Technique et technologies pour aller de l'avant
Si la crise laitière occupe tous les esprits, Isère conseil élevage, qui a tenu son assemblée générale le 9 mars à Rives, ne se laisse pas aller. « Cette crise, autant structurelle que conjoncturelle, ne doit pas nous empêcher de préparer l'avenir et de répondre aux besoins des adhérents », estime Raymond Riban, président d'Isère conseil élevage.
Au cœur de cette volonté d'aller de l'avant, le Contrôle laitier met les bouchées doubles sur l'utilisation des nouvelles technologies. Le smartphone devient l'outil incontournable. Utilisé pour la liste de pesée électronique, il permet de gagner en temps et confort de traite pour l'éleveur et l'agent de traite. Il renforce la fiabilité des données et réduit les délais de restitution. Une expérimentation est en cours pour l'utiliser dans la notation d'état corporel (Nec), donnée qui permet de suivre la reprise de poids, corriger la ration et décider de la mise à la reproduction. Monté sur une perche télescopique, il est utilisé comme appareil photo et permet de noter une quarantaine de vaches en dix minutes (contre une heure à l'œil). Autre champ investi par ce téléphone intelligent : la santé, puisque le contrôle laitier élargit la collecte de ses données aux pathologies. « L'objectif est de détecter l'impact des maladies dans les élevages, chiffrer leur coût et se comparer avec d'autres groupes d'éleveurs », explique Hugues Villette, directeur d'Isère conseil élevage. Selon Raymond Riban, « ce développement technologique vise à aider les agriculteurs à mieux gérer leur exploitation. Ce sont des outils qui permettent de mettre en évidence des réalités que l'on ne voit pas forcément au quotidien. Loin d'être gadgets, ils sont adaptés à la nouvelle génération d'éleveurs qui a déjà intégré ces fonctionnements ».
Rendez-vous duo
Cœur d'activité du contrôle laitier, le conseil aux éleveurs est d'autant plus important en période difficile. Le besoin d'accompagnement se fait d'ailleurs encore plus ressentir en ce moment. Le volume de conseil prodigué est donc en hausse sur l'ensemble des thématiques proposées (calcul et suivi régulier de la ration, planning d'accouplement, prévision de production laitière et valorisation du contrôle, calcul des coûts de production, suivi régulier de la qualité du lait, calcul et suivi des marges alimentaires) et un travail important est consacré aux diagnostics d'autonomie alimentaire. Pour renforcer la qualité de cet accompagnement, l'entreprise a augmenté, grâce à une formation accrue de ses conseillers et un recrutement plus exigeant, le niveau de compétences de ses techniciens. Et, dans le cadre de la cellule de crise inter-organismes professionnels agricoles, la création des rendez-vous duo, avec la double compétence technique et économique, assurée par le contrôle laitier, la chambre d'agriculture et le Cerfrance, permet de réaliser des plans d'actions à court terme pour passer cette crise, et à moyen terme pour anticiper et être moins fragile si d'autres devaient survenir.
Gagner en performance
Dans un contexte de baisse du nombre d'adhérents et du nombre de vaches (435 adhérents et 22 766 vaches contrôlées en 2015), Isère contrôle élevage surveille ses charges. Un rapprochement est donc réalisé avec le Contrôle laitier de la Drôme et bientôt de l'Ardèche pour mutualiser les compétences et les outils et gagner en performance. Gestion commune des corrections des erreurs de contrôle de performances, partage de conseillers et d'agents de pesée et création de nouveaux services tels que « Silo Scan * » font partis de cette mise en commun. « Aujourd'hui, nous sommes obligés de nous rapprocher des autres organismes régionaux avec lesquels nous partageons les mêmes services, besoins et enjeux, mais aussi entre organismes au sein de la filière. C'est ce qui nous permettra de réaliser des économies d'échelle et de structure », assure Raymond Riban.
* Outil qui fournit des indicateurs sur la qualité des silos
Isabelle Brenguier