Accès au contenu
Graines d'éleveurs

Un beau panorama de l'élevage isérois

Des étudiants haut-savoyards sont venus s'imprégner de l'économie agricole de l'Isère.
Un beau panorama de l'élevage isérois

C'est au pas de course que les jeunes stagiaires du centre d'élevage de Poisy (Haute-Savoie) ont sillonné le département de l'Isère, pendant trois journées consacrées aux filières laitières et aux circuits courts.
A travers plusieurs visites, de Vienne à Saint-Marcellin, du Vercors aux Terres froides, ils ont découvert des hommes et des femmes, passionnés par leur métier. Sans embellir la situation, chacun a expliqué son historique, parfois empli d'embûches, ses difficultés mais aussi ses satisfactions et ses projets.
« Rester humbles, mais soyez ambitieux » ; « soyez performants car il faudra être bon partout » ; « respectez le consommateur car c'est lui qui décide » ; « soyez prudents car c'est difficile » ; « continuez à vous former car tout change constamment » ; « ne restez pas seuls devant des situations car il faut savoir se faire aider » ; « n'exigez pas du prix immédiat mais assurez les prix pour le moyen terme » ou encore « si ça ne marche pas, c'est pas forcément de la faute des autres »... Tous ces conseils se répétaient dans les mots de M.Picquendard (Sodiaal), autant que dans ceux de Denys Meunier (éleveur), de Jérôme Jury (arboriculteur) ou de Philippe Guillioud, directeur de Vercors lait.

Optimisme

Des signes d'optimisme ont été lancés : « les quotas n'existent plus, mais les prix vont bien remonter ! ». Et dans l'attente, il faut chercher des solutions, revoir les coûts de production, optimiser les temps de travail, faire le dos rond, gérer la trésorerie, valoriser les fourrages, acheter les tourteaux collectivement, comme l'expliquait Quentin Charvet du Gaec du Denier à Belmont.
Comprendre l'esprit et la culture de la coopération, savoir d'où l'on vient, valoriser ses atouts, accepter d'investir dans des outils performants pour l'avenir, c'est ce que l'on entendait à la fois chez Paul Faure, président de la coopérative Vercors lait, et à une échelle différente, dans la stratégie de Sodiaal. Et aussi avec grande similitude, dans les propos de Jérôme Jury, producteur de fruits à Saint-Prim avec l'esprit et la carrure de chef d'entreprise.
Quand Thomas Béhal, animateur territorial de la chambre d'agriculture, expliquait l'organisation interne de la chambre et la spécificité de chaque territoire, les stagiaires percevaient aussi l'importance de la proximité, de la culture territoriale et de la dynamique de projets. Car l'agriculture et l'élevage ne peuvent vivre déconnectés de la vie locale, du voisinage, des collectivités, du foncier et de l'historique local. Karine Argoud-Puy, éleveur caprin de Corrençon-en-Vercors illustrait bien avec son mari, l'imbrication de l'exploitation dans l'environnement local, le parc du Vercors, l'Apap ou encore l'intérêt du tourisme et de l'accueil à la ferme.

Efficience technico-économique

Et Bruno Neyroud, président du Comité pour le saint-marcelin, insistait aussi sur l'engagement et la persévérance, notamment dans le projet du Cism pour le saint-marcellin. Et même s'il laissait apparaître encore quelques déceptions ou exigences, il rejoignait aussi l'ensemble des interlocuteurs sur la compétence, les projets et l'organisation professionnelle. Thierry Benoit pour Lactalis avait fait le déplacement pour rencontrer ces jeunes et leur expliquer la position d'une grande entreprise privée, l'atout des produits comme le saint-marcelin et les difficultés de marché du lait face à la grande distribution.
Jean-Philippe Goron, pour Isère Conseil Elevage, présentait l'économie laitière du département, les différents acteurs laitiers, ses différentes filières et ses complémentarités, ses atouts et les tendances à la restructuration. Les perspectives restent tournées vers la recherche des marges, l'organisation, l'optimum technico-économique.
Et ce panorama complexe mais empli d'originalités, de particularités, et de points forts, qui devrait générer optimisme et points de vigilances pour tous ces jeunes en début de parcours professionnel.

Didier Villard