numérique, Farmleap travaille aujourd'hui avec les autres éditeurs de gestion parcellaire pour l'interopérabilité des plateformes afin « de créer une chaîne de valeur numérique plus performante ». Mais Anaël Bibard se veut rassurant, ces opérations digitales sont encadrées par un comité éthique. La start-up collabore aussi avec un fabricant de boîtiers clermontois pour faciliter la récupération des données, une nouveauté qui sera présentée au Sima.
Au plus près des clients
Toutes les entreprises ne dévoilent pas leurs innovations avant le Sima. La règle est d'en dire suffisamment pour attirer les professionnels, tout en restant discret car la concurrence fait rage. « Nous allons présenter les nouvelles générations de nos machines », explique un peu évasif Patrick Serreau, le responsable logistique de FAE France, un fabricant italien de matériels pour l'entretien de la forêt, dont le siège France est basé à Grenay. L'entreprise est de tous les Sima, envoyant un détachement depuis l'Italie pour montrer ses nouvelles gammes de produits, des broyeurs forestiers adaptables sur tout types de machines. Les clients sont des particuliers, des revendeurs, des entreprises pour lesquels le constructeur adapte des machines sur mesure en fonction du chantier. Connaître le client est déterminant dans ces métiers. C'est la raison pour laquelle FAE est présente dans de nombreux salons, à commencer par le Sima. Son deuxième atout, qu'elle entend faire valoir en direct auprès de ses clients, c'est la réactivité. « Nous avons augmenté de 25% notre stock de pièces de rechange afin que les chantiers s'arrêtent le moins longtemps possible en cas de casse », note le logisticien.
Isabelle Doucet
Mondial des fournisseurs de l'agriculture, Parc des expositions Paris Nord Villepinte, du 24 au 28 février de 8h30 à 18h