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Perspectives immobilières

Réajustements immobiliers

Les premiers chiffres livrés par la chambre des notaires de l'Isère donnent un retournement de tendances dans l'ensemble du marché. En bon ou en mauvais.

Réajustements immobiliers

Les prix médians ne veulent pas dire grand chose reconnaît la chambre des notaires de l'Isère, tant les écarts peuvent être grands selon les secteurs. Mais globalement le marché se porte bien, avec des indicateurs plutôt sains. « Le marché est coupé en deux en Isère, considère maître Gabriel Nallet : Grenoble et l'agglo et le Nord-Isère. Deux ventes sur trois sont des maisons, donc beaucoup dans le Nord Isère car les autres secteurs, agglo, Grésivaudan, montagne, concernent plutôt des ventes d'appartement. D'ailleurs, les parties nord servent de délestage au marché lyonnais ou à certaines agglomérations. Il en est de même pour les terrains, que le rêve de la maison individuelle pour les familles pousse à aller chercher dans ces zones moins chères. Des communes comme Heyrieux ou Chavanoz voient des augmentations de prix dans les maisons anciennes à deux chiffres. En revanche, La Tour-du-Pin, plus éloignée de l'attraction lyonnaise ou grenobloise vit un recul des prix de près de 10% en 2017. »
Le délestage de l'agglo grenobloise se fait dans le Voironnais. Rives et Moirans voient un boum des prix. Mais le représentant des notaires prévient : Saint-Marcelin souffre et Voiron a connu une correction (-7%) les prix s'étant un peu emballés auparavant.
Le marché est plutôt sélectif selon Gabriel Nallet. « Les acquéreurs ont le temps de trouver le produit qui leur convient, le marché est fluide et en bonne santé. »

Cycle de vie dans le Grésivaudan

Un secteur qui reste élevé est celui du Grésivaudan. « Avec une augmentation moyenne de 2,6%, le marché est dans la stabilité, mais en cinq ans, les prix des appartements ont reculé de 5%, tandis que les maisons ont augmenté de 6%. » Ce secteur est caractérisé par des cycles de vie chez les acheteurs. Au début de la vie professionnelle, un appartement plutôt petit et ancien (plus de 5 ans), puis une maison, suivie de sa vente pour acheter en fin de vie un appartement neuf, plus proche des commodités.
Du côté des terrains, les prix augmentent mais leur taille moyenne diminue, ce qui ramène l'investissement à peu près au même niveau. Cela correspond à la politique de densification nationale.
Dans les appartements neufs, les prix ont un peu baissé dans la mesure où de nombreuses communes ont débloqué des PLU. Mécaniquement cela joue à la baisse, mais certaines communes restent à de très hauts niveaux.
« Cette politique de la construction (programme neuf) et non pas du logement (qui concernerait aussi l'ancien) est injuste, considère Gabriel Nallet, car le neuf ne concerne que 5% du parc. Cette politique ne touche donc qu'un petit nombre de personnes, alors qu'elle pourrait être plus étendue. Mais elle est guidée par le sentiment d'agir vite. »

 

2017, année record

 

Au niveau national, le marché a battu des records de volumes (921 000 transactions contre 819 000 en 2016) qui a succédé à un certain attentisme, d'après Aurélie Bouvier, notaire. Il faut dire que le nombre de constructions a augmenté, dans un contexte de prix modéré, de baisse des taux de crédit et d'une politique de prêt à taux zéro. Les trois notaires sont cependant inquiets sur la « stigmatisation » récente de la propriété immobilière via la hausse de la CSG, l'imposition des plus-values et la mise en place de l'IFI (impôt sur la fortune immobilière) en remplacement de l'ISF.

 

Jean-Marc Emprin