Quatre tonnes de produits frais pour la Banque alimentaire
L'idée est simple, pourtant c'est la première fois qu'elle est mise en œuvre. La Banque alimentaire de l'Isère (BAI) va recevoir en quatre livraisons assurées durant quatre semaines, un peu plus de quatre tonnes de fruits et légumes frais. Ces produits sont livrés par la plateforme Recolter – Lir (Restauration collective et terroirs - Loire Isère Rhône), une organisation de producteurs du nord Isère dont les débouchés essentiels s'articulent autour de la restauration hors foyer.
« La Banque alimentaire a vu avec le confinement une forte augmentation de son activité, explique Anne Gérin, vice-présidente du conseil départemental de l'Isère, chargée de la solidarité et de l'insertion. Nous sommes partenaires depuis longtemps de cet organisme. Nous avons répondu à leur sollicitation ». C'est vrai. Avec la fermeture de structures dédiées à l'aide alimentaire, celle des restaurants universitaires, des cantines scolaires, nombre de ménages se sont retrouvés en pénurie alimentaire avec une grande difficulté à réaliser leurs achats de nourriture quotidiens. « Les demandes ont doublé, confirme Christian Chédru, président de la BAI. De 5 000 en temps normal, nous sommes passés à 10 000 personnes qui dépendent de notre action. » Les besoins se sont donc brusquement accrus et la structuration de la Banque alimentaire a pu répondre à la situation. Mais « nous avons un déséquilibre dans la fourniture des repas. Ils ne comprennent pas assez de fruits et légumes frais. » De son côté, en raison de la suspension des cantines des collèges relevant de sa compétence, le conseil départemental a interrompu les commandes aux agriculteurs, notamment dans le nord Isère. Les deux besoins ont convergé et ont abouti à cette opération gagant-gagnant, vertueuse, circulaire. La première livraison d'une tonne de fruits et légumes de la vallée du Rhône a été effectuée mercredi 20 mai, en plusieurs palettes, assaillies par une armée de bénévoles qui à coup de transpalette et autre huile de coude s'est appliqué à ranger les nombreuses cagettes de courgettes, fraises et autre salades livrées. « C'est un coup de pouce incroyable, s'exclame Christian Chedru, au regard de la qualité top des produits qui nous ont été livrés. C'est ramassé de frais et nous n'avons rien à faire si ce n'est les distribuer aux associations avec lesquelles nous travaillons. Les courgettes seront livrées dès cet après-midi à notre cuisine « 3 étoiles solidaires » au collège de Seyssins pour les cuisiner et les délivrer lundi prochain. »
Ce type de dispositif n'existe nulle part ailleurs selon le président de la BAI, également président de l'organisation régionale des Banques alimentaires. Une idée qu'il va colporter auprès des autres départements afin qu'elle soit reproduite.
Jean-Marc Emprin
Un dispositif anti-gaspillage
La Banque alimentaire est un maillon important dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. De nombreuses entreprises de la filière agro-alimentaire lui livrent des écarts de fabrication (parfaitement sains mais non commercialisables pour une erreur d'emballage par exemple) ou des produits à quelque jours de la date limite de consommation dont les magasins alimentaires veulent se séparer. « Nous prenons tout ce qui est utilisable, quel que soit le conditionnement, explique Christian Chedru, président de la Banque alimentaire de l'Isère (BAI). Dans les fruits et légumes, il y a du tri à faire, mais nous en utilisons beaucoup. » Notamment grâce à la cuisine « 3 étoiles solidaires » du collège Marc Sangnier de Seyssins où une partie des denrées utilisée en cuit gagne quelques jours supplémentaires de durée de vie.
« Nous arrivons à servir 6 kg/personne/jour, explique-t-il, soit presque une semaine de nourriture (1kg/pers/jour). Mais il y a des déséquilibres dans les apports dans les départements, nous organisons donc une navette pour échanger une part de nos surplus entre nous. »
JME
En chiffres
200 tonnes de produits alimentaires collectés en Isère lors la journée annuelle d'automne à la sortie des grandes surfaces.
4 à 5 tonnes de produits ramenés par jour de ramasse dans les grandes surfaces avec lesquelles la BAI travaille.
2 200 tonnes de produits redistribués en 2019 soit l'équivalent de 4 millions de repas.