Isère
Quels alpages à l'horizon 2015 ?
Prospective/Faire plus avec moins, c'est un peu l'objectif que s'est fixé la fédération des alpages de l'Isère en adoptant son nouveau projet associatif lors de l'assemblée générale du 12 avril à Allemont. Une gageure qui ouvre malgré tout de nouvelles perspectives.
La fédération des alpages de l'Isère (FAI) va mieux. En ouvrant la trentième assemblée générale de l'association, le 12 avril à Allemont, Denis Rebreyend, son président, s'est donc réjoui que « la situation économique de l'association s'améliore et atteigne pratiquement l'équilibre, ceci grâce à tous : la forte mobilisation des adhérents, le soutien du Département, de la Région et de l'Etat, l'engagement de l'équipe technique (qui a donné sans compter), des membres du conseil d'administration et du bureau. Cette mobilisation ouvre de nouvelles perspectives pour le monde des alpages. Durant ces trente dernières années, il a fallu s'adapter aux évolutions du monde pastoral, prouver que ses ressources sont importantes, créer des services adaptés aux attentes des éleveurs et des communes de montagne, s'adapter aux évolutions des modes de décision et des différentes politiques. Nous donnons maintenant du sens à nos engagements et à nos activités par le biais du nouveau projet associatif, qui posera, je le pense, des balises à suivre dans les années à venir ».
Trente ans, et après ?
Pour la fédération, le travail de redéfinition du projet associatif mené au cours de l'année écoulée, dans le cadre de la commission prospective de la FAI, doit donc permettre de conforter les acquis obtenus depuis trente ans, suite à la loi pastorale de 1972. « Les alpages ont retrouvé leurs équilibres et la confiance des éleveurs », affirme-t-elle en préambule de ce document intitulé « Horizon 2015 ». Ce qui n'empêche pas que « de nouveaux défis doivent être relevés », tels que « les incontournables progrès techniques, l'évolution significative des contextes d'intervention des actions de développement local ou de nouvelles attentes vis-à-vis des espaces pastoraux », notamment en matière de dynamisation des différentes activités économiques locales.
Ces constats faits, « il faut faire des valeurs des activités pastorales iséroises de solides atouts pour renforcer les économies pastorales », estime la FAI, qui propose une série de pistes d'actions comme la prévention des accidents des travailleurs pastoraux, « particulièrement vulnérables en tant que travailleurs isolés », le développement de services (communication, emploi, formation...) mutualisés avec des structures partenaires ou l'anticipation des mutations liées aux aléas climatiques ou aux innovations techniques, par exemple.
Pour René Jacquin, le premier vice-président de la chambre d'agriculture, « la profession agricole doit faire bloc derrière un tel projet ». Et, de fait, aucun agriculteur n'a formulé de remarque suite à la présentation de Bruno Caraguel, le coordinateur général de la FAI.
Par contre, un élu de L'Alpe d'Huez trouvait important, à côté de l'accent mis sur l'économie, de rappeler le rôle des alpages dans la protection des paysages. Tandis que le maire des Adrets, Jean Picchioni, a demandé à ce que le nouveau projet associatif s'inscrive dans une défense globale de la montagne. Il faut dire que ce responsable politique du massif de Belledonne est également membre de l'association nationale des élus de montagne...
De nouvelles missions
Attendue à de multiples niveaux, la fédération des alpages de l'Isère devra donc se surpasser, dans la mesure où « un tiers de l'équipe a été licencié en deux ans », comme l'a rappelé Bruno Caraguel. Pour donner le meilleur, la structure envisage notamment « d'ouvrir ses différents espaces de travail à des personnes qualifiées, de développer des compétences pointues sur les techniques pastorales et les travaux en montagne et d'acquérir des compétences complémentaires en développant de nouveaux partenariats ». Enfin, en ce qui concerne les moyens, « les missions de type assistance à maîtrise d'ouvrage comme la mise en place de plans pastoraux territoriaux pour le compte de collectivités et la conduite de mesures agroenvironnementales pour le compte d'agriculteurs sont récentes pour la FAI », relève Bruno Caraguel. Elles devraient donc se multiplier aux côtés de l'accompagnement technique et administratif des projets d'amélioration pastorales, des conventions passées avec l'Etat, la Région et le Département, sans oublier les cotisations, qui ont été nettement relevées depuis deux ans. « C'est que pour toucher des subventions, nous devons justifier de 20 % d'autofinancement », rappelle Bruno Caraguel.
Cécile Fandos
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En chiffres
« Le résultat du dernier exercice est un excédent de plus de 114 000 euros », a pu se féliciter le trésorier de la FAI, Roger Giraud, au cours de l'assemblée générale du 12 avril à Allemont. Même s'il a aussi expliqué que ce montant correspond à « un résultat comptable, dont il faut exclure les produits et les charges exceptionnels relatifs aux activités de 2009 » et que « l'excédent de 58 000 euros ainsi obtenu exprime mieux le résultat de l'année écoulée ». Ce qui fait qu'au final, le bilan frôle encore les moins 127 000 euros, à peu près au niveau de 2009.
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Ils ont dit
Valérie Isabelle, chef du service agriculture de la direction départementale des territoires, au sujet de l'évolution des droits à paiement unique (DPU) pour prendre en compte les alpages, mais dont les alpagistes se méfient car, s'ils ne montent pas en alpage du fait d'un problème sanitaire, ils ne sont pas sûrs que leurs DPU historiques ne seront pas rognés : « Nous faisons remonter les problèmes au ministère et essayons de faire en sorte que les DPU puissent être gérés autrement en alpages, mais il faut que vous soyez forces de proposition, car les solutions doivent être trouvées rapidement ».
