Tourisme vert au grand air
A quelques encablures de la station du Col de Marcieu, sur le plateau des Petites Roches, se dresse le centre écotouristique « L'évasion au naturel ». Sur 950m2, sept chalets accueillent toute l'année jusqu'a 61 personnes. Le contrat pour les vacanciers est clair : exit les voitures et les ordinateurs, les chalets ne sont par ailleurs équipés ni du wifi ni de télévision. Au centre, l'expérience se veut la plus déconnectée et conviviale possible.
Rien ne prédisposait le fondateur à créer ses écogites. Ingénieur grandes écoles, après quinze ans passés comme cadre d'entreprise, Frédéric Desautel se rend compte que cette vie ne lui convenait plus. Le souhait de revenir à des « valeurs plus simples » puis un diplôme d'accompagnateur de moyenne montagne en poche, il se lance dans ce projet de centre écotouristique qui ouvre ses portes fin 2009.
Difficile d'imaginer qu'il y a dix ans se tenait en lieu et place des chalets une forêt d'épicéa, appartenant à Bruno de Quinsonas. Frédéric Desautel souligne qu'il a été d'emblée séduit par le projet et a accepté de vendre ses terres. Du désouchage à la construction des chalets, c'est toute la filière bois de Chartreuse qui a été mobilisée. Pour les habitations, trois espèces ont été utilisées dans la construction : « De l'épicéa, du sapin, et pour les bardages extérieurs du mélèze venant du Granier » précise-t-il. Des sylviculteurs locaux ont été sollicités jusque dans les plus petits détails à l'image des copeaux en bois d'hêtre, utilisés pour le revêtement, qui sont l'ouvrage d'un bûcheron de Saint-Bernard-du-Touvet.
Les chalets sont aujourd'hui passifs (une consommation d'énergie très basse) et deux bâtiments ayant des panneaux photovoltaïques sur le toit sont même en énergie positive. Néanmoins, pour le fondateur du centre, un lieu écotouristique ne se résume pas uniquement à des éco-constructions.
Former les touristes à l'écologie
C'est aussi un lieu « d'éducation à l'environnement dédiée à un public touristique ». A « L'évasion au naturel », les clients sont pris en main dès leur arrivée avec un pot d'accueil où les salariés leur présentent la philosophie du centre. Puis quand ils se retirent dans leurs chalets, ils peuvent y feuilleter un livre racontant les étapes du chantier leur permettant de « comprendre le choix des matériaux utilisés et des équipements » dans l'objectif que les « clients se sentent investis par les lieux ».
Le long de leur séjour, le centre propose de nombreuses activités pour « sortir de l'image de carte postale de la moyenne montagne » appuie Frédéric Desautel. C'est le cas de la randonée dans la réserve naturelle où l'idée est que les touristes peuvent pique-niquer avec les marmottes. L'accompagnateur de montagne leur explique à cette occasion la dimension économique du parc, l'utilisation des alpages par les bergers ainsi que l'activité sylvicole. En hiver, des sorties sont organisées à la recherche des traces des animaux. Le centre accueille enfin un jardin ethnobotanique de 6000m2 où 116 espèces de plantes qu'on retrouve dans le massif ont été réintroduites. Des animations se tiennent chaque année avec une diplômée de l'Ecole des plantes.
La clientèle est assez variée, allant de familles avec enfants, aux randonneurs ne passant qu'une nuit ou deux dans les chalets. Le centre accueille aussi des séminaires d'entreprises et des réunions privées entre amis ou en famille. Des quatres coins de France et même d'ailleurs, le propriétaire admet que c'est surtout une clientèle de niche. Une des raisons : il n'y a pas de sites très touristiques alentour. D'ailleurs, « avril et novembre sont deux mois un peu difficile » confie-t-il. Malgré cela, un bon nombre de clients reviennent, Fréderic Desautel se félicite d'avoir un taux de fidélisation de plus de 30% pour un centre qui connaitra sa première année à l'équilibre en 2018.