Bois énergie
Un granulé bois nouvelle génération pour valoriser la forêt locale
Avec près d'un demi-siècle d'expérience dans la granulation, l'entreprise Deshydrome amorce un nouveau virage avec la production de granulés forestiers, mêlant sciures de résineux et de feuillus.
Ils ont été les pionniers, en France, dans la fabrication de pellets, ces granulés de bois calibrés et compressés à partir de la sciure et destinés au chauffage. En 2006, Jérémy Ageron crée la société Natural Energie. Directeur commercial de Deshydrome au Grand-Serre (Nord-Drôme) - entreprise familiale de négoce de bois et de fourrage installée en 1962 par son grand-père Léon - ce jeune responsable a voulu donner de l'essor à la société en se lançant sur le secteur porteur des énergies renouvelables, par le biais des granulés de bois. Une activité qui s'inscrit dans la continuité de l'affaire familiale : son grand-père ayant installé dès 1962 sa première presse à granulés pour la production d'aliment du bétail. En 2008, la coopérative La Dauphinoise entre au capital de Deshydrome, ce qui permet à cette petite entreprise familiale de trouver les moyens financiers d'assurer cette activité. « En 2008, Natural énergie est devenue une marque de Deshydrome. Et, aujourd'hui, elle est une des premières marques françaises de granulés », commente Jérémy Ageron. Dernière innovation en date : l'entreprise s'est associée avec l'usine de fabrication de pellets de bois à Arlanc au sein d'une seule entité, NEeco. « Le but étant de prendre des parts de marché sur un secteur à forte croissance. Entre 2008 et 2009, la production nationale est passée de 208 000 tonnes à 345 000 tonnes », argumente le directeur commercial.
Les granulés, une nouvelle source d'énergie
Face à l'augmentation du coût des énergies fossiles et à leur future raréfaction, d'autres sources d'énergies tels que les granulés font leur apparition. Ces derniers ont commencé à être utilisé dans les années 1970 en Amérique du Nord et en Europe du Nord. Ressemblant à un bâtonnet cylindrique, il peut mesurer de 10 à 30 millimètres de longueur et entre 6, 8, 10 ou 12 millimètres de diamètre. Obtenu après déshydratation et compression de farine de bois issue de broyage de déchets de l'industrie du bois ou de la sylviculture, ce combustible est souvent composé à 100 % de sciures de résineux. La raison ? « A l'origine, ce sont les pays nordiques, où se trouvent principalement ce type d'arbres, qui se sont lancés dans la fabrication de granulés. Ils ont donc conçu les chaudières en fonction de cela. En France, on utilise plutôt des feuillus. Le granulé premium est une nouvelle possibilité de valorisation des résineux », raconte Jérémy Ageron. Seul problème : la demande en résineux est de plus en plus forte, l'offre se raréfie, « et ici, nous sommes obligés d'aller chercher cette matière première à 100 km car dans la région, nous avons principalement des feuillus », ajoute-t-il.
C'est comme ça que Deshydrome se lance dans la fabrication d'un granulé nouvelle génération, mêlant feuillus et résineux. Une activité qui permet à l'entreprise de valoriser le bois du massif de Chambaran et du Nord de la Drôme. « Le bois local coûte moins cher et d'un point de vue environnemental, cela nous permet de limiter nos déplacements. Ces granulés forestiers - différents donc des granulés dits premiums à base de résineux - sont adaptés aux chaudières de grosse et moyenne puissance, de type chaudières à plaquettes. Dans les machines "classiques", il y a un fort risque de mâchefer car le taux de cendres est plus important », explique le jeune entrepreneur drômois. Avec un diamètre identique aux autres pellets, ils ont aussi un pouvoir calorifique élevé et le combustible est très sec. « Et ils ont l'avantage d'être, en moyenne, 10 % moins cher que les granulés premium, et ce prix - même s'il est susceptible d'augmenter - restera beaucoup plus faible que celui du fioul, complète Jérémy Ageron. C'est vrai, par contre, qu'ils restent plus chers que les plaquettes mais le coût d'installation demeure moins cher. Il n'y a pas besoin d'avoir un grand espace de stockage, car la densité énergétique des granulés est élevée. En plus, le granulé est le seul produit biomasse qui entre dans les critères européens. Ce sont les plus performants concernant les rejets atmosphériques. Souvent, pour les plaquettes, on a besoin d'installer un filtre à particules alors que ce n'est pas nécessaire pour les granulés », argumente-t-il.
