Quincieu balayé par une lame d'eau
Le ciel leur est tombé sur la tête. Et avec, des trombes d'eau. La partie ouest du département a connu de fortes précipitations mercredi 23 octobre, un de ces épisodes qui marque les esprits. A Quincieux, petit village lové dans un cirque de collines ouvert vers la vallée de l'Isère, on pouvait se croire à l'abri. Peine perdue. « Nous avons eu de la pluie toute la journée et surtout des coups de grêle à deux reprises, explique Gérard Dherbey, agriculteur dans la commune. Du coup, toutes nos noix sont tombées à terre. Ensuite sur les coups de huit heures du soir, un orage terrible est passé. Ca dégoulinait de partout. Les noyeraies du villages, toutes regroupées dans le même secteur, ont été submergées et comme ici, c'est en pente, toute la récolte est partie. » On pourrait croire l'homme originaire de Marseille, mais une visite sur place deux jours après, montrait encore les stigmates de cette journée. Certaines parcelles de noyers, détrempées, ne comportaient plus de noix. Dans d'autres, des hommes et des femmes s'évertuaient à ramasser à la main quelques noix épargnées par la furie des eaux. La trace du passage de l'eau à travers les parcelles était très net et les services de la voirie finissaient à peine de nettoyer la route qui avait été encombrée de terre, pierres et branchages. Devant le cimetière du village, la route a été soulevée par l'eau d'un fossé qui passe dessous. Juste au-dessus du village, un glissement de terrain balafre désormais la pente sur une centaine de mètres.
De l'autre côté de la montagne, à La Forteresse, les terres couvertes essentiellement de prairies ou de bois, ont moins souffert, mais là-aussi, on sent qu'il valait mieux ne pas mettre le nez dehors mercredi. Des tas de galets charriés de part et d'autre obstruaient encore en partie les chemins d'accès à la commune.
Jean-Marc Emprin