Maraîchage
Semences d'oignons jaunes : une production technique
MARCILLOLES/ Suite à la perte du soutien communautaire à la culture du tabac, Christophe Bollongeat, producteur de céréales, a voulu se diversifier. Et s'est lancé cette année, dans la production de semences d'oignons jaunes.
« C'est la première année que je cultive des oignons jaunes. Avant, je produisais du tabac, mais nous avons perdu le soutien communautaire et cela devenait difficile. J'ai donc réfléchi et cherché quelle culture me permettrait de me diversifier et de continuer à dégager un revenu ».
Agriculteur à Marcilloles depuis 1990, Christophe Bollongeat est principalement producteur de céréales (lire par ailleurs). Et travaille notamment avec la coopérative agricole drômoise Val soleil. « Quand je me suis installé, j'ai commencé à produire des asperges avec eux. Cela faisait partie de mon projet d'installation DJA*. Chaque hiver, un technicien vient donc me voir et c'est comme ça qu'ils m'ont parlé de produire des semences d'oignons jaunes », explique le professionnel.
Une production sensible au mildiou
La coopérative agricole le met donc en relation avec une entreprise spécialisée dans la production de semences. Et le 20 septembre dernier, il peut enfin planter les bulbes. « Ils ont été mis en production en pépinière avant que je ne puisse les avoir. Au total, cela représente quinze tonnes sur un hectare et demi », précise Christophe Bollongeat. Une entreprise de Crest (Drôme) est donc venue les planter, « car il faut une machine spéciale, que je n'ai pas. Elle permet de faire quatre rangs à la fois. Il suffit que quatre personnes passent derrière pour mettre les bulbes dans le bon sens », ajoute-t-il.
Une fois cette étape passée, il faut surveiller de près l'évolution de la fleur, et surtout des maladies. « C'est une production qui craint énormément le mildiou. La coopérative est équipée d'un système permettant de surveiller son évolution, et en fonction de cela, nous appliquons des traitements », note le professionnel.
Ainsi, entre le mois de décembre et avril, huit traitements ont été réalisés. Autre étape nécessaire à la bonne floraison des plantes : la pollinisation. En juin, le producteur prévoit d'ailleurs de mettre une dizaine de ruches sur sa parcelle, prêtées par un apiculteur drômois.
Un prix fixé à 9 € le kilo
Ensuite ? « Il faut attendre le 15 août pour la récolte de la fleur. Elle ressemble à une sorte de pompon que l'on coupe et fait sécher, pendant trois ou quatre jours à trente degrés. Pour cela, je me sers d'un des bâtiments de la Cuma Bièvre Virginie, utilisé pour sécher le tabac, raconte-t-il. Après, nous les passons à la moissonneuse-batteuse pour faire sortir les graines ».
Ces dernières sont ensuite achetées par la coopérative drômoise qui les revend à l'entreprise spécialisée dans la production de semences pour être revendues. Christophe Bollongeat saura alors combien il aura gagné : « J'ai signé un contrat sur la base du tarif 2010. L'année dernière, le prix moyen fixé par la coopérative était de neuf euros le kilo. Et, en moyenne toujours, la récolte était de 1 200 kilos par hectare. Il faudra voir si je fais mieux ou moins bien, pour savoir combien je vais gagner ».
Du matériel spécial
Pour l'instant, il ne regrette absolument pas son choix. Et espère même augmenter la surface de production en 2012 si la récolte de cette année est satisfaisante. Mais, il n'envisage pas encore d'investir. « Il faut des machines spéciales. Je fais donc appel à un entrepreneur que je paye 500 euros par hectare pour la plantation et 800 euros par hectare pour la récolte. Tant que personne d'autre ne se lance dans la production, je n'investirai pas dans du matériel », confie Christophe Bollongeat. Un espoir qui pourrait se concrétiser : « Je suis surveillé par mes confrères car si je réussis, certains m'ont dit qu'ils se lanceraient aussi ».
Lucile Ageron
*DJA : Dotation jeunes agriculteurs.
