Zoom sur... les relations entre producteurs et consommateurs en Chartreuse
Quelle offre face à une demande tous azimuts ?
Stratégie/Souvent impliqués dans la vente directe, les agriculteurs de Chartreuse réfléchissent aux façons de se structurer pour tirer le meilleur parti possible du fort potentiel commercial du massif et de ses environs. L'éventail des possibilités est étendu et la plupart des places encore à prendre.
Collecté par la coopérative des Entremonts, Guillaume Vessard ne commercialise pas les fromages fabriqués avec le lait issu de sa ferme. Mais, « quand je l'ai rejoint avec quatre autres agriculteurs du secteur de Miribel-les-Echelles il y a un an et demi, on nous a présenté les circuits de distribution des cinq fromages produits par l'entreprise, qui couvrent le marché de proximité, par le biais de la boutique d'Entremont-le-Vieux et de magasins de produits du terroir, mais aussi celui de la grande distribution, par l'intermédiaire d'un affineur savoyard », témoigne ce jeune éleveur bovin laitier.
L'attrait pour la vente directe
Désireux de se rapprocher du consommateur, ce co-président de l'association des agriculteurs du massif (Avenir de l'agriculture en Chartreuse ou AAC) a développé, en parallèle de son activité laitière, un atelier allaitant pour vendre de la viande de génisses en caissettes de dix kilos à la ferme. « Le lait devant largement suffire à m'assurer un revenu dès que la trésorerie de l'exploitation sera plus forte, l'aspect économique n'est pas ce qui prime pour moi, souligne le jeune agriculteur. Même s'il s'avère important pour le développement de la ferme et l'installation d'un associé, cet atelier m'apporte surtout la satisfaction de produire un aliment du début jusqu'à la fin et de proposer des produits de qualité à des tarifs abordables. Sans aller jusqu'à lancer une activité d'accueil, que je ne pourrais pas assumer tout au long de l'année, je peux ainsi approfondir le lien avec les consommateurs en expliquant comment je travaille ».
A l'image de Guillaume Vessard, beaucoup des agriculteurs nouvellement installés dans le massif de Chartreuse ne s'inscrivent pas dans des productions de masse. Ce constat amène « une réflexion de deux ordres, expose le jeune responsable agricole. Nous nous interrogeons, d'une part, sur les façons de mieux valoriser notre production à l'échelle du territoire, et, d'autre part, sur ce que l'on peut faire, une fois prise l'orientation de la vente directe, pour se faciliter la tâche. Comme nous sommes tous sollicités pour des produits complémentaires de ceux que nous vendons, il serait intéressant de ne pas rester chacun seul dans son coin. Surtout que je peux vérifier dans mon exploitation, comme mes collègues chez eux, l'engouement des consommateurs pour les produits locaux. Suite à la dernière assemblée générale de l'AAC, au cours de laquelle est intervenu un chercheur de l'Isara, nous cernons mieux leurs attentes et les tendances que suit la demande. C'est une base dont nous allons pouvoir nous servir pour faire évoluer les choses ».
L'amorce d'une réflexion collective
« Au démarrage de l'Avenir de l'agriculture en Chartreuse, dans les années 1990, la valorisation des produits locaux passait surtout par des évènements. Aujourd'hui, il s'agit de qualifier la demande pour structurer une offre, éclaire Eve Clamen, l'animatrice de l'association, à la fois chargée de mission du parc de Chartreuse et conseillère territoriale de la chambre d'agriculture de l'Isère. Avant, les demandes émanaient surtout d'associations pour le maintien d'une agriculture paysanne. Maintenant, elles sont de plus en plus souvent de nature évènementielle (prestations de type buffet) ou concernent la restauration collective. Face à cette demande tous azimuts, les producteurs doivent bien réfléchir aux marchés qu'ils visent. Surtout qu'on sent que d'autres prendront le relais s'ils ne s'en emparent pas efficacement ».
