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Environnement

Saint-Chef broie du vert

La commune de Saint-Chef et le Sictom de la région de Morestel ont présenté le 22 juin plusieurs façons de valoriser les déchets verts à partir du broyage. Une manière efficace de désengorger les déchetteries.
Saint-Chef broie du vert

Depuis quelques années, la collecte de végétaux explose. Est-ce un effet de l'interdiction de brûler les déchets verts mise en place en 2013 ? Difficile à dire. Ce qui est sûr, c'est que, dans la région de Morestel par exemple, le tonnage a augmenté de 20% depuis 2010 selon les données du Sictom. En 2017, les végétaux ont ainsi représenté un tiers du volume global apporté dans les huit déchetteries du secteur. Pour faire face à cet afflux de déchet verts, chacun a sa tactique. Dans le Nord-Isère, le Sictom de Morestel invite les habitants des 49 communes à composter leurs biodéchets (restes de cuisine, tonte de gazon en petite quantité, branchages et petites tailles de haies, feuilles mortes...), à broyer le reste (1) ou, à défaut, à l'apporter dans la « végèterie » installée à Passins il y a trois ans. Lorsque cette plateforme est remplie, le Sictom fait intervenir un broyeur qui réduit les végétaux en broyat. Celui-ci est ensuite livré à des agriculteurs locaux, qui le mélangent aux effluents d'élevage avant de l'épandre sur leurs cutlures.

Rustique mais économique

A Saint-Chef, les élus ont choisi une autre option. « Les plateformes de compostage, c'est très bien, mais ça oblige à faire transiter les déchets par la route, avec des camions. Notre idée, c'est que tout ça reste sur place », explique Henri-Denis Allagnat, maire-adjoint délégué à l'agriculture, à l'environnement et au développement durable. Pour ce faire, la commune a aménagé une plateforme fermée à clé, où les déchets générés par l'entretien des espaces verts (200 m3 par an environ) sont stockés en andain. Une fois par an, une entreprise vient les broyer (coût de l'opération : 600 euros). Le broyat est ensuite mis à composter avant d'être utilisé comme amendement sur les plantations de la commune. « C'est un peu rustique, économique : c'est parfait ! », juge Yvan Gautronneau, agronome et membre du conseil d’administration du comité de territoire de la Boucle du Rhône en Dauphiné, en voyant le résultat. « Ça n'a rien de révolutionnaire, reconnaît Henri-Denis Allagnat, mais ça a des avantages en termes de coût, de temps et d'environnement. Si chaque commune pouvait garder ses déchets pour les utiliser sur ses plantations ou en faire profiter les agriculteurs du coin, ce serait bien. »

Alentour, les initiatives fleurissent. Le Sictom s'étant équipé d'un broyeur professionnel et le mettant à disposition des communes, douze d'entre elles ont franchi le pas (1). C'est le cas notamment de Sermérieu, qui propose cinq séquences par an, plus une pour les sapins de Noël. « Les particuliers apportent leurs déchets verts, on les broie avec le matériel mis à disposition par le Sictom et ils récupèrent le broyat », explique Isabelle Martin, conseillère municipale.

Partenariats

Les élus de Saint-Chef préfèrent se tourner vers les professionnels. La commune se retrouvant avec des quantités de compost supérieures aux capacités d'absorption de ses plates-bandes, ils envisagent de rendre le dispositif accessible aux paysagistes, de façon à augmenter les volumes collectés et à pouvoir distribuer le compost aux maraîchers ou aux éleveurs du secteur. « Il y a sans doute des partenariats à trouver », lance Henri-Denis Allagnat. Une ouverture qui devrait d'autant plus séduire les professionnels qu'à partir de l'an prochain, le Sictom de Morestel va faire payer aux paysagistes chaque passage en déchetterie.

Marianne Boilève

(1) Le Sictom met gratuitement des broyeurs à la disposition des habitants.