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Session de la Chambre d'agriculture

Un budget 2011 à la baisse

La dernière session de la Chambre d'agriculture pour l'année 2010 a eu lieu vendredi dernier. Au menu, entre autres : la présentation du budget primitif 2011.
Un budget 2011 à la baisse
Le contexte économique est difficile, la majorité des élus l'a martelé vendredi dernier, lors de la session de la Chambre d'agriculture. Baisse des financements de l'Etat et du Conseil général, absorption de l'Adasea, l'année 2011 et les suivantes ne s'annoncent pas simples. « Nous devons mesurer la gravité de la situation », assure Gérard Seigle-Vatte, président la Chambre d'agriculture. Aujourd'hui, l'agriculture vit des heures difficiles, « il n'y a jamais eu autant de gens au RSA (ndlr : revenu de solidarité active). La situation des producteurs de viande bovine est inquiétante. On retrouve ce que l'on a vécu pour le lait et, nous avons de grosses interrogations sur la remontée des cours. La pression de la grande distribution sur les entreprises agroalimentaires est extrêmement forte. Elle est devenue le malheur de l'agriculture » ajoute-t-il. Par ailleurs, lors des discussions, même s'il reconnaît que la question environnementale est importante, « il faut faire attention à ne pas décourager les agriculteurs. Avec le Grenelle 1 et maintenant le 2, il faut lever le pied sur les mesures environnementales, sinon on va crever. C'est d'ailleurs une demande que nous allons faire à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie. Il va falloir trouver un juste équilibre car les agriculteurs ont déjà fait beaucoup d'efforts ».

La Chambre, une entreprise comme les autres ?
Ainsi, dans ses grandes orientations, et en vue de pallier autant que possible les difficultés budgétaires, le renforcement du positionnement de la Chambre et ses missions d'interventions et de consultation sont mises fortement en avant. Notamment par le biais d'un nouveau catalogue de prestations, à proposer aux éleveurs et aux collectivités locales. « Cela sera une partie non négligeable de notre budget. C'est un tournant car nos collaborateurs ne sont peut-être pas habitués à ça. Je le dis clairement, il va falloir avoir une démarche commerciale auprès des agriculteurs pour vendre nos prestations, ou il y aura des dégraissages. J'ai encore deux budgets à présenter et je ne prendrai pas le risque de les laisser déficitaires à ceux qui me succèderont. J'assume. Les années à venir vont être dures ».
Ainsi, le budget primitif 2011 a été construit selon plusieurs hypothèses, notamment celle d'une baisse de la masse salariale à hauteur de 2,5 %. A ce sujet, Pascal Denolly, vice-président de la FDSEA, pense qu'il « est nécessaire de revoir nos lignes d'actions et impacter le nombre de salariés. Comment peut-on tenir avec des perspectives alarmistes et continuer avec la même voilure ? ». Même son de cloche du côté d'Yves Borel, secrétaire au bureau de la Chambre. « S'il faut baisser le nombre de salariés Chambre, on baissera. Aujourd'hui, les salariés de l'Adasea vont intégrer la Chambre. Mais, si demain, nous devons nous séparer d'équivalents temps plein, il faudra bien faire la part des choses entre ceux de la Chambre et ceux de l'Adasea. Il faudra bien se rappeler d'où les gens viennent, à compétences égales ».

Des inquiétudes pour l'économie rurale
Autre raison pour la Chambre d'agriculture de s'inquiéter : la baisse des financements du Conseil général à hauteur de 40 % en deux ans. Christian Nucci, vice-président du Conseil général de l'Isère en charge de l'agriculture, a tenu à clarifier la situation « et il n'est jamais facile de tenir le langage de la vérité. J'aurais aimé dire que nous allons continuer ce que l'on fait depuis 2001, mais je suis solidaire de la décision du Conseil général. Le budget de ce dernier devrait être de 1,2 milliard d'euros. Et, il est délesté de 500 millions d'euros par tout un bloc de grandes compétences imposées par l'Etat telle que l'enfance et la famille, la cohésion sociale ou encore l'autonomie et les collèges ».
Il va même plus loin en ajoutant que « La tentation serait grande de se recentrer sur ces seules compétences obligatoires. C'est ce qui nous guette avec la réforme des collectivités territoriales. Demain, cette façon de penser fait que nous ne pourrons plus intervenir sur l'agriculture. Or, je pense que nous ne pouvons pas laisser de côté l'aménagement du territoire et l'agriculture. L'année 2011 va s'appuyer sur plusieurs temps forts, comme la préservation et la mise en valeur du foncier, ainsi que l'installation. Malgré les difficultés budgétaires, ma porte reste ouverte et je suis prêt à participer à des réunions pour qu'on puisse s'en sortir. Ensemble ».
Lucile Ageron

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Fusion annoncée de l'Adasea et la Chambre d'agriculture

Au cours de la session, a été également évoquée la fusion/absorption de l'Adasea (association départementale pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles de l'Isère) par la Chambre d'agriculture. Une obligation inscrite à l'article 71 de la Loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche du 27 juillet 2010. Cet article mentionne que "les missions de service public sur l'installation et la transmission des exploitations agricoles (...) assurées par les Adasea sont confiées aux Chambres d'agriculture". Toutes les activités de l'Adasea ne relèvent pas d'une mission de service public, mais, en Isère, la Chambre d'agriculture propose quand même de fusionner avec toutes celles de cette association. L'objectif de cette absorption est de continuer les actions de l'Adasea, que ce soit dans le domaine de l'installation-transmission, de l'aménagement du foncier ou de la création d'activité en milieu rural. Ces activités seront structurées dans le pôle installation de la Chambre. Tous les salariés seront également transférés à la Chambre d'agriculture, « nous avons attaché beaucoup d'importance à ce que personne ne soit laissé sur le chemin » a précisé Yves François, président de l'Adasea. « C'est une période économiquement difficile. Je souhaite que nous soyons bons, pas seulement dans le domaine de l'installation. Il faut savoir tourner intelligemment les pages de l'histoire », a de son côté souligné Gérard Seigle-Vatte, président de la Chambre. Sous réserve de l'acceptation de cette évolution lors de l'assemblée générale extraordinaire de l'Adasea du 6 décembre, le transfert du personnel et de ses activités devrait être effectif au 1er janvier 2011. Cette fusion sera ensuite validée définitivement lors de l'assemblée générale de clôture des comptes Adasea et de la prochaine session de la Chambre d'agriculture en avril 2011.
L.A
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