Reboiser le Trièves
Reboiser le Trièves et préserver la filière bois, l'enjeu est de taille. Un an après la validation d'un fonds de reboisement pour ce territoire, Marie Chenevier, de la communauté de communes, est venue présenter les premiers résultats à l'occasion de l'assemblée générale de l'association forêts Trièves-Beaumont Matheysine (AFTBM) à Saint Martin de Celles. En partenariat avec l'AFTBM, la communauté de communes du Trièves est chargée de mettre en place ce fonds issu d'une enveloppe attribuée par le ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. 14 projets ont été déposés en 2017. Deux types de projets sont les plus financés : la plantation sur terrain nu suite à la coupe d'un peuplement vieillissant et l'enrichissement d'un peuplement existant ou d'une ancienne friche. Les dépenses des projets sont financées à hauteur de 70%. Les propriétaires locaux ont perçu 80 000 euros de subvention au reboisement dans ce cadre national (voir le détail en encadré)
Massifier et mieux desservir
Au niveau régional, le plan pluriannuel de développement forestier (PPRDF) s'est terminé en 2017. Dans le cadre de ce dispositif, le service Forêt de la chambre d'agriculture de l'Isère a mené des actions de massification en 2017 qui ont mobilisé 5 400m3 de bois sur le territoire. « On a cherché à regrouper de petites parcelles appartenant à plusieurs propriétaires privés afin d'en faciliter l'exploitation », explique Rémy Mallein, conseiller forestier de la chambre d'agriculture. Quelque 5 000 m3 sont attendus pour 2018. Outre le travail sur les parcelles, les abords étaient aussi débattus. Six projets de dessertes sont en cours afin d'exploiter 220 hectares de forêt : à Château-Bernard, Saint-Guillaume, Gresse-en-Vercors, Allemont, Monestier-de-Clermont et Clelles. Elles font une longueur totale de dix kilomètres, piste ou route forestière, et incluant des aires de retournement et places de dépôt. « Le prix du bois a fortement chuté. On doit limiter les coûts d'exploitation du bois en amenant les camions au plus près de la forêt » détaille Patrick Chion.
Gérer la forêt sur le long terme
Au niveau local, l'association syndicale libre de gestionnaires forestiers (ASLGF) Alpes Sud Isère a soumis un plan simple de gestion (PSG) au centre national de la propriété forestière (CNPF) qui en a approuvé la première tranche. Le PSG prévoit un programme précis de coupes et travaux et inclue des objectifs de gestion de sa forêt. « Ce plan permet à chaque propriétaire de savoir pour les 10 à 20 ans à venir toutes les actions à mener sur sa parcelle », confirme Patrick Chion. 47 propriétaires en font partie et 280 hectares sont concernés.
Enfin, dernier point débattu, le passage des lignes EDF, réseaux d'eau et de gaz qui traversent certaines parcelles... « Malheureusement, les contrats ont été signés il y a longtemps et il est difficile de revenir sur ces accord avec EDF », déplore le président de l'AFTBM.