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Sud-Isère

Un abattoir qui tourne

Avec un outil qui fonctionne, des tonnages au rendez-vous et une qualité des produits qui n'a cessé de s'améliorer, le pari de l'abattoir de La Mure est réussi.

Un abattoir qui tourne

« Apporter le meilleur service possible aux éleveurs afin qu'ils aient le maximum de chance dans la vente de leurs produits, leur redonner de la confiance et de la fierté », tels étaient les objectifs de la création de l'abattoir de La Mure il y a 14 ans, explique son gérant Paul-Dominique Rebreyend, lors d'une visite en territoire matheysin d'Alain Cottalorda, nouveau président du conseil général de l'Isère et de Christian Nucci, vice-président en charge de l'agriculture le 10 septembre.

Un niveau qualitatif élevé

Pour Paul-Dominique Rebreyend, la stratégie était claire. Il s'agissait de miser sur la vente directe pour que les éleveurs aient une meilleure valorisation de leurs produits. Pour cela, la structure a consenti les efforts nécessaires. Aujourd'hui, pour traiter les 350 tonnes de carcasses d'abattage (dont 310 découpées sur place), le site emploie 12,5 équivalents temps plein. Il y a 1,5 jour consacré à l'abattage et quatre jours à la découpe. Il faut du temps pour travailler avec soin. « Ici, il n'y a pas de chaîne ; on travaille avec beaucoup de minutie, précise le gérant.  Les animaux *, d'un niveau de qualité élevé, fournissent l'essentiel de Manger bio Isère* * et une bonne partie des magasins de producteurs du département. Au début, il y avait de forts écarts qualitatifs. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, puisque le travail d'échanges sur les carcasses mis en place avec les éleveurs a permis de constantes améliorations ». Plutôt que de raisonner en producteurs et en gestionnaires d'entreprises, les dirigeants de l'abattoir se sont surtout appuyés sur la réaction des consommateurs. Le but final étant de les satisfaire au maximum.

60% de charges de main d'oeuvre

Même si les débuts furent difficiles, l'abattoir fonctionne. Sans trop de changements d'agencement, des travaux d'agrandissement sont même prévus. A sa construction, ses dirigeants avaient déjà fait le choix d'un espace suffisant. Loin de le regretter, cela leur a permis d'absorber les évolutions de tonnage et d'avoir de meilleures conditions de travail. Aujourd'hui, pour l'équilibre des comptes, « la valorisation des déchets pour faire du biodiesel et des aliments pour les chiens et les chats joue un rôle important », reconnaît le gérant. « Il y a sept ou huit ans, ils coûtaient à la structure 60 000 euros. Aujourd'hui, ils représentent un gain de 70 000 euros », détaille-t-il. Fort de son expérience, la difficulté la plus importante est, selon Paul-Dominique Rebreyend, la gestion de la main-d'oeuvre. D'autant qu'elle représente 60 % des charges de l'outil. Il est donc crucial de les maîtriser finement. Cela implique aussi d'avoir un volume suffisant pour gérer les charges de structure et occuper pleinement le personnel.

 

* 90% des bovins, 8% des ovins et 1% des porcins, pour l'essentiel du département
* * Manger bio Isère : l'association de producteurs bio iséroise servant la restauration collective en produits bio et locaux.

Isabelle Brenguier