Accès au contenu
Tourisme

« S'appuyer sur nos pépites »

Le train, les lacs et l'Alpe-du-Grand-Serre sont autant d'atouts touristiques auxquels la Matheysine, le Pays de Corps et le Valbonnais peuvent s'adosser pour voir plus grand.
« S'appuyer sur nos pépites »

« Il existe une grosse attente de la part des acteurs touristiques pour que quelque chose se passe dans le territoire », insiste Pierre-Jean Bethoux, le président du Pôle touristique Matheysine, Pays de Corps, Valbonnais. Mais la mise en valeur des atouts du secteur est encore à la peine, comme en témoigne la dernière assemblée générale du pôle, qui réunissait début mai élus, professionnels et opérateurs du tourisme. « Il y a eu une prise de conscience que l'on ne peut pas rester comme ça », poursuit le président qui est aussi directeur de la base nautique de Cholonge. Dans sa cinquième année d'exercice l'association souhaiterait pouvoir orienter ses actions dans un cadre défini par un schéma directeur. « Nous disposons d'un outil efficace. Il faut le mettre en musique », reprend le président. Les choses se mettent donc très doucement en place entre l'association et la commission tourisme de la Communauté de communes de la Matheysine, du pays de Corps et de la vallée du Valbonnais (CCMPCVV). « Il nous faut recréer du lien et nous avons besoin de fixer un cadre validé par le politique car nous avons une carte à jouer sur le tourisme ».

Le plateau respire

Si la culture touristique ne fait pas partie du bréviaire du Valmontheys, en revanche le territoire bénéficie de réels arguments touristiques. « Nous devons nous appuyer plus fort sur nos pépites. Ce sont d'abord les lacs, qu'il faudrait rendre plus attractifs en créant les bonnes conditions pour développer de l'activité de loisir et de l'emploi, en se rapprochant par exemple de partenaires privés », explique Pierre-Jean Bethoux. La deuxième priorité est la station de l'Alpe-du-Grand-Serre, qui mérite un plus fort rayonnement. Et puis, surtout, le train de La Mure. « Quatre ans après l'arrêt de la ligne, suite à l'éboulement de la Clapisse, des gens appellent encore à l'office de tourisme de La Mure pour connaître les horaires du train », rapporte le président du pôle touristique. C'est dire si le train rouge a marqué le paysage de son empreinte. Mais les nouvelles sont bonnes. Au mois de mars, un nouvel opérateur, Rail Atout Fer s'est positionné sur la reprise de l'exploitation en deux parties dès 2016. Train touristique sur la partie haute, vélo rail sur la partie basse, le tout assorti d'activités annexes : le plateau matheysin peut respirer. « En termes d'image, le train est un vecteur important », insiste le président du pôle.
Au-delà des pépites, les acteurs du développement touristique souhaitent également s'appuyer sur le milieu naturel et sur les hommes et les femmes du territoire pour « créer une économie touristique ». Mais il faudra sans doute attendre encore quelques réunions, et que passent les élections municipales à La Mure, le 30 mai prochain, pour que tous définissent ensemble quel type de tourisme ils veulent en Sud Isère. A l'occasion des fêtes du bicentenaire de la route Napoléon, la rénovation de la prairie de la Rencontre, à Laffrey, avec l'appui du conseil départemental, constitue une porte d'entrée, qu'il ne faut plus hésiter à pousser.

Isabelle Doucet

 

Le train repart

Le train de La Mure, avec 80 000 voyageurs par an entre 1997 et 2010, était l'une des principales destinations touristiques de l'Isère. L'effondrement d'un pan de montagne et de ses 3 000 tonnes de roches au lieu-dit La Clapisse le 26 octobre 2010 a marqué un coup d'arrêt brutal à l'exploitation de cette ligne de 30 km. Fini les deux Loulla et le Grand balcon, le train s'est endormi pour six ans. Le département, gestionnaire depuis 2006 a alors lancé des procédures de marché public pour trouver un nouvel opérateur en délégation de service public, mais en vain. Jusqu'à une nouvelle consultation simplifiée, en 2014, avec un montage donnant la possibilité d'une occupation temporaire du domaine public. Trois sociétés ont répondu présent. Le département, ainsi que le comité de soutien et la communauté de communes ont porté leur choix, en mars denrier, sur la société Rail Atout Fer, pilotée par Bertrand Lacarrière et Christrian Labetoulle, spécialistes de la remise sur rail des lignes anciennes, à l'image du Mastrou en Ardèche. « Ce projet mise sur la valorisation du patrimoine historique pour relancer le train électrique entre La Mure, la Mine image et le grand balcon (en amont de l'éboulement). (...) à Saint-Georges-de-Commiers, s'installerait une activité de réhabilitation de trains historiques, et un vélorail sur l'aval de la ligne. Des expositions sur le patrimoine minier et la traction électrique ainsi qu'un restaurant sont prévus », indique Isère tourisme dans un communiqué. Les travaux devraient débuter dès le mois de juin, par le défrichement de la ligne. Durant ses cinq années d'arrêt, la ligne de chemin de fer a connu de grandes dégradations, avec en particulier le pillage des cuivres. Les échanges entre l'opérateur et les collectivités portent aujourd'hui sur l'état de lieux et le montage financier. Rail Atout Fer compte sur une ouverture des activités amont et aval pour la saison 2016.
ID