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Technique

Un débardage remar-câble

Le câble-mât est possible en Isère, c'est ce qu'a voulu montrer le département de l'Isère lors d'une démonstration le 5 septembre dans la forêt des Écouges.
Un débardage remar-câble

Moins utilisé en France que dans ses pays voisins, le débardage par câble-mât est tout de même possible. Un groupe en a eu le cœur net lors d'une démonstration de l'entreprise Ferbois dans la forêt des Écouges, organisée le 5 septembre par le Département de l'Isère.

Exemplaire

« le Département mène une politique en faveur des espaces naturels sensibles (ENS) traduisant une volonté de préserver et valoriser le patrimoine naturel remarquable de l'Isère » indique-t-on du côté du conseil départemental. C'est de cette politique que vient la volonté de mettre en place des modalités d'exploitation exemplaires. Le débardage par câble est installé dans des zones complexes, dans lesquelles il n'est pas possible de mettre en place des routes forestières. Mais aussi dans des zones sensibles, où un débardage par tracteur serait néfaste pour la biodiversité. « Ce type de débardage permet de valoriser la forêt en effectuant de la sylviculture tout en préservant l'environnement », indique Axelle Riaille chargé de projet bois présente lors de la démonstration. C'est grâce à des chantiers qui se veulent plus exemplaires que le débardage par câble est possible.

Haubans

Étienne Sellier, débardeur par câble depuis 6 ans et patron de Ferbois, décrit le fonctionnement du débardage par câble-mât. « C'est plus flexible qu'un débardage par câble long, on a besoin d'une petite équipe pour le mettre en place. Pour un chantier comme celui des Ecouges, on s'installe en un jour. Ça varie entre une demi-journée et trois jours selon les exploitations ». La mise en place commence par la recherche de l'arbre qui servira d'accroche au câble en amont. Une fois trouvé, on le consolide à l'aide de haubans pour éviter que le poids ne couche l'arbre. En aval, de l'autre côté, il y a un tracteur avec un mât où est accroché l'autre bout du câble. Le tracteur permet de contrôler la nacelle accrochée au câble qui effectue le débardage. Le montage peut aussi s'effectuer dans l'autre sens si la route est placée en amont du site d'exploitation. « Nous avons 300 mètres de ligne sur ce chantier, on peut monter jusqu'à 500 mètres, ça dépend du type d'exploitation », ajoute Etienne Sellier. Ce type de montage permet de débarder des arbres qui sont jusqu'à 40 mètres sur les côtés. Dans des coupes rases, ces distances peuvent atteindre plus de 80 mètres.

Dans la forêt des Ecouges, 200 mètres cube de sapin et d'épicéa seront récoltés. L'entreprise sort, par jour, entre 20 et 30 mètres cube. Dans des sentiers plus faciles, cela peut monter jusqu'à 100 mètres cube par jour. Ce sont cependant des exploitations lourdes au niveau financier. Le cours du bois assez bas ces temps-ci, fait que les propriétaires de forêt annulent de plus en plus de chantiers, ou optent pour un débardage plus facile par tracteur (qui représentent 98% des débardages).

La France compte 12 entreprises de débardage par câble, en Suisse il y en a 200. Preuve que cette méthode de fonctionnement n'est pas encore démocratisée dans notre pays. Sans l'aide de financements publics c'est une méthode qui a du mal à trouver un équilibre économique, où le prix de la coupe ajoutée à celui du débardage revienent plus cher que le prix du bois sortie.

 

Gaëtan Loiseau