Au-delà du débat organisé dans le cadre de la dernière assemblée générale de l'AAC, ses membres ont aussi rendu visite à leurs homologues du Vercors il y a peu. L'association pour la promotion des agriculteurs du parc (Apap) de ce massif leur a présenté un exemple de point de vente à la ferme, ainsi que la SARL « La griffe paysanne », créée par onze agriculteurs du réseau des fermes du Vercors pour louer un chalet commun au marché de Noël de Grenoble, vendre des paniers cadeaux et proposer des buffets de produits du terroir. La journée d'échanges a donné du grain à moudre aux professionnels de Chartreuse, mais les réalités du massif sont différentes. En particulier, aucun réseau équivalent à celui des fermes du Vercors n'existe en Chartreuse, dont le parc naturel régional est, aussi, bien plus jeune. Il faudra donc du temps pour trouver le ou les projets qui fédèreront la plupart des quelque 400 adhérents d'AAC, mais la volonté des producteurs est bien là.
C.F.
L'attrait pour la vente directe
Désireux de se rapprocher du consommateur, ce co-président de l'association des agriculteurs du massif (Avenir de l'agriculture en Chartreuse ou AAC) a développé, en parallèle de son activité laitière, un atelier allaitant pour vendre de la viande de génisses en caissettes de dix kilos à la ferme. « Le lait devant largement suffire à m'assurer un revenu dès que la trésorerie de l'exploitation sera plus forte, l'aspect économique n'est pas ce qui prime pour moi, souligne le jeune agriculteur. Même s'il s'avère important pour le développement de la ferme et l'installation d'un associé, cet atelier m'apporte surtout la satisfaction de produire un aliment du début jusqu'à la fin et de proposer des produits de qualité à des tarifs abordables. Sans aller jusqu'à lancer une activité d'accueil, que je ne pourrais pas assumer tout au long de l'année, je peux ainsi approfondir le lien avec les consommateurs en expliquant comment je travaille ».
A l'image de Guillaume Vessard, beaucoup des agriculteurs nouvellement installés dans le massif de Chartreuse ne s'inscrivent pas dans des productions de masse. Ce constat amène « une réflexion de deux ordres, expose le jeune responsable agricole. Nous nous interrogeons, d'une part, sur les façons de mieux valoriser notre production à l'échelle du territoire, et, d'autre part, sur ce que l'on peut faire, une fois prise l'orientation de la vente directe, pour se faciliter la tâche. Comme nous sommes tous sollicités pour des produits complémentaires de ceux que nous vendons, il serait intéressant de ne pas rester chacun seul dans son coin. Surtout que je peux vérifier dans mon exploitation, comme mes collègues chez eux, l'engouement des consommateurs pour les produits locaux. Suite à la dernière assemblée générale de l'AAC, au cours de laquelle est intervenu un chercheur de l'Isara, nous cernons mieux leurs attentes et les tendances que suit la demande. C'est une base dont nous allons pouvoir nous servir pour faire évoluer les choses ».
L'amorce d'une réflexion collective
« Au démarrage de l'Avenir de l'agriculture en Chartreuse, dans les années 1990, la valorisation des produits locaux passait surtout par des évènements. Aujourd'hui, il s'agit de qualifier la demande pour structurer une offre, éclaire Eve Clamen, l'animatrice de l'association, à la fois chargée de mission du parc de Chartreuse et conseillère territoriale de la chambre d'agriculture de l'Isère. Avant, les demandes émanaient surtout d'associations pour le maintien d'une agriculture paysanne. Maintenant, elles sont de plus en plus souvent de nature évènementielle (prestations de type buffet) ou concernent la restauration collective. Face à cette demande tous azimuts, les producteurs doivent bien réfléchir aux marchés qu'ils visent. Surtout qu'on sent que d'autres prendront le relais s'ils ne s'en emparent pas efficacement ».
Au-delà du débat organisé dans le cadre de la dernière assemblée générale de l'AAC, ses membres ont aussi rendu visite à leurs homologues du Vercors il y a peu. L'association pour la promotion des agriculteurs du parc (Apap) de ce massif leur a présenté un exemple de point de vente à la ferme, ainsi que la SARL « La griffe paysanne », créée par onze agriculteurs du réseau des fermes du Vercors pour louer un chalet commun au marché de Noël de Grenoble, vendre des paniers cadeaux et proposer des buffets de produits du terroir. La journée d'échanges a donné du grain à moudre aux professionnels de Chartreuse, mais les réalités du massif sont différentes. En particulier, aucun réseau équivalent à celui des fermes du Vercors n'existe en Chartreuse, dont le parc naturel régional est, aussi, bien plus jeune. Il faudra donc du temps pour trouver le ou les projets qui fédèreront la plupart des quelque 400 adhérents d'AAC, mais la volonté des producteurs est bien là.