Un concours qui hausse le ton
« Nous avons été globalement très agréablement surpris », estime Eric Montaut, somelier et membre du jury du concours des vins de l'Isère, qui jugeait les vins de la catégorie blancs sans IG. « Ce sont des vins originaux où l'on trouve des pépites ». Pour preuve, ce jury a décerné deux coups de cœur, l'un à Luc Métral qui confirme son savoir-faire avec un chardonnay, l'autre à Franck Masson pour sa verdesse.
Les vins IGP Isère rouge, restent sans doute le cœur du réacteur du concours. « Le niveau monte clairement, constate Alain Gatheron, directeur du festival Le Millésime et coorganisateur de la manifestation. On voit aussi certains viticulteurs progresser. Les nouveaux, les anciens : on assiste à des remises en causes et à une vraie recherche de qualité.» Du coup, les jurys sont devenus très exigeants avec les vins de l'Isère, et cette sixième édition du concours, marque sans doute un tournant, avec une vraie recherche de finesse. « Des vins bons à excellents, confirme Eric Esnault, caviste à Grenoble et également partenaire du concours. Les 2015 présentent un superbe équilibre entre la matière et l'acidité. »
Promouvoir la région
Deux fois primé, Damien Robelet, du Domaine des Serines d'Or, ne boude pas son plaisir. Ce producteur de Seyssuel cultive 3,3 hectares sur le coteau. Dans cette partie septentrionale de la vallée du Rhône, les vins sont cultivés et élevés selon les mêmes critères que l'AOP côtes-du-rhône. Il n'y a pas plus de 9 000 pieds à l'hectare et les rendements ne dépassent pas 40 hl/ha. « Il y a un côté salin et minéral avec des notes plus aériennes, plus fraîches et plus légéres » que sur la rive droite, indique le vigneron. Il fait partie des 18 domaines (dont 14 en production) qui se sont implantés depuis les années 2000 sur cette rive du Rhône. Six d'entre eux avaient proposé des échantillons au concours, remportant toujours un beau succès. « C'est important pour le secteur et la promotion de la région », insiste Damien Robelet.
Vieux cépages
Pour sa première édition en tant que président du syndicat des vins de l'Isère, Wilfrid Debroize, espère que ce concours saura encore évoluer. Cette année, il y avait 51 échantillons et 20 vignerons en lice, de quoi inscrire ce concours officiel dans une dynamique positive. D'autant que la chambre d'agriculture s'est engagée à soutenir la filière viticole pour trois ans. Mais le président du syndicat voit plus loin. « Seuls les cépages courants ont été primés. Nous devons encore travailler sur la spécificité des nos vieux cépages. C'est aussi une question d'éducation gustative.» Wilfrid Debroize rappelle que « ces vieux cépages sont partout dans la région et dans l'ensemble des terroirs de l'Isère. Nous devons nous démarquer en faisant des vins nouveaux avec de vieux cépages. » De ces cépages rustiques, il souhaite « aller checher la quintescence du fruit plutôt que de gommer les arômes ou désacidifier les vins.» La voie est donc ouverte pour découvrir « ces nouvelles complexités aromatiques ».
Isabelle Doucet