Il lit le Paysan tarnais : « C'est assez austère pour celui qui n'y connaît rien, mais c'est très intéressant pour les agriculteurs de mon espèce. » Son espèce à lui, Léo, est en voie de disparition. Agriculteur à Marnaves, dans le Tarn, installé depuis toujours entre terres calcaires et prairies grasses, Léo Delpeyrat, 81 ans, est un de ces paysans « à l'ancienne » dont notre époque pressée se plaît à dresser le portrait. Une journaliste et un photographe de Sud-Ouest lui rendent hommage dans un ouvrage empreint de nostalgie.
Petite fille de Léo, l'auteure, Emilie Delpeyrat, raconte le quotidien de ce grand-père qui, tous les matins à 5 heures, été comme hiver, se lève, avale son café et part s'occuper de la ferme. Un rituel immuable qui s'arrêtera quand sa vie à lui s'arrêtera : personne ne veut prendre la suite.
Illustré par les photos de Loïc Mazalrey, le livre est construit en six actes (la vie à la ferme, la foire aux veaux, la tue-cochon, la volaille, les foins et le jardins), qui évoquent chacun l'ordinaire d'une petite exploitation polyvalente traditionnelle. Les vaches, les champs, les poules, le jardin. L'été, les foins, les moissons, les confitures, l'automne la « tue-cochon ». Une vie à mille lieux de l'agriculture moderne, performante et robotisée que vantent les nouvelles générations. Mais après tout pourquoi pas...
« Sur les pas de Léo, paysan », Emilie Delpeyrat et Loïc Mazalrey, éditions De Borée, 144 pages, 28 euros.
MB