Massif des Alpes
Quel « verdissement » de la Pac après 2013 ?
Conférence agricole alpine/Pour débattre de la prochaine politique agricole commune avec le député européen Michel Dantin, les chambres d'agriculture du massif des Alpes avaient convié des représentants de la FDSEA et de Jeunes agriculteurs. La discussion s'est centrée sur le premier pilier et son « verdissement ».
Les chambres d'agriculture du massif des Alpes mettant en avant la contribution de l'agriculture alpine à la qualité de l'environnement, le prévisible « verdissement » de la politique agricole commune (Pac) après 2013 était, en toute logique, l'un des principaux thèmes de la dernière réunion de travail de la conférence agricole alpine sur la réforme de la Pac. Organisée à la maison des agriculteurs de Grenoble le 28 avril, elle a débuté par une intervention du député européen Michel Dantin. « Le verdissement se fera sans doute à hauteur de 10 à 15 % du montant des aides du premier pilier, même si certains plaident encore pour le tranfert d'aides du premier vers le second pilier, tout en rendant obligatoire le verdissement du premier pilier », a d'abord informé ce membre de la commission agriculture du parlement européen.
Proposer plutôt que subir
Pour la mise en oeuvre de ce verdissement, Michel Dantin privilégie l'adoption d'un catalogue de mesures telles que la rotation des cultures ou un taux minimum de prairies permanentes (mais en s'accordant sur la définition du caractère permanent de ces prairies, qui peuvent être régulièrement retournées...). « Les bandes enherbées sont un exemple du succès de ces mesures », a souligné cet élu savoyard. Avant de conseiller aux responsables agricoles des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, de l'Isère, et des deux Savoie réunis ce jour-là de « vendre leur idées à ceux qui pèsent dans les débats relatifs à l'environnement », assurant notamment que l'association France nature environnement « n'est pas complètement fermée ».
Pour Jean-Marc Guigue, le président de la fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles de Savoie, « le degré d'autonomie alimentaire des élevages devrait également être un critère, dans la mesure où il vaut mieux produire ses propres fourrages plutôt que d'importer du maïs au regard du changement climatique, auquel les exploitations doivent d'ores et déjà s'adapter ». Le rôle de l'agriculture dans l'entretien des paysages mis en avant par le sous-directeur de la chambre d'agriculture de Haute-Provence, Christian Charbonnier, est également « un argument audible » pour Michel Dantin.
Couplage et ICHN
Au-delà du verdissement de la Pac et des espoirs qu'il suscite en matière de soutien aux prairies, la conférence agricole alpine et ses homologues des autres massifs montagneux demandent, par la voix du groupe montagne de l'assemblée permanente des chambres d'agriculture qu'ils constituent, le maintien des aides couplées, qui « constituent un réel outil de maintien de l'élevage en zone de montagne », et de l'indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN). Ces deux dispositifs ne font pas débat, selon le député européen : « Aujourd'hui, en Europe, tout le monde ou presque a admis que nous avions besoin d'ovins et de vaches allaitantes en montagne car, sans eux, il n'y aurait plus d'agriculture dans ces zones ».
Pour Alain Haret, le secrétaire du Suaci Alpes du Nord (réunissant les chambres d'agriculture de l'Isère et des deux Savoie), il faudrait toutefois « trouver une solution pour la haute montagne, qui ne représente que 10 % de l'enveloppe dédiée à l'ICHN et risque d'être rapidement déshabillée ».
Ni trop tôt, ni trop tard
Les premières discussions sur le cadre budgétaire de la Pac d'après 2013 constituent la toile de fond de ces échanges. « Ce débat budgétaire se prolongera vraisemblablement jusqu'en 2012, année où se tiendront d'importantes élections en France et en Allemagne », indique Michel Dantin. Pour le parlementaire, il faut donc « éviter d'entrer dans les discussions sur les contenus de la Pac, car si nous laissons entendre que nous pouvons faire avec un budget de 100, on nous donnera 80 ».
Cette mise en garde ne doit pas empêcher les professionnels de faire remonter des propositions rapidement , car « il est plus facile d'intégrer de nouvelles idées maintenant, alors que les propositions législatives sont encore en cours d'élaboration, suite à la communication de la Commission au mois de novembre dernier, que lorsque l'ensemble des éléments du débat seront sur la table », souligne l'élu.
Cécile Fandos
Proposer plutôt que subir
Pour la mise en oeuvre de ce verdissement, Michel Dantin privilégie l'adoption d'un catalogue de mesures telles que la rotation des cultures ou un taux minimum de prairies permanentes (mais en s'accordant sur la définition du caractère permanent de ces prairies, qui peuvent être régulièrement retournées...). « Les bandes enherbées sont un exemple du succès de ces mesures », a souligné cet élu savoyard. Avant de conseiller aux responsables agricoles des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, de l'Isère, et des deux Savoie réunis ce jour-là de « vendre leur idées à ceux qui pèsent dans les débats relatifs à l'environnement », assurant notamment que l'association France nature environnement « n'est pas complètement fermée ».
Pour Jean-Marc Guigue, le président de la fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles de Savoie, « le degré d'autonomie alimentaire des élevages devrait également être un critère, dans la mesure où il vaut mieux produire ses propres fourrages plutôt que d'importer du maïs au regard du changement climatique, auquel les exploitations doivent d'ores et déjà s'adapter ». Le rôle de l'agriculture dans l'entretien des paysages mis en avant par le sous-directeur de la chambre d'agriculture de Haute-Provence, Christian Charbonnier, est également « un argument audible » pour Michel Dantin.
Couplage et ICHN
Au-delà du verdissement de la Pac et des espoirs qu'il suscite en matière de soutien aux prairies, la conférence agricole alpine et ses homologues des autres massifs montagneux demandent, par la voix du groupe montagne de l'assemblée permanente des chambres d'agriculture qu'ils constituent, le maintien des aides couplées, qui « constituent un réel outil de maintien de l'élevage en zone de montagne », et de l'indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN). Ces deux dispositifs ne font pas débat, selon le député européen : « Aujourd'hui, en Europe, tout le monde ou presque a admis que nous avions besoin d'ovins et de vaches allaitantes en montagne car, sans eux, il n'y aurait plus d'agriculture dans ces zones ».
Pour Alain Haret, le secrétaire du Suaci Alpes du Nord (réunissant les chambres d'agriculture de l'Isère et des deux Savoie), il faudrait toutefois « trouver une solution pour la haute montagne, qui ne représente que 10 % de l'enveloppe dédiée à l'ICHN et risque d'être rapidement déshabillée ».
Ni trop tôt, ni trop tard
Les premières discussions sur le cadre budgétaire de la Pac d'après 2013 constituent la toile de fond de ces échanges. « Ce débat budgétaire se prolongera vraisemblablement jusqu'en 2012, année où se tiendront d'importantes élections en France et en Allemagne », indique Michel Dantin. Pour le parlementaire, il faut donc « éviter d'entrer dans les discussions sur les contenus de la Pac, car si nous laissons entendre que nous pouvons faire avec un budget de 100, on nous donnera 80 ».
Cette mise en garde ne doit pas empêcher les professionnels de faire remonter des propositions rapidement , car « il est plus facile d'intégrer de nouvelles idées maintenant, alors que les propositions législatives sont encore en cours d'élaboration, suite à la communication de la Commission au mois de novembre dernier, que lorsque l'ensemble des éléments du débat seront sur la table », souligne l'élu.