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Isère

Un concours pour juger des qualités agri-écologiques de prairies fleuries

CONCOURS/ Depuis début juin, dans les parcs naturels régionaux de Chartreuse, du Vercors et des Ecrins, s'est tenu le concours agricole des prairies fleuries. Pour la plupart des agriculteurs participants, cela permet de sensibiliser les élus et le grand public sur leur capacité à allier agronomie et écologie.
Un concours pour juger des qualités agri-écologiques de prairies fleuries
C'est en 2010 que le concours national agricole de prairies fleuries a été lancé pour la première fois, à l'occasion du salon international de l'agriculture à Paris. Une initiative renouvelée cette année en Isère, avec les parcs naturels régionaux de Chartreuse (secteur de Saint-Pierre-de-Chartreuse et les Balcons sud), du Vercors (secteur Trièves) et des Ecrins (secteur Valbonnais-Oisans).

Sensibiliser les élus
Le principe est simple : les agriculteurs présentent des parcelles fleuries à un jury local, composé principalement d'experts en agronomie/fourrage, de spécialistes de la faune sauvage, d'agriculteurs ou encore d'apiculteurs. Ce jury juge l'équilibre agricole et écologique de la parcelle, en se fondant sur des critères scientifiques : présence de fleurs facilement reconnaissables, indicatrices d'un bon équilibre agri-écologique. Maëlle Talichet, chargée d'études sur la gestion des surfaces fourragères au Suaci Alpes du Nord (établissement public composé des chambres d'agriculture de Savoie, Haute-Savoie et Isère), a fait partie du jury en Chartreuse. « J'ai été plutôt surprise par la qualité des prairies fleuries. Ce concours m'a permis de découvrir une agriculture différente, qui est une belle opération de sensibilisation pour montrer qu'un équilibre est possible entre l'agriculture et l'écologie », soutient-elle. Et d'ajouter : « Cela permet de montrer que les agriculteurs, dans des zones comme les Balcons sud de la Chartreuse, ont un rôle très important pour garder les milieux ouverts. Sinon, il n'y aurait plus que la forêt ».
Ce que confirme également Christophe Bernard, participant au concours à Quaix-en-Chartreuse. « Nos conditions de travail ne sont pas faciles. Il faut montrer à nos élus locaux que nous sommes là aussi pour entretenir les paysages ».

Connaître la qualité de ses foins
C'est donc surtout pour sensibiliser les élus sur ce point, mais aussi obtenir des informations sur la qualité agronomique de leurs parcelles que la plupart des agriculteurs participent. « Cela me permet de connaître la valeur de mes foins. Le jury a relevé plus de cinquante espèces dans ma parcelle, située au col d'Ornon, explique Pierre Salvi, installé au Gaec du Taillefer, à Chantelouve (Oisans). Au-delà de ça, et du prix que j'ai reçu, cela nous donne l'occasion de parler de notre métier au grand public, et de montrer que nous ne sont pas juste des gens qui polluent, touchent des subventions et consomment de l'eau ! Au contraire, nous savons travailler tout en conservant la biodiversité ». Même son de cloche du côté de Christian Vincendon, éleveur à Proveyzieu (Chartreuse) : « J'ai choisi de participer car je pense que c'est important de donner une bonne image de notre métier. Il faudrait revenir à une agriculture plus proche de la nature, et plutôt que de nous récompenser car nous faisons bien notre travail, il faudrait pénaliser ceux qui travaillent mal et font du tort à la profession ».
Lucile Ageron