Trouver des débouchés vers les GMS
« Il y a de la place ! » Pierre-Antoine Veyron a repris l'exploitation familiale depuis un an... et les clients qui vont avec. « Mon père travaillait déjà avec Carrefour. Les grandes et moyennes surfaces (GMS) sont demandeuses ! » Christian Ollès, directeur de la FDSEA, venu présenter la réunion de territoire à Saint-Nicolas-de-Macherin, partage son point de vue. « On souhaite développer nos échanges avec le pôle agro-alimentaire : les GMS, les restaurants d'entreprise, les cantines d'écoles... C'est un marché qui nous échappe complètement. » Dans certaines filières, il manque des producteurs pour répondre à la demande. Mais selon Pierre-Antoine Veyron, ils ne sont pas les seuls fautifs : « Il faut aller discuter directement avec le siège de Carrefour France pour intégrer de nouveaux producteurs. Les GMS ne sont pas organisées pour aller voir les producteurs. Tout se passe via d'énormes plateformes ». Derrière ces nouveaux marchés, reste la question du prix. « Le prix est fondamental pour nous, on doit avoir le juste prix des produits », confirme Christian Ollès. « On doit maintenir une filière porteuse. Quand on regarde le Vercors ou l'initiative « C'est qui le patron ? », ils y sont arrivés », confirme Thierry Blanchet, trésorier de la FDSEA. Des négociations qui s'annoncent déjà délicates autour de la loi inspirée des Etats généraux de l'alimentation. « La loi qui régit l'organisation du commerce, c'est un mur », déplore Jean-Pierre Michallat, président de l'association des agriculteurs du Voironnais.
Sangliers, chevreuils, et blaireaux
Les débouchés ne sont pas les seules inquiétudes. Les sangliers ont fait de nombreux dégâts cette année. En 2016/2017, ils avaient détruit 275 hectares dans le département de l'Isère, un chiffre stable par rapport à l'année 2015/2016. Ils représentent 75% des montants indemnisés par rapport aux autres espèces. « Je contacte la louveterie mais ils ne se déplacent pas toujours », raconte Jean-Pierre Michallat. Certains agriculteurs soulèvent aussi les problèmes des dégâts venants des chevreuils et des blaireaux. « Il n'y a pas d'indemnisation pour les blaireaux », regrette Sylvie Fanjat, animatrice FDSEA. Certains agriculteurs expriment également la difficulté de se faire indemniser. « Vous devez faire des déclarations de dégâts car sans elles, la fédération de chasse n'a pas de baromètre. S'ils voient une explosion des déclarations, ils mesureront mieux l'ampleur du problème », explique Christian Ollès.
Un cours d'eau (trop) bien défini
« Pensez aussi à déclarer la situation de vos parcelles à la DDT afin que ce soit pris en compte dans l'inventaire final », explique Sylvie Fanjat. Depuis la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et du paysage de 2016, un cours d'eau a une définition juridique : un lit, un débit, une source. Si l'un des critères n'est pas présent, d'autres sont possibles comme la présence d'une vie aquatique. Sur la nouvelle cartographie, les cours d'eau seront ainsi signalés en bleu et les « non cours d'eau » en rouge. Cette cartographie prend également en compte les zones humides, les rejets d'eau pluviale, les remblais en zones inondables... Le but est de les référencer afin d'en déterminer l'état et l'entretien et d'harmoniser les définitions utilisées par chaque organisme. « N'oubliez pas de faire les demandes d'exploitation afin de ne pas avoir de problèmes lors d'un contrôle », rappelle également la conseillère. La réunion se termine par une demande expresse de Jean-Pierre Michallat : « On manque de conseiller prud'hommal. S'il y a un conflit qui vous mène au tribunal, on peut vous défendre mais il manque des représentants de l'agriculture. »