" Reprendre contact avec les jeunes "
La chambre d'agriculture initie les Gaïa de la création. Pourquoi un tel événement ?
Nous allons accueillir, jeudi prochain 11 septembre, tous les installés depuis un an et demi et nous avons pour ambition de renouveler cette invitation tous les ans, au mois de septembre. Nous désirons leur dire que la chambre d'agriculture, c'est aussi chez eux, un endroit où l'on peut trouver conseil, accompagnement et aide. Surtout, ce n'est pas parce qu'on a eu un parcours aidé que l'on n'a plus besoin de rien. Il y a toujours des questions à se poser comme celles de la formation, de l'adaptation au marché ou de l'orientation de l'exploitation.
Quel est le principe de cette manifestation ?
Rappelons que la déesse Gaïa représente la Terre-mère. Il ne s'agit pas d'une remise de trophées avec des candidats distingués par un jury, mais d'un classement par catégorie. Nous attendons une quarantaine de jeunes installés. Ce n'est pas un concours, mais la mise en avant de la diversité de la création d'entreprise et de l'installation à travers quatre thèmes : l'innovation, l'agroécologie, la performance économique et le territoire. C'est la complémentarité de tous qui fait la réussite de l'agriculture.
Comment la chambre d'agriculture identifie-t-elle les attentes des jeunes installés ?
Nous avons constitué un groupe de travail avec des personnes installées depuis 5 à 10 ans, de façon à ce qu'elles nous fassent remonter leurs attentes vis-à-vis de la chambre d'agriculture. Il en ressort que les exploitants qui sont passés par un parcours d'aide classique témoignent tous de la complexité du dispositif et des difficultés liées au parcours. Il y a aussi une très forte demande sur des thèmes techniques, quel que soit le type d'exploitation : animal, végétal ou transformation. C'est la B-A BA de l'agriculture. C'est la raison pour laquelle les journées Terre d'innovation rencontrent de plus en plus de succès. Enfin, il apparaît que les jeunes installés voient beaucoup de monde pendant les cinq premières années de leur installation, puis, plus personne. Or, ils se sentent abandonnés et se posent des questions. Il faudrait donc reprendre contact avec eux.
Donc vous vous avez décidé d'ouvrir vos portes ?
Oui, jeudi après-midi, des binômes de professionnels et d'administratifs ou de techniciens seront à la disposition des jeunes. Ils pourront découvrir toutes les activités et les services de la chambre d'agriculture et faire remonter leurs questions. Cela recouvre le conseil en création d'entreprise, en bâtiment, en élevage, en grandes cultures, en diversification, juridique, en création d'emploi, en environnement, les Cuma ou encore les problématiques syndicales... Nous souhaitons montrer la capacité d'action de la chambre d'agriculture et de ses partenaires pour accompagner tout type d'installation. En Isère, au premier accueil, nous n'excluons personne.
Qui sont les créateurs d'aujourd'hui ?
Il y a de grandes hétérogénéités entre ceux qui rejoigent des grandes entreprises, des groupements qui dépassent le million de litre de lait annuel et les petites installations, qui partent de peu, d'un petit bout de terrain, mais qui représentent tout de même un tiers de la création d'entreprises. Nous nous soucions autant d'accompagner les parcours classiques aidés que ceux qui ne demandent rien. Comment leur apporter le minimum de conseil pour permettre, le cas échéant que cette personne se rendre compte qu'elle se trompe ?
En 2012, sur 170 installés, soixante étaient aidés et environ 80 ne l'étaient pas, le reste étant du transfert d'activité. Le public non aidé est très hétérogène. Ce sont souvent des gens de plus de 40 ans, car environ 50% des installations sont des réorientations professionnelles. L'installation en agriculture est de plus en plus un choix, mais il faut trouver le bon équilibre entre le projet de vie et le projet économique. Rappelons que plus de 80% des installés, aidés ou pas, sont toujours présents 5 ans après et que ce taux passe à 95% lorsque les jeunes agriculteurs ont été aidés.
Propos recueillis pas Isabelle Doucet
L'installation en chiffres
Le point accueil installation (PAI) de la chambre d'agriculture a accueilli 451 porteurs de projets en 2013 dont 73% hors cadre familial.Le répertoire départ installation (RDI) proposait 38 offres de reprise (50% en individuel, 50% en société) en Isère en 2013, dont 21 ont abouti.102 candidats ont été reçus en 2013 à l'espace créateurs pour un entretien d'évaluation de compétences, dont 69 désireux de s'installer avec les aides de l'Etat.En 2012, il y a eu 170 installations en Isère, une sur cinq étant portée par une femme.106 projets ont été accompagnés par la chambre d'agriculture et 51 ont bénéficié d'une Dotation jeune agriculteurs (DJA) dont 49% de créateurs hors cadre familial.