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Alimentation

Sitadel lance un marché virtuel bien réel

Pour approvisionner les habitants du Sud-Isère en produits frais et locaux, la chambre d'agriculture et les acteurs locaux ont mis sur pied une plateforme pour faire son marché en toute sécurité.
Sitadel lance un marché virtuel bien réel

En ces temps confinés, les habitants du Sud-Isère ont presque retrouvé leur marché. Début avril, pour faire face à leur fermeture, les producteurs locaux et la chambre d'agriculture, via le comité de territoire Sitadel, ont en effet développé mangerlocal-sudisere.fr, une plateforme permettant d'acheter des produits locaux tout en respectant les consignes de sécurité imposées par la crise sanitaire liée au coronavirus.

Plan B

Tout est parti de Mens. Au début du confinement, la commune ne tenant plus à ce que le marché hebdomadaire se tienne sous sa forme habituelle, les acteurs locaux ont monté un plan B. « En temps normal, le marché de Mens, c'est entre quinze et vingt producteurs, précise Marie-Dominique Montixi, conseillère territoriale à la chambre d'agriculture et animatrice Sitadel. Il était important de continuer à faire vivre cette activité locale, d'un point de vue économique comme humain et social. »

Par chance, le territoire est rôdé depuis plusieurs années au fonctionnement de plateformes de type Biaupanier, un site de vente directe regroupant une vingtaine de producteurs bio, du Trièves pour la plupart. Ce système permet aux producteurs de proposer leurs denrées sous forme de paniers livrés chaque semaine dans des points relais. Pragmatique, Sitadel s'est appuyé sur cet atout pour développer un marché virtuel... bien réel. « Notre choix s'est tout de suite tourné vers la plateforme de vente directe panierlocal.com, solution en ligne déjà utilisée dans le territoire par plusieurs producteurs, explique Marie-Dominique Montixi. Il était important pour nous, même si la situation était inédite et nous obligeait à réagir vite, de capitaliser sur l'outil à mettre en place, afin de ne pas demander aux producteurs de ressaisir leur base de données produit. »

Panierlocal.com ayant déjà fait ses preuves auprès des producteurs et de particuliers, la solution a semblé suffisamment pertinente pour déployer mangerlocal-sudisere.fr en partant d'un même logiciel web de gestion. « A terme, il est intéressant de disposer d'outils qui communiquent entre eux », souligne Marie-Dominique Montixi qui y voit un intérêt stratégique au-delà de la crise sanitaire. Dans le même temps, les membres de Sitadel ont appelé tous les producteurs leur demandant s'ils étaient intéressés par l'outil. Résultat : la plateforme a été montée en deux jours et mise en ligne le 2 avril.

Fonctionnement simple

Côté fonctionnement : rien de plus simple. Les consommateurs se rendent sur le site de mangerlocal-sudisere.fr et font leur marché en fonction des références proposées par les producteurs. Les commandes sont ouvertes du mardi matin au jeudi soir tard (22 heures). Après le paiement en ligne, ils prennent rendez-vous le samedi matin pour retirer leur commande selon un créneau horaire défini à l'avance de façon à limiter les risques sanitaires. Les clients reçoivent leur bon de livraison le vendredi et vont récupérer leur commande le samedi matin à Mens (face au collège) ou à Monestier-de-Clermont (devant le Granjou). L'encadrement est assuré par des bénévoles qui se chargent d'installer les tables pour la distribution des paniers et de veiller au bon déroulement des opérations.

La première semaine, une cinquantaine de paniers ont été livrés à Mens. Depuis, le rythme oscille entre 115 et 120 paniers hebdomadaires. Il va encore s'accentuer avec l'extension du dispositif aux agriculteurs du secteur de Monestier-de-Clermont. Bien consciente que ces ventes ne compensent pas le chiffre d'affaires d'un marché, la chambre d'agriculture envisage d'aller plus loin. D'autant que les habitués du marché ne sont pas forcément tous accros aux solutions web. « Il y a des personnes que nous ne savons pas comment atteindre, reconnaît Marie-Dominique Montixi. Des pistes de réflexion sont en cours sur la possibilité de regrouper les achats, notamment pour activer les solidarités envers les personnes isolées ou âgées. Nous cherchons aussi à optimiser les solutions bancaires (Paypal est le mode de paiement unique proposé aujourd'hui), en nous appuyant sur les initiatives du conseil départemental et la dynamique territoire Zéro chômeur longue durée pour favoriser les livraisons groupées. »

Marianne Boilève