Accès au contenu
Protection

Sauver le Grésivaudan et Grenoble

Sauver le Grésivaudan et Grenoble

Le projet est d'envergure. Mis en œuvre pour protéger des inondations le bassin de vie situé entre Pontcharra et Grenoble, « Isère amont » concerne quelques 29 communes et 300 000 habitants des territoires de la vallée du Grésivaudan et de Grenoble-Alpes Métropole. Son coût est de 135 millions d'euros de travaux dans sa globalité. 52 millions ont déjà été utilisés pour la réalisation de la première partie entre Grenoble et Saint-Ismier (tranche 1) depuis 2012. Les 83 millions d'euros restants sont prévus pour la réalisation de la seconde partie (les tranches 2 et 3) qui vient tout juste de démarrer et qui s'achèvera en 2021. « Le projet vise à éviter le milliard d'euros de dégâts matériels estimés si une crue majeure devait survenir », explique Fabien Mulyk, président du Symbhi (Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l'Isère), lors de l'inauguration de la première tranche d' « Isère amont » le 10 novembre à Pontcharra.

Développement économique du territoire

Portés par le Symbhi, les travaux ont pour objectif de curer le lit de l'Isère, renforcer les digues et mettre en place des champs d'inondation contrôlée capables de recevoir et stocker jusqu'à 35 millions de m3 d'eau en cas d'inondation. La démarche est innovante - unique en France par son ampleur - mais ces champs s'insèrent dans 3 400 hectares d'espaces agricoles. Des négociations ont donc eu lieu avec les agriculteurs locaux pour parvenir à un protocole d'indemnisation. Car l'enjeu pour eux est important. En cas de crue, toutes leurs cultures sont inondées, voir détruites selon l'ampleur de la crue. L'objectif de ces travaux est aussi de revaloriser la rivière par la réouverture d'anciens bras morts, de restaurer la continuité biologique entre la rivière et ses affluents et de développer la fréquentation des berges de l'Isère grâce à des aménagements de loisirs.

Mais, pour Jean-Pierre Barbier, président du conseil départemental de l'Isère, ces travaux doivent permettre d'aller au-delà. « Si leur but est d'augmenter la sécurité de la population, réduire le coût des dommages et faire en sorte que le retour à la normale soit le plus rapide possible, ils doivent aussi permettre le développement économique du territoire ».

Leur financement est assuré par l'Etat, le conseil départemental de l'Isère, la Métro, la communauté de communes du Grésivaudan et l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse. Ils s'inscrivent dans un programme d'actions de préventions des inondations (Papi), le deuxième plus ambitieux programme au niveau national derrière Paris.

Isabelle Brenguier