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Quinzaine de l'installation

Transmission partielle d'une exploitation : une solution pour passer le relais progressivement

A 64 ans, Etienne Blanc a décidé de céder une partie de son installation, située à Saint-Jean-de-Moirans, dans le pays voironnais. Une nouvelle façon de transmettre qu'il présentera lors de son intervention à la matinée du mardi 16 novembre consacrée à ce thème et organisée à Avignonet, dans le cadre de la quinzaine de l'installation.
Transmission partielle d'une exploitation : une solution pour passer le relais progressivement
« Je vais bientôt avoir 65 ans et je souhaite ralentir mon activité sans pour autant l'arrêter totalement », raconte Etienne Blanc, agriculteur à Saint-Jean-de-Moirans. Alors, en février, lorsqu'il apprend par le biais de la MSA et de l'Adasea (association départementale pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles) qu'il peut céder une part de son exploitation et toucher, en contre-partie, un pourcentage de sa retraite tout en maintenant son activité d'agriculteur, il se laisse tenter. « En laissant 30 % de mon exploitation, je pourrais toucher 40 % du montant total de ma retraite », souligne-t-il.

« Je commence à sentir la fatigue »
Ce système de transmission partielle peut permettre de faciliter l'accès au foncier avec un projet où le cédant et le candidat trouvent chacun leur compte. En effet, selon l'Adasea, « cela peut permettre au cédant de valoriser un bien, développer l'entraide, ou passer le relais progressivement ». Dans le cadre de la quinzaine de l'installation, une matinée sur ce thème est organisée à Avignonet le mardi 16 novembre. Etienne Blanc a été invité, avec un autre agriculteur, à apporter son témoignage.
Agriculteur depuis 1969, date à laquelle il a repris l'exploitation familiale - « la ferme appartenait initialement à mon arrière-grand-père » - il possède au total près de 80 hectares où il cultive principalement des céréales, des noix, des pommes de terre et vend une quinzaine de génisses prêtes à vêler, par an. « J'ai toujours été seul sur l'exploitation même si je me fais aider par quelques voisins à la retraite. Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui je commence à fatiguer. Et comme je ne veux pas arrêter totalement mon activité, céder une partie de l'exploitation est un bon compromis », précise ce professionnel.
Avec l'aide d'Audrey Pangolin, conseillère transmission à l'Adasea, il a pu réaliser un diagnostic de son exploitation. Au total, il laissera 30 % de sa surface. Soit un hangar fermé de 600 mètres carrés construit en 2006 avec une ossature en bois et un bardage en tôle et les trois hectares de parcelles adjacentes, et huit hectares situés sur des terrains alluviaux à 5 kilomètres du bâtiment. Au total, cela représente un foncier de 11 hectares labourables. A cela, il ajoutera des parcs qu'il loue, « les voisins de ces parcelles les reprendront. Après ça, l'offre de vente a été mise en ligne par le réseau Adasea et j'ai reçu une dizaine d'appels », note Etienne Blanc.

Un but : ne pas devenir inactif
Maraîchage, élevage équestre, poules pondeuses... Les demandes se succèdent et c'est finalement avec une quadragénaire en reconversion professionnelle qu'il conclut l'affaire. « C'est elle qui a donné suite le plus rapidement. Elle est de la région grenobloise et veut se lancer dans la production de plantes médicinales et aromatiques, poursuit-il. Au départ, elle n'aura besoin que de trois hectares et prendra peut-être le reste par la suite si cela fonctionne. En attendant, je vais l'aider et lui prêter le matériel ». Car même s'il veut diminuer son activité, il tient à rester actif - « Sinon, qu'est-ce que je vais faire le matin, à part regarder le soleil se lever ? » Le 14 janvier 2011, l'installation de la nouvelle propriétaire devra être effective, « c'est la date à laquelle je suis obligé de laisser mes terres pour toucher la retraite », annonce Etienne Blanc. Ensuite, il aura cinq ans pour décider de l'avenir de son exploitation. « Mais il est trop tôt, je ne sais pas encore ce que je ferais. Pour l'instant, même si j'aurais autant de travail, j'aurais moins de soucis et c'est le principal ».
Lucile Ageron

Note : "Céder une partie de son exploitation pour installer : une nouvelle façon de transmettre ?", mardi 16 novembre, à partir de 10 heures, à la salle polyvalente d'Avignonet. Renseignements : 04 76 20 67 70.