Réunir les acteurs de l'emploi
« Trouver la bonne personne pour le bon poste » reste encore et toujours la principale préoccupation des employeurs martèle la députée Monique Limon, députée LREM de la septième circonscription de l'Isère. Elle organisait des rencontres sur le thême de l'emploi qui se sont déroulées, cet été, dans les communes du Mottier et de Salaise-sur-Sanne. L'occasion de passer en revue une actualité législative chargée en direction des entreprises, avec la réforme de l'apprentissage ou encore le projet de loi Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte). Le second moment des rencontres était consacré à « faire découvrir ou redécouvrir » les dispositifs d'accompagnement des employeurs mis en place par les agences de Pôle Emploi.
50 à 60 personnes se sont déplacées lors de ces rencontres, de la TPE familiale à l'entreprise de plus de 250 salariés de tous secteurs d'activité. Etaient aussi présents des responsables d'agence de Pôle Emploi du Roussillon et de la Côte-Saint-André ainsi que des élus locaux. Ces rencontres permettaient en premier lieu de répondre à un « souhait des entreprises d'un rapprochement entre l'offre et la demande », formulée lors de la campagne des législatives, déclare la députée de la majorité. Une initiative également saluée par les personnes présentes sur place. « C'est une démarche très intéressante de regrouper les différents acteurs économiques car cela peut être source d'échange et d'émulation » soutient Renaud Raffier, président de la Fédération des boulangers de l'Isère et participant à la rencontre au Mottier.
Recruter différemment
Le fil conducteur de ces deux rencontres était de présenter l'éventail de services proposés par Pôle Emploi pour accompagner les recruteurs. Un des premiers rouages est de proposer un système de recrutement, qui ne repose plus uniquement sur les diplômes et l'expérience, mais aussi sur les compétences et les capacités des personnes en recherche d'emploi. Un enjeu important pour deux agences qui affichent plus de 80% de demandeurs d'emploi ayant un niveau égal ou inférieur au bac. Renaud Raffier, qui s'intéresse de très près aux sciences cognitives, apprécie l'idée de valoriser d'autres formes d'intelligence que celle « logico-mathématique » mis en avant par l'Education Nationale. Néanmoins, il considère que la méthode de recrutement proposée par Pôle Emploi, et notamment les tests cognitifs ne sont pas encore assez spécialisés et ne permettent pas de détâcher les candidats qui ont les « qualités d'un bon boulanger ou un bon pâtissier ». Il n'a donc pour l'instant pas donné suite à ces rencontres et effectue son recrutement sans l'appui de l'agence. Il a d'ailleurs recruté un apprenti en juillet dernier. Ce n'est pas le cas de tout le monde. Monique Limon indique que d'autres employeurs ont pris des rendez-vous avec Pôle Emploi.
Les aides à la formation avant embauche ont été également évoquées lors de ces rencontres. Elles suivent le principe selon lequel on peut « apprendre en entreprise », défend Monique Limon. Pour présenter ces aides, l'agence pouvait compter sur le témoignage du Groupe Côte, concepteur et réalisateur d'installations électriques qui a bénéficié de cette formation des demandeurs d'emploi avant embauche en CDD. Pour rappel deux programmes existent, l'action de formation préalable au recrutement (AFPR) pour un CDD durée de six à douze mois. et la préparation opérationnelle à l'emploi individuel (POEI) pour une durée de plus de douze mois.
La dernière grosse interrogation qui aurait pu se poser quant à ces nouvelles prestations est la problématique de l'augmentation des démarches en ligne et une certaine désintermédiation des méthodes de recrutement. « Ceux qui s'y sont pas mis, ils sont morts », déclare Renaud Raffier. Si les démarches peuvent être complexes c'est aujourd'hui une nécéssite de s'adapter face à des jeunes, biberonnés aux nouvelles technologies qui ont « la puissance d'un supercalculateur dans leur poche », ajoute-t-il.
Jordan Dutrueux