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Saint-Geoire-en-Valdaine

Un concours pour « transmettre le virus du métier »

SIMMENTHAL/ Stéphane Tirard et Lucie Eydelon-Montal sont associés au Gaec Les Perrins, à Saint-Geoire-en-Valdaine. Ils présenteront des vaches Simmenthal, lors du concours départemental d'élevage des 20 et 21 août, avec pour objectif principal de faire connaître cette race.
Un concours pour « transmettre le virus du métier »
« Je sais que je veux être éleveur depuis que je suis enfant. Même si mes parents n'étaient pas spécialement d'accord, aujourd'hui ils sont très fiers ». Stéphane Tirard, 35 ans, est éleveur laitier au Gaec les Perrins, à Saint-Geoire-en-Valdaine, depuis 2001. Une exploitation qu'il connaît bien, puisqu'il a été associé pendant plusieurs années avec son oncle et sa tante, propriétaires de la ferme.

Faire connaître la race
A leur retraite, en 2008, il s'est associé avec Lucie Eydelon-Montal, une jeune femme de 35 ans, passionnée également par son métier, et qui l'exerce depuis qu'elle a rencontré son mari. « A l'époque, j'étais étudiante en langues étrangères à la faculté de Grenoble, mais cela ne me convenait pas. Lui était au service de remplacement, et ça a été le déclencheur. Je voulais faire ce métier-là », raconte-t-elle. Cette profession, Lucie Eydelon-Montal l'a découverte, « car, à part mes arrières-grands-parents, personne dans ma famille n'est agriculteur. J'ai donc suivi un BTS production animale en apprentissage. C'est ce qui m'a permis d'apprendre le métier, sur le terrain. Sans ça, je n'y serai pas arrivée ».
Les deux associés s'occupent d'un cheptel de 150 vaches de race Montbéliarde et ont un quota de 530 000 litres de lait, collecté par Sodiaal. « On a également trois Simmenthal. Au début, cette race représentait les deux tiers du troupeau, mais leur nombre a diminué car elles ne donnaient pas naissance à beaucoup de femelles », explique Stéphane Tirard. Pourtant, ce sont ces trois vaches-là qu'ils ont choisi de présenter lors du concours départemental d'élevage, qui aura lieu le samedi 20 et dimanche 21 août, à Saint-Marcellin. La raison ? « Beaucoup de gens ne connaissent pas cette race, qui était très présente dans le canton de Saint-Geoire-en-Valdaine. C'est donc l'occasion de la présenter et de montrer ses qualités », expliquent les associés.
Le virus du métier
Pendant deux jours, Lucie Eydelon-Montal va donc se charger des animaux pendant que Stéphane Tirard s'occupera du reste du cheptel, resté au Gaec. Un concours qui leur tient à coeur, et qui fait partie de leur vision du métier : « Quand j'étais petit, j'adorais voir mon oncle préparer les bêtes pour aller aux comices agricoles. C'est comme ça que j'ai eu le virus et envie de m'occuper des vaches. Aujourd'hui, mes enfants sont enthousiasmés et veulent eux-aussi promener les génisses lors des concours », remarque Stéphane Tirard. Son associée complète : « Le concours est aussi l'occasion d'échanger avec les autres éleveurs et le grand public, c'est important ». Mais, pour eux, ce sera plus une présentation qu'un véritable concours, faute au nombre insuffisant de Simmenthal présentes. « On va les faire défiler dans les allées, alors nous allons les entraîner à marcher. Normalement, cela ne pose pas de problèmes, même si nous ne sommes pas à l'abri de surprises. Il y a deux ans, une des vaches m'avait fait tomber car la musique lui avait fait peur », se souvient Lucie Eydelon-Montal.
Améliorer la production
En attendant le jour J, les deux professionnels continuent de travailler au Gaec pour assurer la production de lait. Des projets, ils n'en ont pour l'instant qu'un : « Continuer à produire du lait, c'est déjà bien », assurent-ils en souriant. Car, pour eux, l'année 2010 a été marquée par de lourds investissements, afin de mettre aux normes l'exploitation et d'agrandir le bâtiment qui datent des années 70. Une démarche nécessaire, qui leur a permis d'augmenter leur production et sa qualité. « Depuis 1969, nous avons multiplié le volume par quatre, alors que nous sommes moins nombreux, précisent-ils. C'est en améliorant le confort, le sanitaire, l'alimentation des animaux, la sélection, que nous avons pu en arriver-là. Et aussi, car les anciens exploitants aimaient déjà avoir de belles bêtes ». Un résultat qu'ils comptent bien poursuivre au fil des années, « car c'est plus facile de le faire maintenant que nous sommes deux jeunes, avec la même vision de la vie ».
Lucile Ageron