Solidarité internationale
Six mois aux côtés d'agriculteurs roumains
A 21 ans, Lorrie Senly a reçu une aide de la Région pour partir travailler six mois avec des agriculteurs de Transylvanie, une région du centre-ouest de la Roumanie.
C'est avec seulement son saxophone et son vélo qu'elle est partie à la rencontre des agriculteurs et de la culture roumaine. Mode de transport : « Le bus, le train, et mes jambes ! Et les trois derniers mois, j'ai utilisé mon vélo pour rentrer en France », explique-t-elle, le sourire aux lèvres. A 21 ans, Lorrie Senly est partie six mois, de février à août 2010, en Transylvanie, au centre-ouest de la Roumanie. Avec une idée en tête : découvrir l'agriculture traditionnelle et paysanne du pays, « et voir s'il serait possible de vivre de cette activité ».
Apprendre aux côtés des agriculteurs
Cette jeune fille, originaire du Vercors et qui n'est pas issue d'une famille agricole, a pu réaliser son projet grâce à l'aide au projet citoyen des jeunes, proposée par la région Rhône-Alpes (lire par ailleurs). Cette subvention lui a permis d'aller de ferme en ferme, pour apprendre le métier d'agriculteur. « J'étais nourrie et logée, et en échange, je les aidais dans leurs tâches quotidiennes. J'étais confrontée aux mêmes réalités qu'eux : je me levais à cinq heures pour la traite, on finissait le foin en début de nuit si la pluie menaçait... J'ai aussi fait de la transformation fromagère et des semis », se souvient-elle.
En restant quelques semaines, parfois jusqu'à deux mois avec ses hôtes, elle a rencontré des agriculteurs, « fiers de leur métier, attachés à conserver ce côté traditionnel. Là-bas, ils disent être des paysans, mais ce n'est pas du tout péjoratif ! Au contraire, ils ont un bon recul sur leur métier et souhaitent le préserver à tout prix des logiques productivistes ».
D'un voyage à un futur métier
Une expérience qui lui a aussi permis d'apprendre le roumain - « en trois mois, j'avais les bases pour échanger avec les agriculteurs » - et rencontrer des musiciens : « Je suis saxophoniste, et j'aime particulièrement les musiques balkaniques. D'ailleurs, j'ai eu la surprise de rencontrer les musiciens d'un des films de Tony Gatlif*», raconte-t-elle, avec enthousiasme.
Mais ces six mois, riches en rencontres, lui ont surtout permis de conforter son projet professionnel. « J'aimerais faire de la réinsertion sociale par le biais de l'agriculture, explique-t-elle. Je ne sais pas encore sous quel statut je m'installerai, mais je pense faire une petite production pluridisciplinaire, avec principalement de la transformation fromagère et du maraîchage. Je pense aussi à faire des échanges scolaires... Mon projet reste encore à affiner, et je souhaite le mener à plusieurs », précise Lorrie Senly.
Une autre approche de l'agriculture
Motivée, elle a repris ses études en septembre dernier. Actuellement étudiante en gestion de développement local et solidarité internationale à Bordeaux, elle projette de passer ensuite un diplôme d'animatrice en moyenne montagne, avant de se diriger vers une formation agricole. En attendant, elle continue de faire vivre son voyage « agriculturel » : rencontre avec des élèves et exposition de photos (lycée climatique de Villard-de-Lans, espace Rhône-Alpes de Grenoble, et tout le mois de mars à la bibliothèque de Lans-en-Vercors) elle tient à apporter un autre regard sur son futur métier, « car c'est important de sensibiliser les gens à développer une autre approche de l'agriculture. Il faut qu'ils s'y intéressent, car tout le monde doit se nourrir, et c'est grâce aux agriculteurs que nous le pouvons ».
Lucile Ageron
* Tony Gatlif : réalisateur français également acteur, scénariste, compositeur et producteur de films.
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Un coup de pouce de la Région aux jeunes
Grâce au dispositif d'aide aux projets citoyens des jeunes, des subventions sont accordées par la Région pour aider les jeunes à réaliser leurs projets.
L'aide aux projets citoyens des jeunes a été mise en place en 2006 par la région Rhône-Alpes. Tous les jeunes de 16 à 25 ans, quel que soit leur statut (étudiant, salarié...) et résidant dans la région, peuvent déposer un dossier. Pour que ce dernier soit recevable, l'action envisagée doit être de nature citoyenne. « Cela ne peut pas se faire dans le cadre d'un cursus scolaire ou d'une démarche de volontariat, il faut que ce soit une initiative propre à une personne, ou à une association », explique Sarah Boukaala, conseillère régionale déléguée à la jeunesse. Réalisation de fresques, solidarité internationale, création d'une exposition, d'un jeu de société... Toutes sortes de projets sont examinés par un comité technique composé d'élus, de conseillers régionaux et d'acteurs de la jeunesse. Si les dossiers sont acceptés, une subvention pouvant aller de 500 à 5 000 euros, selon la conseillère régionale, sera attribuée. « Une fois le projet terminé, nous incitons vivement les jeunes à le partager par des expositions, des interventions dans des écoles. Cette notion est très importante, voire fondamentale à tout projet », précise Sarah Boukaala.
