Touche pas à mes emplois aidés
Après la réforme des rythmes scolaires, péniblement vécue par de nombreuses communes, les collectivités doivent faire face à un nouveau défi avec la baisse annoncée cet été par le gouvernement des contrats aidés pour le deuxième semestre 2017. Dans certaines communes, la rentrée sera compliquée. Outre-mer, à La Réunion, la rentrée qui a lieu habituellement au mois d'août a été reportée dans la majorité des communes. En métropole, certains maires ont déjà annoncé leur incapacité à gérer la rentrée dans ces conditions et reporté la date d'une semaine.
Le nombre de contrats aidés devrait passer de 459 000 à environ 300 000.
Les contrats aidés sont au cœur du fonctionnement des écoles et du milieu périscolaire : emplois de restauration scolaire, administratifs, animation périscolaire, sécurité, aide aux transports scolaires, sans oublier les AVS, auxiliaires de vie scolaire qui aident les enfants en situation de handicap.
Selon nos confrères du Parisien, le président de l'Association des petites villes de France (APVF), Olivier Dussopt, maire d'Annonay (Ardèche), s'est ému de la « précipitation » du gouvernement. Les emplois aidés, a-t-il déclaré dans une lettre adressée au Premier ministre, « permettent à des personnes en situation de précarité de se rapprocher de l'emploi » et de « conforter l'offre de services publics de proximité des collectivités », insiste l'édile.
Rentrée scolaire
Au micro de RTL, le 27 août dernier, Vanik Berberian, le président de l'AMRF (association des maires ruraux de France), s'inquiète également, redoutant que cette mesure porte atteinte au fonctionnement des collectivités locales et du monde associatif. « De l'inquiétude, on passe à la colère. (...) On apprend que certains emplois ne sont pas reconduits pour la rentrée, on ne peut pas fonctionner de cette manière là ». Certaines communes ont dû se résoudre, à huit jours de la rentrée scolaire, à reculer sa date. « C'est tout à fait inédit », affirme le maire.
L'Education nationale devrait voir le nombre de ses contrats aidés passer de 70 000 à 20 000, dont la plupart sont des emplois d'AVS (Auxiliaires de vie scolaire). La région Auvergne-Rhône-Alpes devrait disposer de plus de 5 500 de ces postes.
Dans un communiqué envoyé à l'AFP le 24 août dernier, l'Unapei (Union nationale des associations de parents d'enfants inadaptés), a rappelé que ces emplois sont « indispensables » au bon accompagnement à l'école des élèves porteurs d'un handicap. Les emplois d'AVS étaient l'an passé au nombre de 45 000. Les enfants en situation de handicap sont aussi accompagnés par des AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap), sous contrat de droit public. Plus de 8 000 postes d'AESH devrait être créés cette année, ce qui ne compenserait pas pour autant le recul des AVS .