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Un nouveau profil d’agriculteurs se dessine

INSTALLATION / Davantage féminisées, mieux formées et souvent à la tête d’exploitations de plus petite taille : les installations agricoles réalisées depuis 2010 participent à transformer progressivement le paysage agricole régional. C’est ce que révèlent les données du recensement agricole 2020, présentées lors d’une journée consacrée à l’installation organisée par Jeunes agriculteurs de la Loire, le 6 mars.

Par L.R.
Un nouveau profil d’agriculteurs se dessine
La journée du 6 mars dédiée à l'installation régionale a été organisée de concert par Jeunes agriculteurs de la Loire et Jeunes agriculteurs Auvergne Rhône-Alpes.

Si les installations agricoles restent très diverses selon les territoires et les productions, plusieurs tendances se dégagent chez les agriculteurs installés après 2010 en Auvergne-Rhône-Alpes. La première concerne la place des femmes : 20 % des exploitations installées après 2010 sont aujourd’hui dirigées par des femmes, signe d’une féminisation progressive du métier. Autre évolution notable : le niveau de formation des nouveaux exploitants. Dans la Loire, 71 % des agriculteurs installés disposent au minimum du baccalauréat et 39 % possèdent un diplôme supérieur, contre 42 % et 17 % chez ceux installés avant 2010.

Des compétences élargies

Une progression qui reflète la transformation du métier. Gestion économique, adaptation aux marchés, diversification des activités ou transition agroécologique : les compétences nécessaires pour piloter une exploitation se sont considérablement élargies. « Il est compliqué de tirer un profil type des installations dans notre région », observe Jocelyn Dubost, président de Jeunes agriculteurs d’Auvergne-Rhône-Alpes. « On s’installe aussi bien en élevage qu’en végétal, en plaine comme en zone de montagne. » Dans ce contexte, la formation apparaît comme un levier essentiel pour accompagner les jeunes agriculteurs dans la durée. « L’idée n’est pas de les lâcher dans la nature, mais de continuer à les accompagner dans leur rôle de chef d’exploitation », insiste-t-il. Les nouveaux installés se distinguent également par leurs stratégies de commercialisation. La vente en circuit court concerne 30 % des exploitations, tandis que 13 % sont engagées en agriculture biologique. Ces orientations traduisent l’importance croissante de la diversification des débouchés et de la recherche de valeur ajoutée, notamment dans les exploitations de taille plus modeste.

Le salariat agricole en constante augmentation

Malgré ces dynamiques, le renouvellement des générations reste un défi pour l’agriculture régionale. En 2020, 41 % des exploitants avaient 55 ans ou plus, pour un âge moyen de 51,3 ans. Les agriculteurs installés plus récemment contribuent toutefois à rajeunir la profession. Leur âge moyen au moment de l’installation s’établit à 41,2 ans, souvent à la tête de micro ou petites exploitations. Autre évolution marquante : la place croissante du travail salarié dans les exploitations agricoles. En 2020, 17 % du volume total de travail agricole était assuré par des salariés permanents. En incluant les saisonniers et les prestations de service, le travail non familial représente désormais 29 % du volume total de travail agricole, soit près d’un tiers de la main-d’œuvre. Au fil des années, les installations réalisées en Auvergne-Rhône-Alpes dessinent ainsi un paysage agricole en mutation : des profils plus diplômés, des parcours plus variés et des exploitations souvent de taille plus réduite. Une évolution qui s’inscrit dans un contexte où le renouvellement des générations demeure un enjeu central pour l’avenir de l’agriculture régionale.

L.R.

722 DJA attribuées en 2025

L’INFO EN +

La journée organisée par Jeunes agriculteurs a également été l’occasion de faire le point sur les dotations jeunes agriculteurs (DJA) attribuées en 2025 dans la région. Au total, 722 dossiers ont été accordés, pour un montant global de 29,97 millions d’euros, soit une aide moyenne de 41 512 € par installation. La moitié des bénéficiaires se sont installés dans les filières bovin viande et bovin lait, confirmant le poids de l’élevage dans les installations accompagnées par ce dispositif.