Sol : Une bonne structure pour un bon départ
Le sol est un milieu vivant en constante évolution. Afin de sensibiliser les acteurs de terrain, une rencontre Innov'Action sur la fertilité des sols a été proposée conjointement par la chambre d'agriculture de l'Isère et la communauté de communes du Grésivaudan, le 15 mai, à Crolles. Elle a réuni une dizaine de personnes dont la moitié d'agriculteurs.
Cette rencontre technique destinée à souligner l'importance des caractéristiques physiques (structure) et biologiques d'un sol, a eu lieu dans une parcelle du Gaec Pierre Grange, membre du groupe Déphy grandes cultures animé par la chambre. Les agriculteurs de ce groupe travaillent à la réduction et à l'optimisation de l'usage des produits phytosanitaires dans leurs exploitations et plus largement à l'optimisation de leurs pratiques pour une agriculture plus durable.
Durant cette matinée sur le terrain, Laetitia Masson, conseillère agronomie-environnement de la chambre d'agriculture a présenté les grands enjeux de la fertilité des sols, les trois piliers de la fertilité et pour chacun les outils disponibles pour les apprécier sur le terrain.
Le premier élément observé a été l'état de surface de la parcelle : présence ou absence de résidus, de croûte de battance, de carabes, de turricules de vers de terre... Ces éléments donnent de premiers indices sur la sensibilité à l'érosion et sur l'activité biologique.
Le sol peut parfois être bien fourni en éléments chimiques comme le phosphore ou la potasse, mais s'il est compacté, les racines ne parviennent pas à se développer suffisamment pour y accéder. Il est donc très important d'apprécier la présence de zones de compaction en profondeur.
Pour cela, différentes méthodes existent. Le pénétromètre, constitué d'une tige que l'on enfonce dans le sol, permet d'évaluer rapidement la profondeur de la zone tassée en plusieurs points de la parcelle. Un test bêche permet également d'étudier le sol sur 25-30 cm de profondeur. Un mini-profil 3D (avec un télescopique) ou un profil cultural peuvent permettre d'observer des zones de compaction plus profondes. L'appréciation de la fertilité biologique du sol, au-delà de l'observation de vers de terre, est la plus complexe. Elle se fait surtout via des analyses en laboratoire.
Dans la parcelle du Gaec Pierre Grange, on observe une bonne structure avec tout de même une zone un peu plus compacte vers 35-40cm de profondeur. La vitesse d'infiltration de l'eau confirme l'impact de cette zone tassée : elle est rapide (70 mm/h) mais quand même un peu plus lente que la vitesse d'infiltration théorique attendue pour ce type de sol (sablo-limoneux, donc très perméable). La conduite de cette parcelle (non labour, apports de fumier, restitution des cannes de maïs) permet une bonne stabilité face à l'érosion (les mottes de surface se tiennent) et devrait favoriser l'activité biologique. Cela sera à préciser à l'automne avec des analyses nématodes et activité biologique en laboratoire. Finalement, assez peu de vers de terre ont été observés mais cela peut être en partie lié à la texture du sol, un sable limono argileux, peu apprécié des vers de terre.
Ces tests visuels au champ ont permis d'engager des échanges entre agriculteurs et techniciens ou représentant de la collectivité.