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Stages à l'étranger

Un gage d'ouverture sur le monde

Depuis l'an dernier, les élèves de bac pro Services en milieu rural de la maison familiale et rurale de Vignieu, dans le Nord-Isère, passent trois de leurs quarante semaines de stages dans des entreprises maltaises afin de perfectionner leur anglais et, surtout, de découvrir un autre pays et d'autres façons de travailler.
Un gage d'ouverture sur le monde
Pour la deuxième fois en deux ans, la maison familiale et rurale (MFR) de Chapeau Cornu, à Vignieu, en Isère, a envoyé des élèves de la classe de terminale du bac pro Services en milieu rural en stage à Malte pendant trois semaines au mois de janvier. Mais la formatrice qui chapeaute le projet, Fabienne Champy, planche dessus depuis près de trois ans. « Avec la dizaine d'autres MFR de l'agriculture qui proposent de tels stages, nous déposons un dossier commun auprès du programme européen Leonardo da Vinci, de mobilité de l'enseignement et de la formation professionnelle, au début de l'année qui précède le stage à l'étranger. Nous commençons donc à y travailler avec les élèves dès leur rentrée en classe de première. Pour financer ce projet d'environ 30 000 euros, nous recevons également le soutien de la Région Rhône-Alpes par le biais de la bourse Explo'RA, allouée à chaque jeune Rhônalpin partant en stage pendant trois semaines dans un pays de l'Union européenne. En complément de ces 50 % de subventions, les familles de nos élèves participent aussi, à hauteur de 25 % environ. Mais cela ne suffit pas. Le groupe doit donc se responsabiliser et organiser un certain nombre d'actions (vente de pâtisseries, lavage de voitures, organisation d'un repas dansant...) qui permettent de boucler le budget. Des maîtres de stage comme le syndicat intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères de la région de Morestel ou l'association berjallienne A deux et plus Entreprendre ont également récompensé le travail effectué à cette occasion ».
Un travail de longue haleine
Le travail de recherche de maîtres de stage est également colossal : il y a trois ans, la MFR de Chapeau Cornu n'avait aucun contact à Malte. Heureusement, « les Maltais fonctionnent bien par mail et se montrent réactifs », témoigne Fabienne Champy, qui a épluché l'annuaire professionnel de l'île pour faire découvrir à ses élèves « cette terre stratégique de la Méditerranée. L'île a subi des invasions successives, recèle de nombreux vestiges culturels, religieux ou même préhistoriques, et l'anglais est l'une de ses deux langues officielles (avec le maltais), depuis que les Britanniques l'ont sauvée de Napoléon Ier, en 1800 », détaille l'enseignante.
Pour elle, l'intérêt de faire partir les élèves en stage plutôt qu'en voyage d'étude est de « les confronter à d'autres pratiques professionnelles », dans des domaines aussi variés que le tourisme, l'éducation, la santé ou la dépendance, où les différences culturelles peuvent être importantes. « Des élèves sont parfois choquées de constater que la toilette des résidents est souvent plus sommaire dans les maisons de retraite maltaises que françaises, illustre Fabienne Champy. Ces stages couplés à un hébergement en familles d'accueil contribuent à leur ouverture sur le monde et les obligent à se prendre en charge ».
Ouverture sur le monde
L'objectif a été atteint avec Laëtitia Contassot, l'une des vingt bénéficiaires du stage de cette année. Autonome du fait de sa maîtrise de la langue anglaise, qu'elle a « toujours aimé », la jeune fille a mis à profit son séjour à Malte pour approfondir ses compétences linguistiques. Bien qu'elle ait déjà effectué un stage en hôtellerie en France, elle n'a pas effectué les mêmes tâches à l'étranger. Mais elle a surtout occupé tous ses moments libres à arpenter l'île de long en large. « Il n'était pas question de rester plantée au même endroit toute l'après-midi alors que je n'avais jamais mis les pieds à Malte avant ». Et ce n'est pas le chamboulement de quelques habitudes, alimentaires notamment, qui allaient l'arrêter en si bon chemin !
Malgré le succès de ces stages, qui ont concerné deux fois plus d'élèves cette année que l'an dernier, l'opération ne sera pas reconduite en 2011-2012, année au cours de laquelle la MFR doit faire face au passage en trois ans du brevet d'études professionnelles agricoles (Bepa) Services aux personnes et du bac pro Services en milieu rural, contre quatre aujourd'hui. « Une première classe de seconde, niveau nouvellement créé, va faire sa rentrée en septembre, tandis que la première année de Bepa disparaîtra, mais pas la deuxième, détaille Fabienne Champy. L'année de transition sera chargée ». L'enseignante explique également cette pause par l'évolution prévisible de la formation, en lien avec les mutations du secteur des services aux personnes. Mais le lancement de stages à l'étranger ayant été impulsé par la direction de la MFR, l'initiative devrait toutefois connaître une suite.
Cécile Fandos