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Manifestation

Redécouvrir des saveurs oubliées

La 24ème édition de " La fête de la pomme de pain " se tiendra le 1er octobre à Estrablin. L'occasion de découvrir des variétés de pommes oubliées, mais aussi d'en apprendre plus sur l'écosystème verger.
Redécouvrir des saveurs oubliées

Les week-ends se suivent et avec, de nombreuses fêtes dédiées aux produits du terroir. Le 1er octobre, à Estrablin, sera d'ailleurs organisée « La fête de la pomme de pain », qui met en avant le pain traditionnel au levain et les pommes anciennes. Si ces manifestations sont aujourd'hui devenues courantes, ce n'était pas le cas lors de la 1ère édition de cette fête, il y a 24 ans.

Christophe Delay, président des Croqueurs de pommes, en charge de l'organisation de la manifestation, l'explique : « Nous avons la chance d'avoir, à Estrablin, un lieu magnifique qui se prête tout à fait à l'organisation d'une telle fête : le parc paysagé à l'anglaise de Gémens, qui, au sein de ses trois hectares, dispose d'un verger conservatoire de 3 500 mètres carrés, qui nous a permis de mettre en avant des arbres fruitiers oubliés. Nous en avons profité ». Selon le président de l'association, le parc compte pour beaucoup dans le succès de cette fête, car il permet d'attirer un large public familial, qui peut s'y promener, découvrir les fours alsaciens qui permettent la cuisson du pain, et « profiter de cette ambiance particulière ».

Un milieu défavorable aux bioagresseurs

Et pour allécher des visiteurs plus éclairés, le pépiniériste professionnel, lui-même passionné par ces variétés oubliées, propose la tenue de différentes conférences autour des écosystèmes dans le verger, de la valorisation de la biodiversité domestique et des propriétés du cidre. Sylvaine Simon, ingénieure agronome à l'Inra (l'Institut national de la recherche agronomique) de Gotheron, dans la Drôme, participe régulièrement à l'animation des conférences de « La fête de la pomme de pain ». Son propos, cette année, concernera le milieu du verger et la façon dont il crée de la biodiversité pour aider à la production de fruits. Elle présentera aussi différents moyens pour créer un milieu qui soit défavorable aux bioagresseurs, de façon à ce qu'ils ne puissent s'y installer ou s'y développer. « L'idée est de repenser l'espace de production de fruits de manière à ce qu'un ravageur ait du mal à atteindre le pommier, en implantant, par exemple, à ses côtés des plantes répulsives pour lui, comme certaines plantes aromatiques. S'il y arrive, pour éviter qu'il ne se développe, il est possible de placer certaines variétés peu sensibles ou de tailler les arbres d'une certaine manière pour faire en sorte que la progression dans l'arbre soit compliquée pour lui. En fait, on combine différentes approches en organisant l'espace de production pour que ce soit difficile à investir », explique la spécialiste. Mais d'expérience, elle promet que son intervention ne sera pas un exposé formel, elle tient trop aux échanges avec les participants et s'appuiera sur leurs questions pour développer son propos.

Isabelle Brenguier