Un administrateur de la fédération des chasseurs de l'Isère, au sujet des importants dégâts de gibier constatés cette année en zone de montagne : « Cette situation ne nous convient ni moralement, ni financièrement, puisque 600 000 euros d'indemnisations doivent être payés cette année. Alors, il est vrai que certains chasseurs ont laissé trop de sangliers, mais plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Il faut aussi noter que nous n'avons pas eu d'hiver et que les zones refuges comme celles qui existent dans l'Oisans ou le Valbonnais constituent un problème encore irrésolu ».
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Trente ans, et après ?
Pour la fédération, le travail de redéfinition du projet associatif mené au cours de l'année écoulée, dans le cadre de la commission prospective de la FAI, doit donc permettre de conforter les acquis obtenus depuis trente ans, suite à la loi pastorale de 1972. « Les alpages ont retrouvé leurs équilibres et la confiance des éleveurs », affirme-t-elle en préambule de ce document intitulé « Horizon 2015 ». Ce qui n'empêche pas que « de nouveaux défis doivent être relevés », tels que « les incontournables progrès techniques, l'évolution significative des contextes d'intervention des actions de développement local ou de nouvelles attentes vis-à-vis des espaces pastoraux », notamment en matière de dynamisation des différentes activités économiques locales.
Ces constats faits, « il faut faire des valeurs des activités pastorales iséroises de solides atouts pour renforcer les économies pastorales », estime la FAI, qui propose une série de pistes d'actions comme la prévention des accidents des travailleurs pastoraux, « particulièrement vulnérables en tant que travailleurs isolés », le développement de services (communication, emploi, formation...) mutualisés avec des structures partenaires ou l'anticipation des mutations liées aux aléas climatiques ou aux innovations techniques, par exemple.
Pour René Jacquin, le premier vice-président de la chambre d'agriculture, « la profession agricole doit faire bloc derrière un tel projet ». Et, de fait, aucun agriculteur n'a formulé de remarque suite à la présentation de Bruno Caraguel, le coordinateur général de la FAI.
Par contre, un élu de L'Alpe d'Huez trouvait important, à côté de l'accent mis sur l'économie, de rappeler le rôle des alpages dans la protection des paysages. Tandis que le maire des Adrets, Jean Picchioni, a demandé à ce que le nouveau projet associatif s'inscrive dans une défense globale de la montagne. Il faut dire que ce responsable politique du massif de Belledonne est également membre de l'association nationale des élus de montagne...
De nouvelles missions
Attendue à de multiples niveaux, la fédération des alpages de l'Isère devra donc se surpasser, dans la mesure où « un tiers de l'équipe a été licencié en deux ans », comme l'a rappelé Bruno Caraguel. Pour donner le meilleur, la structure envisage notamment « d'ouvrir ses différents espaces de travail à des personnes qualifiées, de développer des compétences pointues sur les techniques pastorales et les travaux en montagne et d'acquérir des compétences complémentaires en développant de nouveaux partenariats ». Enfin, en ce qui concerne les moyens, « les missions de type assistance à maîtrise d'ouvrage comme la mise en place de plans pastoraux territoriaux pour le compte de collectivités et la conduite de mesures agroenvironnementales pour le compte d'agriculteurs sont récentes pour la FAI », relève Bruno Caraguel. Elles devraient donc se multiplier aux côtés de l'accompagnement technique et administratif des projets d'amélioration pastorales, des conventions passées avec l'Etat, la Région et le Département, sans oublier les cotisations, qui ont été nettement relevées depuis deux ans. « C'est que pour toucher des subventions, nous devons justifier de 20 % d'autofinancement », rappelle Bruno Caraguel.
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« Le résultat du dernier exercice est un excédent de plus de 114 000 euros », a pu se féliciter le trésorier de la FAI, Roger Giraud, au cours de l'assemblée générale du 12 avril à Allemont. Même s'il a aussi expliqué que ce montant correspond à « un résultat comptable, dont il faut exclure les produits et les charges exceptionnels relatifs aux activités de 2009 » et que « l'excédent de 58 000 euros ainsi obtenu exprime mieux le résultat de l'année écoulée ». Ce qui fait qu'au final, le bilan frôle encore les moins 127 000 euros, à peu près au niveau de 2009.
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Valérie Isabelle, chef du service agriculture de la direction départementale des territoires, au sujet de l'évolution des droits à paiement unique (DPU) pour prendre en compte les alpages, mais dont les alpagistes se méfient car, s'ils ne montent pas en alpage du fait d'un problème sanitaire, ils ne sont pas sûrs que leurs DPU historiques ne seront pas rognés : « Nous faisons remonter les problèmes au ministère et essayons de faire en sorte que les DPU puissent être gérés autrement en alpages, mais il faut que vous soyez forces de proposition, car les solutions doivent être trouvées rapidement ».Un administrateur de la fédération des chasseurs de l'Isère, au sujet des importants dégâts de gibier constatés cette année en zone de montagne : « Cette situation ne nous convient ni moralement, ni financièrement, puisque 600 000 euros d'indemnisations doivent être payés cette année. Alors, il est vrai que certains chasseurs ont laissé trop de sangliers, mais plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Il faut aussi noter que nous n'avons pas eu d'hiver et que les zones refuges comme celles qui existent dans l'Oisans ou le Valbonnais constituent un problème encore irrésolu ».
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