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
EARL de Croza-Moulin
Surface : une centaine d'hectares
Productions : 57 hectares de maïs, 7 hectares de colza, 13 hectares de blé, 13,50 hectares de tabac, 1 hectare de pommes de terre, 1 hectare d'asperges vertes, 2,5 hectares de tournesols, 1,5 hectares d'oignons jaunes. Les quatre hectares restants sont des prairies.
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Agriculteur à Marcilloles depuis 1990, Christophe Bollongeat est principalement producteur de céréales (lire par ailleurs). Et travaille notamment avec la coopérative agricole drômoise Val soleil. « Quand je me suis installé, j'ai commencé à produire des asperges avec eux. Cela faisait partie de mon projet d'installation DJA*. Chaque hiver, un technicien vient donc me voir et c'est comme ça qu'ils m'ont parlé de produire des semences d'oignons jaunes », explique le professionnel.
Une production sensible au mildiou
La coopérative agricole le met donc en relation avec une entreprise spécialisée dans la production de semences. Et le 20 septembre dernier, il peut enfin planter les bulbes. « Ils ont été mis en production en pépinière avant que je ne puisse les avoir. Au total, cela représente quinze tonnes sur un hectare et demi », précise Christophe Bollongeat. Une entreprise de Crest (Drôme) est donc venue les planter, « car il faut une machine spéciale, que je n'ai pas. Elle permet de faire quatre rangs à la fois. Il suffit que quatre personnes passent derrière pour mettre les bulbes dans le bon sens », ajoute-t-il.
Une fois cette étape passée, il faut surveiller de près l'évolution de la fleur, et surtout des maladies. « C'est une production qui craint énormément le mildiou. La coopérative est équipée d'un système permettant de surveiller son évolution, et en fonction de cela, nous appliquons des traitements », note le professionnel.
Ainsi, entre le mois de décembre et avril, huit traitements ont été réalisés. Autre étape nécessaire à la bonne floraison des plantes : la pollinisation. En juin, le producteur prévoit d'ailleurs de mettre une dizaine de ruches sur sa parcelle, prêtées par un apiculteur drômois.
Un prix fixé à 9 € le kilo
Ensuite ? « Il faut attendre le 15 août pour la récolte de la fleur. Elle ressemble à une sorte de pompon que l'on coupe et fait sécher, pendant trois ou quatre jours à trente degrés. Pour cela, je me sers d'un des bâtiments de la Cuma Bièvre Virginie, utilisé pour sécher le tabac, raconte-t-il. Après, nous les passons à la moissonneuse-batteuse pour faire sortir les graines ».
Ces dernières sont ensuite achetées par la coopérative drômoise qui les revend à l'entreprise spécialisée dans la production de semences pour être revendues. Christophe Bollongeat saura alors combien il aura gagné : « J'ai signé un contrat sur la base du tarif 2010. L'année dernière, le prix moyen fixé par la coopérative était de neuf euros le kilo. Et, en moyenne toujours, la récolte était de 1 200 kilos par hectare. Il faudra voir si je fais mieux ou moins bien, pour savoir combien je vais gagner ».
Du matériel spécial
Pour l'instant, il ne regrette absolument pas son choix. Et espère même augmenter la surface de production en 2012 si la récolte de cette année est satisfaisante. Mais, il n'envisage pas encore d'investir. « Il faut des machines spéciales. Je fais donc appel à un entrepreneur que je paye 500 euros par hectare pour la plantation et 800 euros par hectare pour la récolte. Tant que personne d'autre ne se lance dans la production, je n'investirai pas dans du matériel », confie Christophe Bollongeat. Un espoir qui pourrait se concrétiser : « Je suis surveillé par mes confrères car si je réussis, certains m'ont dit qu'ils se lanceraient aussi ».
*DJA : Dotation jeunes agriculteurs.
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Surface : une centaine d'hectares
Productions : 57 hectares de maïs, 7 hectares de colza, 13 hectares de blé, 13,50 hectares de tabac, 1 hectare de pommes de terre, 1 hectare d'asperges vertes, 2,5 hectares de tournesols, 1,5 hectares d'oignons jaunes. Les quatre hectares restants sont des prairies.
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