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Conjoncture

Un moral plombé

La remise des prix aux lauréats de la finale de labour a permis aux responsables professionnels de rappeler la responsabilité du consommateur par ses actes d'achat.
Un moral plombé

Compte tenu de la conjoncture, il ne souhaitait pas vraiment se lancer dans l'organisation d'une finale de labour. Fabien Ageron, président cantonal des Jeunes agriculteurs a exprimé le désarroi de la profession et des jeunes en particuliers, samedi lors de la remise des prix de cette finale départementale. Mais au final, la journée a été un succès, car malgré l'ambiance économique extrêmement tendue pour de très nombreuses exploitations, les jeunes agriculteurs locaux ont su relever le gant et ont démontré leur savoir-faire. Une réussite d'ailleurs souligné autant par le président de la chambre d'agriculture, Jean-Claude Darlet, le local de l'étape puisque installé à Saint-Bonnet de-Chavagne, comme Pascal Denolly, président de la FDSEA, qui a remarqué la particulière affluence lors de la journée.

Achats responsables

Si les discours au moment de la remise des prix aux lauréats ont été assez brefs, ils n'ont pas éludé la crise agricole. « Si le consommateur a des produits de qualité dans son assiette, c'est parce qu'il y a en amont des agriculteurs, tient à souligner Jean-Claude Darlet à l'intention du public de consommateurs présents devant la tribune. Mais ces produits ne sont pas rémunérés à leur juste valeur. » Et il rappelle la nécessité « de respecter le producteur qui se lève le matin pour travailler pour ne rien gagner dans la journée. » Car les consommateurs, s'ils ne sont pas les premiers fautifs dans cette crise, détiennent quand même une responsabilité qu'ils ne doivent pas oublier. « Un jeune agriculteur porte un projet de poulets fermiers localement, apprend-il à l'auditoire. Il y a eu aussitôt une association de défense locale qui s'est dressé contre. Ses promoteurs se rendent-ils compte que demain, à force, ils finiront par manger du poulet brésilien alors qu'ils pleureront en même temps la disparition de la production locale ? » Des contradictions que la société devra résoudre. Sur la lancée, le président de la chambre d'agriculture pose la question du choix du loup ou de l'élevage dans les montagnes...

Coefficient

Complémentaire, Pascal Denolly insiste sur la fermeture inéluctable des exploitations les unes après les autres si les rémunérations aussi basses perdurent. Il prône la mise en place de coefficient intégrant la rémunération des producteurs dans la détermination des prix de vente des denrées alimentaires. La députée Bonneton, présente lors de cette cérémonie, était directement visée en tant qu'élu national. Celle-ci a rappelé ses propositions lors des récents débats parlementaires autour de la loi Sapin : « j'ai proposé un coefficient multiplicateur, il existe pour les fruits et légumes en cas de crise. Mais il n'a jamais été activé. Il faudrait mettre en place un système analogue et plus systématique. Mais il faut une majorité et mes collègues députés ne m'ont pas suivi ». La députée ne perd pas espoir car un nouveau round aura lieu cet automne autour d'un deuxième débat parlementaire sur la loi Sapin.

 

Jean-Marc Emprin