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Chartreuse

Un espace de création

L'assemblée générale de l'Association des agriculteurs de Chartreuse a mis en avant les nombreux projets collectifs portés par la monde agricole.
Un espace de création

L'association des agriculteurs de Chartreuse a de nombreux défis à relever. « La dynamique de notre collectif reste fragile », a mis en garde son président, Sylvain Francillon, lors de l'assemblée générale, qui s'est déroulée le 28 février dernier aux Echelles (73). Lui-même est désireux de passer la main. « Comment retrouver l'équilibre dans nos fermes ? Comment accompagner les repreneurs dans des projets de transmission d'exploitation viables économiquement et vivables socialement ? », « Quel avenir pour la filière lait ?  », il y a matière à réflexion pour ceux qui portent « la voix de l'agriculture de Chartreuse ».

Face au risque de démobilisation, Dominique Escarron, le président du parc naturel régional, a inivité le monde agricole, à présenter des projets. « Toutes les bonnes volontés sont là pour vous accompagner », a-t-il déclaré en rappelant les secteurs dans lesquels l'AAC intervient : formation, investissement, accompagnement, projets de développement. L'association bénéficie aussi de l'appui des deux chambres d'agriculture de l'Isère et de la Savoie.

Projets collectifs

Ainsi, les formations Obsalim, organisées avec l'Adabio depuis 2017, ont conquis d'abord les éleveurs de petits ruminants puis les éleveurs bovins. Elles portent sur la conduite de l'alimentation du troupeau et le changement des pratiques. « Les vaches sont en meilleure santé et produisent plus de lait, observe Mathieu Boursier, éleveur laitier. Cela aboutit souvent à faire des économies ». Ces formations favorisent aussi la dynamique au sein du groupe d'éleveurs.

Un autre groupe récemment constitué, est celui de la miellerie collective de Saint-Laurent-du-Pont. « Nous sommes trois exploitants. Elle est ouverte uniquement aux professionnels et nous permet d'avoir du matériel en commun et de baisser nos frais d'extraction », explique Hervé Tavernier, un des trois apiculteurs. Les équipements donnent la possibilité d'extraire trois tonnes par jour et de stocker la marchandise. Un quatrième apiculteur sera accueilli au printemps. « Nous avons la possibilité de sortir 45 tonnes de miel par an. c'est rare un projet comme ça en France », souligne l'apiculteur. Le projet a bénéficié de l'appui de la communauté de communes et du ministère de l'Environnement.

Sur cette lancée, un projet d'atelier collectif de transformation est en gestation à Saint-Pierre-d'Entremont Savoie. Six agriculteurs, avec des productions très différentes, ainsi que l'association Plateaux des fermes, constituent le premier cercle d'intéressés. Mais l'étude de faisabilité montre que, pour que le projet soit viable, le groupe est un peu limité. Une réunion d'information a été programmée le 11 avril.

Une nouvelle association

Les agriculteurs de Chartreuse ont le sens du collectif et le prouvent encore avec la création de la Sica d'alpage de Chartreuse. Cette société d'intérêt collectif agricole permet aux éleveurs qui utilisent les zones pastorales ou les alpages en individuels de bénéficier des financements du plan pastoral territorial. Ces aides sont attribuées à des projets individuels ou collectifs en faveur du maintien de l'activité pastorale. Elles couvrent jusqu'à 70% des dépenses qui peuvent être de nature très différentes comme la mobilisation de la ressource en eau, du matériel de contention ou des actions de prévention de la prédation.

Et, si la Chartreuse innove, c'est aussi dans ses réseaux, avec la création de l'association de JA de Chartreuse. Ils sont aujourd'hui 17 adhérents et, pour sceller ce nouveau départ, ont accueilli le 15 mars dernier, l'assemblée générale des JA à Saint-Joseph-de-Rivière. Brigitte Bienassis, vice-présidente du parc à l'agriculture, a fait remarquer le côté syndical de cette organisation, espérant que d'autres structures aient aussi un représentant. « Que les jeunes agriculteurs se rencontrent et passent du temps ensemble, apprennent à travailler ensemble sur le terrain, c'est important, a rétorqué Sylvain Francillon. Une nouvelle association qui sort du milieu agricole, ce n'est pas si souvent ! »

L'assemblée générale a également permis aux organisateurs du salon Territoire de Chartreuse d'inviter les agriculteurs à se joindre à l'événement qui se déroulera du 23 au 25 mai à Saint-Laurent-du-Pont.

Isabelle Doucet
Salariat/AgriEmploi et les services de remplacement permettent aux exploitants de résoudre leurs problèmes de main-d'œuvre.

Alléger les démarches administratives

Des emplois durables (en CDI) et partagés (entre plusieurs exploitations), c'est le service que proposent les structures AgriEmploi d'Isère et de Savoie. « Les besoins ne peuvent qu'augmenter, la difficulté est celle de trouver des salariés », a exposé François Mogenet, lors de l'assemblée générale de l'AAC. « Le groupement d'employeur permet d'alléger toutes les démarches administratives des exploitants », a insisté Elise Embs, responsable d'AgriEmploi 38. Le service est l'employeur de CDI ou de contrats saisonniers. L'exploitant n'a qu'à fournir un relevé d'heures. Le taux horaire de base est celui du Smic, soit 10,03 euros et peut grimper à 10,27 euros. Le surcoût horaire de ce service est de 12,5%. « Ce sont des salaires qui ne font pas rêver et ceux qui ont des projets d'installation veulent le faire rapidement », commente François Mogenet. Pour autant, parmi les agriculteurs présents, certains indiquent que c'est plus que ce qu'ils gagnent...
AgriEmploi Isère emploie 30 equivalents temps plein (18 CDI et 141 CDD). En Savoie, ce sont 46 EQT, avec seulement deux CDI, la main-d'œuvre saisonnière étant très importante.
Les emplois partagés ne sont pas à confondre avec le Service de remplacement, auquel les exploitants font appel pour leurs congés, maladies, formation. Depuis un an et demi, celui du Granier emploie quatre salariés en CDI.  « Pour conserver un salarié, cela passe par le salaire, mais aussi par les conditions d'emploi, par exemple ne pas le faire travailler tous les dimanches », commente Odile Fournet, de la Fédération des Services de remplacement de Savoie. Elle rappelle qu'une carotte fiscale incite les exploitants à prendre des congés : 14 jours par an par agriculteur et par membre de Gaec. 
ID