Tester son activité avant de la lancer
Dorothée est l'épouse d'un nuciculteur et souhaite développer une activité de transformation de produits dérivés à base de noix. Marie veut créer une conserverie et un laboratoire de cuisine itinérants pour transformer fruits et légumes invendables et participer à des évènements locaux. Régis voudrait s'installer au sein d'une exploitation caprine biologique, faire de la transformation et de la vente directe. Sandra a un projet d'installation ovine et de transformation fromagère. Etienne, lui-même handicapé, a l'ambition de créer un jardin de Cocagne, pour faire travailler des personnes handicapées. Eric veut créer une truffière. Héloïse a un projet de ferme de spiruline. Tous sont attachés au territoire du Sud-Grésivaudan et rêvent de développer un projet agricole. Mais faute de foncier, de bâtiment, de matériel, de financements ou crainte que leur projet ne corresponde pas à leurs attentes, ils n'ont pas encore franchi le pas. Pour ces porteurs de projet, l'Espace test agri-rural du Sud-Grésivaudan arrive à point nommé. Ils ont profité de la journée organisée sur le sujet le 12 mars à Saint-Marcellin pour venir chercher les informations nécessaires et apporter leur candidature.
Opérationnel au printemps
Que ce soit pour expérimenter une activité sans mettre en péril une exploitation existante, tester la viablité et la « vivabilité » d'un projet, ou acquérir une expérience et une crédibilité pouvant être valorisées auprès de cédants ou d'établissements bancaires, l'Espace test agri-rural est une opportunité pour se mettre en situation, sans se mettre en danger. Celui du Sud-Grésivaudan, avec ses 1,4 hectares de surfaces mis à disposition par les Ateliers du Plantau, son espace d'activité agricole et son bâtiment, est dans les les starting blocks pour être opérationnel au printemps. Les derniers calages sont en cours. Les premiers porteurs de projet, agricoles ou artisanaux, selectionnés par un jury, seront accueillis dés le mois d'avril de façon à organiser les besoins de chacun. Tout devra être prêt pour que les activités puissent démarrer en juin. Pour bénéficier des services de l'Espace-test, les porteurs de projet devront s'acquitter d'une participation de départ et reverser un pourcentage du chiffre d'affaires réalisé (10 à 15 %). Ils pourront rester dans ce cadre rassurant pendant trois ans, au maximum. La structure est à ses débuts et ne demande qu'à prendre de l'ampleur pour répondre au mieux aux besoins des futurs candidats. En attendant, Jean-Baptiste Cavalier, animateur du Réseau National des Espaces-Test Agricoles prévient les porteurs de projet : « Les premières personnes qui vont rentrer dans l'Espace-test vont essuyer les pots cassés. C'est incontournable, il faut l'avoir en tête. Mais l'outil propose de réelles opportunités ». Partout en France, les structures se développent peu à peu. Elles répondent à une problématique nouvelle liée au nombre de plus en plus importants de porteurs de projet hors cadre familial, qui n'ont pas une idée aussi précise de leur future activité et de leur futur quotidien comme pouvaient l'avoir auparavant les enfants d'agriculteurs.