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Formation

Stage en élevage bovin: les points de sécurité à respecter

L'accueil d'un stagiaire dans une exploitation est pour lui l''occasion de mettre en pratique ce qu'il a appris au lycée et de s'entraîner pour acquérir de réelles compétences professionnelles. Encore faut-il veille à ce qu'il travaille en toute sécurité.
Stage en élevage bovin: les points de sécurité à respecter

Le bovin, c'est la force tranquille. Mais c'est costaud et c'est lourd . Même si l'animal est placide, le risque est là. D'où l'importance de travailler en sécurité, surtout quand on accueille des stagiaires sur son exploitation. Premier point de vigilance pour le maître de stage : s'assurer que l'élève n'a pas peur des animaux. « Si l'animal sent qu'on est inquiet, il peut vite prendre le dessus et ça peut devenir très dangereux », explique Odile Gitton, enseignante en zootechnie au lycée de La Côte-Saint-André. Il faut donc prendre le temps de faire le tour des bêtes avec l'élève, afin qu'il se familiarise. « Il faut aussi se méfier des élèves qui connaissent trop, car ils ont tendance à se mettre en danger tout seuls, précise l'enseignante. Il faut bien leur rappeler les gestes à faire et à ne pas faire et rester vigilant par rapport à ce que l'élève croit savoir faire, ou pas. Si un élève dit qu'il sait faire, le maître doit d'abord faire le geste avec lui et valider la façon dont il procède. »

Chaussures de sécurité

Autres points importants à surveiller : la tenue de travail du jeune et l'équipement de l'installation. L'élève doit pouvoir manipuler les bêtes en toute sécurité. Dans l'exploitation comme dans le cadre des travaux pratiques réalisés au sein de son établissement, l'élève doit porter des bottes ou des chaussures de sécurité. « Un bovin, même sans le faire exprès, il peut vous écraser le pied, prévient Odile Gitton. Si on n'a pas les chaussures de sécurité, on le sent passer. Au mieux ça peut provoquer un bleu, mais ça peut aussi causer une belle fracture. »
Côté installation, il convient également de vérifier qu'il y suffisamment de barrière, de parcs amovibles et de passages d'homme (dans l'idéal, un par lot) de façon à pouvoir s'extraire rapidement en cas de mouvement d'animaux. « Pour les soins aux animaux, si l'on dispose d'un cercle ou d'une cage de contention, c'est mieux, préconise Odile Gitton, enseignante en zootechnie au lycée de La Côte-Saint-André. Sinon on s'adapte... »

Dérogation

Pour ce qui est de la manipulation pure, aucun problème particulier, à condition que le stagiaire ne soit pas en contact avec des animaux morts. Les jeunes peuvent donc utiliser des matériels de contention, des bascules, des clôtures électriques et des matériels de parage ou d'écornage, sous réserve qu'ils soient manuels. S'ils doivent manier des produits vétérinaires, il faut juste qu'ils portent des gants, car certains produits sont transdermiques. En revanche, dès qu'il est question d'exécuter des travaux réglementés, par exemple d'utiliser des détergents ou des désinfectants pour entretenir la machine à traire ou nettoyer la fromagerie, il est impératif de faire une demande de dérogation (1), car ces travaux sont réglementés, au même titre que la maniement d'outils animés, comme la désileuse, le chargeur télescopique, l'aplatisseur à grain ou le tapis d'alimentation. Petite consolation : depuis 2013, cette dérogation est établie pour trois ans et valable pour tous les jeunes en formation dans l'exploitation.

Marianne Boilève

(1) Formulaire à télécharger sur le site de la Dirreccte.

 

La cage de contention, un plus sécurité

On a souvent tendance, en élevage bovin, à travailler avec les cornadis pour effectuer les soins aux animaux : on les bloque et on intervient. Cette technique très répandue n'est pourtant guère recommandée, tant pour le confort de l'animal que pour celui de l'éleveur. « Les cornadis ne sont pas des dispositifs de contention, rappelle Odile Gitton, enseignante au lycée agricole de La Côte-Saint-André. Même s'il est équipé d'un dispositif anti-étranglement, le travail au cornadis n'est pas confortable pour l'animal. Et puis il n'est jamais bon de lui faire des misères pendant qu'il mange... » Ce n'est pas non plus bon pour l'éleveur, qui se trouve pas à la bonne hauteur et risque d'adopter une mauvaise position, donc de se faire mal au dos. S'il s'agit de faire une injection ou un drogage sur des bovins, il faut donc préférer la cage ou le cercle de contention, deux outils qui permettent de travailler à niveau, tout en mettant en sécurité les manipulateurs et les animaux.
La cage de contention, souvent de forme rectiligne, est constituée de « cages-couloirs », équipées de parcs d'entrée et de sortie. Elle permet d'effectuer la plupart des soins et opérations en toute sécurité. Le problème, c'est qu'elle prend pas mal de place. De ce point de vue, le cercle contention présente un certain avantage, puisqu'il remplit les mêmes fonctions que la cage, mais sur une surface réduite. D'où un gain de place et de temps pour la personne qui prodigue les soins. A défaut de s'équiper d'une cage, on peut installer un cornadis en sortie de salle de traite. Encore faut-il être éleveur laitier...
MB