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Tourisme

Un bel été en hébergement rural

Le tourisme rural est la dernière valeur refuge, notamment pour la clientèle française qui ne renie pas son attachement pour le réseau des gîtes de France. En Isère, les voyants sont au vert.
Un bel été en hébergement rural

Les Gîtes de France ont le moral. Le leader de l'hébergement en milieu rural affiche un bilan de 1er semestre 2016 rassurant et un taux de réservation estivale en augmentation au niveau national. « Nous sommes satisfaits de ce résultat, dans un contexte de baisse de la fréquentation de la destination France par la clientèle étrangère », reconnaît Anne-Catherine Péchinot, directrice générale de Gîtes de France. Les attentats ont eu une faible répercussion sur l'activité des gîtes car ils drainent une clientèle française à 88%  et que les hébergements sont situés dans des secteurs ruraux à 82%.
Si la durée moyenne des séjours au niveau national a reculé de près de 1% pour s'établir à un peu plus de sept nuits, en revanche, les ventes de nuitées ont progressé (+0,8%) et le prix moyen des séjours a augmenté pour s'établir à 406 euros par semaine pour quatre personnes (+2,4%)
Bruno Bernabé, le directeur des Gîtes de France Isère, partage le même constat. Les taux d'occupation prévisionnels au mois d'août sont bons, voire excellents et flirtent avec les 90%. « Août sera légèrement meilleur en 2016 qu'en 2015. Nous avons encore la possibilité de gagner des réservations sur la deuxième quinzaine », constate le responsable. Cela en dépit du fait que le Tour de France ne s'est pas arrêté en Isère cette année. Le manque à gagner pour l'hébergement touristique rural, plus particulièrement en Oisans, est de 5%. Et l'Euro n'a pas eu d'effet compensateur en Nord-Isère. « Dans les autres départements, la progression s'effectue sur l'augmentation du volume des hébergements offerts. Certains territoires sont encore en extension alors qu'en Isère, le volume offert est stable. En revanche le parc gagne en qualité. Les hébergements vieillissants cessent leur activité et ceux qui arrivent sur le marché sont qualitatifs », explique Bruno Bernabé. Belledonne est le territoire le plus dynamique, suivi de la Chartreuse et du Vercors très densément maillé. Le Nord-Isère est aussi très prisé. Mais, l'Oisans connaît une certains désaffection, privé à la fois de Tour de France et d'accès avec la coupure de la route au niveau du tunnel du Chambon.

Montagne d'été

Autre constat, les habitudes de la clientèle évoluent. Les réservations ont lieu de plus en plus souvent en dernière minute et le niveau d'exigence est plus élevé. Les hébergement trois épis sont les plus recherchés. En Isère, le panier moyen s'établit à 569 euros. Pour répondre à cette demande tardive, le réseau a mis en place un module de vente à la dernière minute permettant d'appeler la centrale en fin d'après-midi pour une réservation dans la soirée. « Avant la fin juin, on ne peut pas prévoir comment sera la saison, » reprend Bruno Bernabé. « Les professionnels rappellent la difficulté de faire des prévisions tant les réservations se font à la dernière minute, souvent à quelques jours du départ », indique d'ailleurs Isère Toursime dans sa denrière lettre de conjoncture, où les hoteliers et les résidences de tourisme faisaient part d'une certaine préoccupation. En revanche, les campings isérois connaissent aussi un début de saison encourageant.

Ces chiffres honorables ne doivent pas faire oublier que l'Isère se cherche toujours une identitié touristique, notamment pour booster l'attractivité de la montagne en été. « L'initiative du vélo à assistance électrique apporte un intérêt supplémentaire en rendant la montagne plus ludique en été », anticipe le directeur des Gîtes de France Isère.

Isabelle Doucet

 

Optevoz

« Trois épis et du cachet »

 
« Nous sommes partis comme ça, sans trop savoir comment la location se passerait. Il y a déjà pas mal de gîtes dans la région. On ne demandait pas non plus à ce que ce soit loué 52 semaines », déclare Solange Villard, qui a ouvert en janvier dernier un gîte trois épis à Optevoz. « On a eu un petit peu peur au démarrage, maintenant c'est loué trois semaines sur quatre », confirme son mari, Alain Villard. Le Nord-Isère draine deux types de clientèle : beaucoup de professionnels employés par les entreprises alentour, dont la centrale nucléaire du Bugey, et des touristes qui visitent Lyon, Crémieu, Pérouge ou les grottes de La Balme. Les nouveaux hébergeurs s'étonnent eux-mêmes de tout ce qu'il y a à découvrir dans les environs. 
Si depuis son ouverture le petit gîte de trois places connaît un taux d'occupation des plus honorables, c'est sans doute parce que le couple ne ménage pas sa peine. « Je tiens à ce que ce soit nickel. Le critère de propreté est déterminant, » affirme Solange Villard. Elle a déjà des retours de la clientèle concernant son gîte : « C'est rare de trouver un tel cachet et une telle propreté m'ont dit des clients qui étaient pourtant des habitués des déplacements. »
Il faut dire que la famille prend un réel plaisir dans son nouveau rôle d'hôte. « Nous avions un appartement dans la cour où ma fille habitait avant de se marier. Nous l'avions restauré, mais nous ne voulions pas le mettre en location en raison de la proximité de la maison. Pour ne pas le laisser vide, nous avons pensé faire un gîte de France. C'est un revenu complémentaire, car mon mari a une retraite agricole qui n'est pas très élevée. Nous n'avons pas eu besoin d'investir. » Passionnée de décoration, Solange a rapidement obtenu l'approbation du technicien des Gîtes de France. Pour une simplicité de gestion, la famille a fait le choix de passer par le service de réservation des gîtes. « C'est une sécurité et il n'y a pas de relation d'argent avec le client. Nous avons simplement à l'accueillir et à être agréables. » Eux-mêmes habitués à fréquenter le réseau des Gîtes de France, ils font confiance au label et apprécient l'image de marque qu'il renvoit.
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