Accès au contenu
Vins de Seyssuel

Retour aux origines

Passionnés par le vin et la gastronomie, Sophie Eymin et Kevin Tichoux ont créé un domaine de quatre hectares au sein du vignoble de Seyssuel. Pour continuer d'écrire une page de l'histoire viticole locale.
Retour aux origines

C'est une histoire d'appartenance territoriale. C'est une histoire de patrimoine.
Quand elle a choisi son orientation professionnelle, Sophie Eymin s'est dirigée vers la physique mécanique. Mais elle a été rattrapée par ses origines. Née à Seyssuel, elle travaillait chaque année dans les vignes, et chaque année, elle rallongeait sa saison. Jusqu'à renoncer à la carrière imaginée initialement pour devenir vigneronne.
N'étant pas du milieu viticole, elle part en 2010, suivre le BTS « Viticulture et œnologie » à Montpellier. Elle y rencontre son compagnon, Kevin Tichoux, avec qui elle partage la passion du vin et de la gastronomie. Décidés à faire grandir leur expérience, ils travaillent pendant plusieurs années auprès de viticulteurs installés au Chili, en Afrique-du-Sud, en Bourgogne. Puis ils reviennent dans les terres natales de la jeune femme.

A l'ancienne

En septembre 2020, Sophie Eymin et Kevin Tichoux, les deux associés du domaine Eymin-Tichoux, vendangent leur troisième récolte. Surplombant le Rhône, la parcelle est pentue. Tellement pentue qu'elle est difficilement mécanisable. Cela n'a pourtant pas freiné les deux jeunes viticulteurs quand ils ont commencé à créer leur domaine grâce aux terres familiales. « Nous sommes partis de rien. En 2015, nous avons tout défriché, enlevé les ronces, reconstruit les terrasses en pierre qui faisaient partie du vignoble de Vienne sous l'Empire romain et au Moyen-Age », se souvient Sophie Eymin.
La première année, ils ont planté un hectare à Seyssuel. Puis, grâce à différentes opportunités de reprise, ils ont progressivement agrandi leur domaine. Aujourd'hui, ils exploitent quatre hectares, composés de parcelles aux différentes configurations pentes et expositions. « Des unes aux autres, les terroirs changent. Pour les cultiver, nous devons y passer plus de temps, avoir plus de matériels et consentir plus d'investissements (que si elles étaient plus homogènes, ndlr), mais c'est très sympa. On ne s'ennuie pas et on n'est pas gagné par la monotonie. Il y a certaines parcelles que nous travaillons au treuil, d'autres avec un chenillard et une charrue, d'autres avec un cheval et d'autres encore à la main », explique la viticultrice, qui précise avoir fait le choix de travailler « à l'ancienne, avec les mêmes méthodes qu'il y a 100 ans ».

10 000 bouteilles

Ces quatre hectares leur permettent d'obtenir huit cuvées de Syrah et de Viognier (dont une de Saint-Joseph blanc, 100 % Roussane) produites en agriculture biologique. « Comme notre installation, le bio était aussi une évidence. Dans notre vie de tous les jours, nous essayons de consommer bio et local. C'est notre philosophie. Nous estimons que c'est important pour notre santé et pour l'environnement et que c'est intéressant sur le plan qualitatif. Le terroir ressort davantage dans le vin. Il est sans maquillage, sans artifice. Notre produit est naturel de A à Z. La principale contrainte concerne la gestion de l'herbe. Avec la pente, ce n'est pas forcément évident, mais c'est un choix », précise la jeune femme. Et de détailler aussi l'ensemble de la démarche qu'ils ont adopté, concernant leurs emballages et autres bouchons 100% naturel... et concernant leur choix d'utiliser un matériel français.

La vinification des vins de Sophie Eymin et Kevin Tichoux dure une année. Elle est faite dans la cave du couple, à Seyssuel. Pour l'instant, la commercialisation de leur production se fait essentiellement grâce au bouche-à-oreille. « Nous ne sommes pas encore en pleine récolte. Aussi, nos volumes restent assez faibles. Ils se vendent bien auprès de cavistes, de restaurateurs locaux et de particuliers qui viennent à la cave. Pour notre premier millésime, en 2017, nous avions sorti 10 000 bouteilles. Depuis, nous avons quasiment doublé. L'augmentation des volumes est progressive », explique Sophie Eymin.

Isabelle Brenguier

Bientôt une AOC pour les vins de Seyssuel

Le vignoble de Seyssuel se situe à moins de 30 km au sud de Lyon, dans les communes de Vienne, Seyssuel et Chasse-sur-Rhône. Il est composé de Syrah pour les vins rouges et de Viognier pour les vins blancs, deux cépages originaires de cette région.
Aujourd'hui, ces vignes font partie de l'IGP « Collines rhodaniennes ». Depuis une dizaine d'année, les viticulteurs, qui ont participé à la renaissance du vignoble viennois à partir des années 1990 et sont regroupés au sein de l'association « Vitis Vienna », se sont engagés pour que les vins de Seyssuel rejoignent l'AOC (Appellation d'origine contrôlée) Côtes-du-Rhône. « Nous avons un très bon terroir. Nos vins sont à la hauteur des crus des Côtes-du-Rhône. Ils sont déjà bien valorisés, mais ce serait une belle reconnaissance », affirme, enthousiaste, Sophie Eymin, viticultrice au sein du domaine Eymin-Tichoux.
IB