LA
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Apprendre aux côtés des agriculteurs
Cette jeune fille, originaire du Vercors et qui n'est pas issue d'une famille agricole, a pu réaliser son projet grâce à l'aide au projet citoyen des jeunes, proposée par la région Rhône-Alpes (lire par ailleurs). Cette subvention lui a permis d'aller de ferme en ferme, pour apprendre le métier d'agriculteur. « J'étais nourrie et logée, et en échange, je les aidais dans leurs tâches quotidiennes. J'étais confrontée aux mêmes réalités qu'eux : je me levais à cinq heures pour la traite, on finissait le foin en début de nuit si la pluie menaçait... J'ai aussi fait de la transformation fromagère et des semis », se souvient-elle.
En restant quelques semaines, parfois jusqu'à deux mois avec ses hôtes, elle a rencontré des agriculteurs, « fiers de leur métier, attachés à conserver ce côté traditionnel. Là-bas, ils disent être des paysans, mais ce n'est pas du tout péjoratif ! Au contraire, ils ont un bon recul sur leur métier et souhaitent le préserver à tout prix des logiques productivistes ».
D'un voyage à un futur métier
Une expérience qui lui a aussi permis d'apprendre le roumain - « en trois mois, j'avais les bases pour échanger avec les agriculteurs » - et rencontrer des musiciens : « Je suis saxophoniste, et j'aime particulièrement les musiques balkaniques. D'ailleurs, j'ai eu la surprise de rencontrer les musiciens d'un des films de Tony Gatlif*», raconte-t-elle, avec enthousiasme.
Mais ces six mois, riches en rencontres, lui ont surtout permis de conforter son projet professionnel. « J'aimerais faire de la réinsertion sociale par le biais de l'agriculture, explique-t-elle. Je ne sais pas encore sous quel statut je m'installerai, mais je pense faire une petite production pluridisciplinaire, avec principalement de la transformation fromagère et du maraîchage. Je pense aussi à faire des échanges scolaires... Mon projet reste encore à affiner, et je souhaite le mener à plusieurs », précise Lorrie Senly.
Une autre approche de l'agriculture
Motivée, elle a repris ses études en septembre dernier. Actuellement étudiante en gestion de développement local et solidarité internationale à Bordeaux, elle projette de passer ensuite un diplôme d'animatrice en moyenne montagne, avant de se diriger vers une formation agricole. En attendant, elle continue de faire vivre son voyage « agriculturel » : rencontre avec des élèves et exposition de photos (lycée climatique de Villard-de-Lans, espace Rhône-Alpes de Grenoble, et tout le mois de mars à la bibliothèque de Lans-en-Vercors) elle tient à apporter un autre regard sur son futur métier, « car c'est important de sensibiliser les gens à développer une autre approche de l'agriculture. Il faut qu'ils s'y intéressent, car tout le monde doit se nourrir, et c'est grâce aux agriculteurs que nous le pouvons ».
* Tony Gatlif : réalisateur français également acteur, scénariste, compositeur et producteur de films.
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L'aide aux projets citoyens des jeunes a été mise en place en 2006 par la région Rhône-Alpes. Tous les jeunes de 16 à 25 ans, quel que soit leur statut (étudiant, salarié...) et résidant dans la région, peuvent déposer un dossier. Pour que ce dernier soit recevable, l'action envisagée doit être de nature citoyenne. « Cela ne peut pas se faire dans le cadre d'un cursus scolaire ou d'une démarche de volontariat, il faut que ce soit une initiative propre à une personne, ou à une association », explique Sarah Boukaala, conseillère régionale déléguée à la jeunesse. Réalisation de fresques, solidarité internationale, création d'une exposition, d'un jeu de société... Toutes sortes de projets sont examinés par un comité technique composé d'élus, de conseillers régionaux et d'acteurs de la jeunesse. Si les dossiers sont acceptés, une subvention pouvant aller de 500 à 5 000 euros, selon la conseillère régionale, sera attribuée. « Une fois le projet terminé, nous incitons vivement les jeunes à le partager par des expositions, des interventions dans des écoles. Cette notion est très importante, voire fondamentale à tout projet », précise Sarah Boukaala.
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