Le granulé forestier, peu connu encore
Optimiste pour l'avenir de son produit, il regrette une seule chose : que les granulés forestiers ne soient pas encore assez connus. « Il manque des clients car il n'y a pas assez de chaudières pour brûler ce type de pellets. L'idéal est d'avoir un foyer à grille et on trouve cela sur les grosses chaudières, comme celles installées pour les collectivités ou les grosses propriétés. Lorsque les collectivités ou les communes font faire des devis pour étudier quelle énergie privilégier, le granulé forestier n'est pas, ou peu, pris en compte. Résultat, certains peuvent trouver ça cher et se tourner vers le fioul », précise Jérémy Ageron. Aujourd'hui, l'entreprise drômoise vient de décrocher un marché important : celui de Lyon Confluence avec un lot de six immeubles (soit 300 logements) à chauffer grâce aux granulés forestiers. Quant à l'évaluation de la réussite du produit, le responsable commercial doit
encore patienter : « On a dû régler les deux chaudières de 500 kg, ce qui correspond à un mégawatt de puissance, car elles n'étaient pas forcément adaptées. Maintenant, on attend car cela fait juste trois mois que nous les livrons ».
Lucile Ageron
Les granulés, une nouvelle source d'énergie
Face à l'augmentation du coût des énergies fossiles et à leur future raréfaction, d'autres sources d'énergies tels que les granulés font leur apparition. Ces derniers ont commencé à être utilisé dans les années 1970 en Amérique du Nord et en Europe du Nord. Ressemblant à un bâtonnet cylindrique, il peut mesurer de 10 à 30 millimètres de longueur et entre 6, 8, 10 ou 12 millimètres de diamètre. Obtenu après déshydratation et compression de farine de bois issue de broyage de déchets de l'industrie du bois ou de la sylviculture, ce combustible est souvent composé à 100 % de sciures de résineux. La raison ? « A l'origine, ce sont les pays nordiques, où se trouvent principalement ce type d'arbres, qui se sont lancés dans la fabrication de granulés. Ils ont donc conçu les chaudières en fonction de cela. En France, on utilise plutôt des feuillus. Le granulé premium est une nouvelle possibilité de valorisation des résineux », raconte Jérémy Ageron. Seul problème : la demande en résineux est de plus en plus forte, l'offre se raréfie, « et ici, nous sommes obligés d'aller chercher cette matière première à 100 km car dans la région, nous avons principalement des feuillus », ajoute-t-il.
C'est comme ça que Deshydrome se lance dans la fabrication d'un granulé nouvelle génération, mêlant feuillus et résineux. Une activité qui permet à l'entreprise de valoriser le bois du massif de Chambaran et du Nord de la Drôme. « Le bois local coûte moins cher et d'un point de vue environnemental, cela nous permet de limiter nos déplacements. Ces granulés forestiers - différents donc des granulés dits premiums à base de résineux - sont adaptés aux chaudières de grosse et moyenne puissance, de type chaudières à plaquettes. Dans les machines "classiques", il y a un fort risque de mâchefer car le taux de cendres est plus important », explique le jeune entrepreneur drômois. Avec un diamètre identique aux autres pellets, ils ont aussi un pouvoir calorifique élevé et le combustible est très sec. « Et ils ont l'avantage d'être, en moyenne, 10 % moins cher que les granulés premium, et ce prix - même s'il est susceptible d'augmenter - restera beaucoup plus faible que celui du fioul, complète Jérémy Ageron. C'est vrai, par contre, qu'ils restent plus chers que les plaquettes mais le coût d'installation demeure moins cher. Il n'y a pas besoin d'avoir un grand espace de stockage, car la densité énergétique des granulés est élevée. En plus, le granulé est le seul produit biomasse qui entre dans les critères européens. Ce sont les plus performants concernant les rejets atmosphériques. Souvent, pour les plaquettes, on a besoin d'installer un filtre à particules alors que ce n'est pas nécessaire pour les granulés », argumente-t-il.
Le granulé forestier, peu connu encore
Optimiste pour l'avenir de son produit, il regrette une seule chose : que les granulés forestiers ne soient pas encore assez connus. « Il manque des clients car il n'y a pas assez de chaudières pour brûler ce type de pellets. L'idéal est d'avoir un foyer à grille et on trouve cela sur les grosses chaudières, comme celles installées pour les collectivités ou les grosses propriétés. Lorsque les collectivités ou les communes font faire des devis pour étudier quelle énergie privilégier, le granulé forestier n'est pas, ou peu, pris en compte. Résultat, certains peuvent trouver ça cher et se tourner vers le fioul », précise Jérémy Ageron. Aujourd'hui, l'entreprise drômoise vient de décrocher un marché important : celui de Lyon Confluence avec un lot de six immeubles (soit 300 logements) à chauffer grâce aux granulés forestiers. Quant à l'évaluation de la réussite du produit, le responsable commercial doit
encore patienter : « On a dû régler les deux chaudières de 500 kg, ce qui correspond à un mégawatt de puissance, car elles n'étaient pas forcément adaptées. Maintenant, on attend car cela fait juste trois mois que nous les livrons ».