Un avenir radieux pour les cadres
Bien que le taux de chômage en France avoisine les 9%, on parle presque de plein emploi pour les cadres, dont le taux est proche de 3,5%. En matière de recrutement des cadres, Auvergne-Rhône-Alpes se place en deuxième position après l'Île-de-France. Selon l'enquête annuelle de l'Apec*, les entreprises de la région prévoient de recruter entre 30 200 et 32 480 cadres en 2019, soit une progression comprise entre 3 et 11% par rapport à 2018. Ces estimations se positionnent à un point au-dessus des prévisions nationales, entre 2 et 10%. Alors que 13% des entreprises d'Auvergne-Rhône-Alpes envisagent d'accroître leur nombre de cadres, c'est dans le département de l'Isère qu'elles semblent le plus optimistes. 20% prévoient d'en augmenter l'effectif et 3% seulement de le réduire.
Les profils de demain
Les entreprises recherchent avant tout des jeunes cadres. Ceux qui totalisent un à cinq ans d'expérience seront les mieux lotis : plus de 9 000 d'entre eux devraient être recrutés. Les débutants (moins d'un an d'expérience) pourraient également profiter d'un marché particulièrement porteur. Ils seront environ 5 500 à décrocher un poste.
66% des emplois cadres de la région seront proposés dans le secteur des services, contre 18% dans l'industrie, 9% dans le commerce et 7% dans le BTP. Les fonctions de recherche et développement auront le plus de succès (20% des embauches), suivies de l'informatique (19%) et du marketing-commercial (19%).
Les profils écartés de la bonne santé du marché sont le plus souvent les séniors ou les jeunes possédant un diplôme incohérent avec le poste qu'ils recherchent.
« Soft skills »
« Les jeunes doivent travailler sur leurs « soft skills », c'est-à-dire leurs compétences comportementales », assure Patricia Ozil, responsable Apec du Sillon Alpin. « Dix ans auparavant, la durée de vie d'une compétence technique était de cinq à sept ans. Elle est aujourd'hui d'à peine un an ». Outre les qualifications techniques, les « savoirs comportementaux » comme le bon sens, l'adaptabilité ou l'appréhension d'une situation suscitent particulièrement l'intérêt des employeurs. Une capacité à apprendre, voire même à désapprendre rapidement dans un contexte où le « poste à vie » n'existe plus. Les compétences plus longues à acquérir, comme la maîtrise des langues étrangères, sont néanmoins très prisées.
Un bilan 2018 prometteur
2019 semble s'inscrire dans la lignée de 2018, où les embauches de cadres dans la région ont frisé les 30 000, soit une augmentation de 6% par rapport à 2017. La création nette de postes a été de 9 200 emplois. Les jeunes diplômés ont représenté 16% de ces embauches, alors que les cadres confirmés ayant de 5 à 10 ans d'expériences ont à eux seuls concentré 29% de celles-ci.
La nouvelle génération de cadres est tout autant attachée à la valeur travail que ses aînés, mais affiche des besoins grandissants de reconnaissance au travail et d'équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Les pratiques de recrutement actuelles évoluent et sont constamment à reconsidérer pour des organismes tels que l'Apec.
*Association pour l'emploi des cadres, enquête effectuée auprès d'un échantillon représentatif de la région Auvergne Rhône-Alpes de 1 262 entreprises privées, du 25 octobre au 14 décembre 2018.
Coline Mollard