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SDAE

La prévention à tous les niveaux

Les anciens agriculteurs de l’Isère ont tenu leur assemblée générale à Flachères avec des intervenants de qualité sur la prévention au risque suicidaire et aux cyber attaques.

Par Isabelle Doucet
tribune
Crédit 1: ©ID TD
es membres du bureau et les intervenants lors de l'assemblée générale de la SDAE à Flachères.Crédit 1: ©ID TD

Salle combe, comme d’habitude, lors de l’assemblée générale des anciens exploitants agricoles de l’Isère (SDAE), ce vendredi 17 avril à Flachères.

Ils ont été accueillis par le maire, Cyrille Madinier, vice-président du Département en charge de l’agriculture, de la forêt et de la ruralité. C’est une habitude prise désormais, d’alterner les assemblées générales entre Bizonnes et Flachères.

L’ordre du jour était fourni avec des interventions de la MSA sur la prévention du mal-être agricole, de la gendarmerie et de la police sur la prévention des cyber attaques et en guest-star, de Catherine Faivre-Pieret, qui fut pendant longtemps la seule femme à siéger au bureau de la FNSEA.

Des mots pour le dire

« Le risque de suicide dans la population agricole est plus important qu’ailleurs dans la société. Et il n’est pas plus faible pour les plus de 65 ans », assure Maud Jerber, responsable à la MSA Alpes du Nord du programme Prévention du mal-être et de la crise suicidaire dans le monde agricole. Le sujet est sensible.

La dégradation de l’état physique ou mental vient de raisons multifactorielles et « d’une accumulation de difficultés », qu’elles soient d’ordre personnel, professionnel, économique ou sociétal.

La spécialiste distingue une « détresse psychologique réactionnelle », suite à un deuil ou un échec, provoquant une réaction d’anxiété normale. « Mais si le trouble perdure, la personne peut avoir besoin d’aide. »

Maud Jerber insiste : « la première chose pour s’en sortir est d’en parler, de demander conseil, de ne pas rester seul ». Pas facile pour une population agricole qui a plutôt tendance au déni, à refuser de l’aide, ou éprouve un sentiment de honte et de culpabilité. Pourtant, il existe des ressources pour parvenir « à apaiser cette souffrance ».

Maud Jeber, de la MSA Alpes du Nord

À commencer par l’écoute et l’entraide. La responsable du programme prévention, dit qu’il y a des mots, des attitudes à adopter « face à quelqu’un qui ne va pas bien ». La meilleure posture est bienveillante et attentive. La simple phrase « je me fais du souci pour toi » peut commencer à désamorcer certaines choses.

Des numéros`

Ne pas non plus hésiter à avoir recours à Agriécoute au 09 69 39 29 19 24h/24 ou encore au numéro national 3114. « Mieux vaut trop appeler que pas assez », glisse-t-elle.

Maud Jerber rappelle aussi que le dispositif sentinelle de la MSA propose des formations gratuites. « On nous donne les clés, les comportements, les paroles » à adopter, témoigne une sentinelle dans un film. « Être sentinelle, c’est veiller à ce que les gens aillent bien. Une vie, c’est tellement important », déclare une autre.


René Féchoz, le président de la MSA Alpes du Nord, était présent à l’assemblée générale. « On a vu l’importance de l’accompagnement cet été avec la DNC où nous étions présents dans les exploitations dès l’annonce de la maladie. C’était essentiel d’apporter un soutien à l’agriculteur, à sa famille, à ses salariés et d’amener notre savoir-faire et la présence d’une psychologue. Ils ont aussi apprécié l’aide au répit et l’aide administrative qui leur a été apportée. »

Sauvegarder sur un disque dur

Gendarmes et policiers, spécialistes des services informatiques dans leurs corps réciproques ont ensuite présenté le programme Cyber de prévention des cyber attaques dans le milieu professionnel comme personnel.

« Ces attaques touchent tout le monde et le milieu agricole est de plus en plus concerné, assurent les représentants des forces de l’ordre. Ce qui nécessite de se protéger. »

La priorité pour éviter de se faire attaquer est la vigilance : quand on ne connaît pas, on ne répond pas, on ne clique pas. D’autant que les outils personnels et professionnels sont souvent les mêmes. « Ils sont liés entre eux. S’il y a une attaque, elle se répand dans tous les outils numériques. »

Policiers et gendarmes délivrent plusieurs conseils : avoir un matériel récent et faire des mises à jour. « Sans mise à jour, on laisse une porte ouverte ».

Ils expliquent que toute personne est une victime potentielle de hackeurs qui attaquent un maximum de monde et attendent que quelqu’un réponde.

Leur objectif : récupérer toutes sortes de données pour des utilisations malveillantes. Attention donc aux similitudes dans les adresses mail, aux messages qui disent qu’un colis est arrivé alors qu’on n’en attend pas. « Et quel que soit le message, ne jamais donner d’information bancaire », préviennent-ils.

Cela concerne aussi les attaques téléphoniques. Certains escrocs vont jusqu’à se présenter comme un conseiller bancaire, qui remplace un collègue et demandent au client d’agir dans l’urgence. « Il faut raccrocher et rappeler la banque et les personnes qu’on connaît », insistent les policiers.

Ils mettent en garde : « Lorsqu’on a une décision à prendre, ne pas le faire dans l’urgence. »

Gare aux mots de passe

Leurs conseils concernent aussi les fameux mots de passe. « On protège son ordinateur, mais rarement son smartphone avec lequel on fait tout ». Et de recommander d’opter pour une reconnaissance plutôt par empreinte que par mot de passe sur son téléphone.

Les mots de passe sont fragiles face à l’IA. Mieux vaut les protéger dans un coffre-fort gratuit proposé par l’Anssi, l’Agence nationale de la sécurité et des systèmes d’information (https ://cyber.gouv.fr/). Bien entendu, il n’y a qu’un mot de passe par application et il se compose de 15 caractères.

De plus, disposer d’un disque dur externe permet de sauvegarder toutes ses données sensibles et de redémarrer en cas d’attaque. « C’est primordial », assurent les experts.

Enfin, en cas de problème, il faut : débrancher son ordinateur du réseau, mais ne pas l’éteindre pour conserver les preuves et les indices, et prévoir une solution de secours. La CNIL (https ://cnil.fr/fr) est l’instance à qui s’adresser en cas de problème touchant un particulier.

Cheffes d'exploitaiton

La rencontre s’est achevée par l’intervention de Catherine Faivre-Pieret, agricultrice dans le Doubs, qui a siégé durant deux mandatures au bureau de la FNSEA et a été présidente de la section des agricultrices. Elle est revenue sur la fin du statut du conjoint collaborateur. « Vous avez mis cela en place, c’était super, a-t-elle déclaré aux anciennes agricultrices. Mais aujourd’hui, on ne peut plus dire qu’on ne cotise plus pour nos retraites. C’était bien à un moment donné, mais il faut passer chef d’exploitation et cotiser. »

Elle s’est réjoui qu’il y ait désormais quatre agricultrices au conseil d’administration de la FNSEA dont trois au bureau.

Enfin, Martial Durand, le nouveau président de la FDSEA de l’Isère, a salué le souci partagé par tous « de perpétuer le lien entre générations ».

Isabelle Doucet

Rendez-vous a été donné du 12 au 14 octobre à Vaujany pour l’assemblée générale de la section nationale des anciens exploitants agricoles (SNAE)

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