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Irrigation

Un nouveau réseau pour l’Asa d’Izeron

La nouvelle station de pompage d’Izeron irrigue dorénavant 350 hectares de cultures.

Un nouveau réseau pour l’Asa d’Izeron

Le réseau d'irrigation de l'Association syndicale autorisée d'irrigation (Asa) d'Izeron-Saint-Pierre-de-Chérennes s'agrandit. Il passe de 240 hectares irrigués à 350 hectares. Le projet était dans les tuyaux depuis cinq ans. « On devait agrandir car des personnes ont souhaité adhérer à l'Asa et le système était vieillissant », explique Jean Bith, président de l'Asa, à l'inauguration de la nouvelle station de pompage à Izeron, samedi 7 juillet. Pour les 24 agriculteurs et les 70 propriétaires adhérents, la nouvelle installation est une sécurité. « L'ancien système surchauffait et il y avait des risques de casse sur les pompes », explique Stéphane Ferrin, nuciculteur adhérent de l'Asa. Elle a été créée en 2007, pour éviter les conséquences d'une sécheresse comparable à celle de 2003. « Les parcelles étaient proches de l'état de friche durant la canicule », rappelle le président de l'Asa. « L'irrigation a permis une meilleure pousse des noyers et la conservation du capital végétal sur Izeron », confirme le nuciculteur. Pour Daniel Eymard, membre de l'Asa, l'irrigation a permis une stabilisation de la production.

Financer le projet

Avec un chantier qui s'élève à 1, 75 million d'euros, il fallait pouvoir le financer. « Le premier projet, en 2007, a été en partie financé par les anciennes équipes politiques. Je remercie les nouvelles équipes de soutenir de nouveau l'irrigation », précise Jean Bith. La Région apporte un soutien de 280 000 euros et les fonds européens, 560 000 euros. « C'est un projet collaboratif qui fait appel à beaucoup d'entreprises du territoire et qui préserve un des emblèmes de l'agriculture régionale : l'AOP noix de Grenoble », justifie Yannick Neuder, vice-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Le Département a également investi 280 000 euros. « L'ambition du Département est d'agrandir les zones irriguées », explique Jean-Pierre Barbier, son président.
Pour le reste, c'est l'Asa qui finance. « L'irrigation n'est pas chère, en comparaison de la perte d'un hectare de noyers due à la sécheresse », confirme Stéphane Ferrin. Bruno Neyroud, président du comité du saint-marcellin va dans le même sens : « Il faut protéger un produit, une zone géographique ». Mais, encore une fois, la communication est de mise. Pour Lionel Beffre, préfet de l'Isère, il faut démontrer la légitimité des prélèvements en utilisant la pédagogie de l'exemple et du résultat positif.

Protéger la ressource

Si le projet marche bien, c'est parce que l'Asa pompe dans l'Isère, considérée comme une ressource abondante. « C'est une chance d'avoir l'Isère qui passe à côté. Nous pensons aux collègues pour qui l'Isère est bien loin », confirme Jean Bith. « Il faut aller vers une société qui prend conscience de la fragilité de notre planète et de l'eau de l'Isère », confirme Elodie Jacquier-Laforge, députée de la 9e circonscription. La préservation des cours d'eau se poursuit d'ailleurs avec la mise en place de l'organisme unique de gestion collective, à savoir la chambre d'agriculture. « Les Asa devront déclarer un volume en fonction de sa surface et on va répartir les volumes du bassin en fonction des besoins. Chaque organisation aura l'obligation de respecter le volume attribué », rappelle Franck Doucet, président de l'association des irrigants de l'Isère.
Le fonctionnement d'une telle toile d'araignée souterraine tient surtout à l'organisation. « Même si la gestion des Asa est compliquée, ce projet prouve que c'est possible », félicite Franck Doucet. Pour Jean-Claude Darlet, président de la chambre d'agriculture, il est temps de faire évoluer administrativement les Asa pour faciliter leur création « J'ai noté les difficultés législatives et réglementaires d'un président d'Asa, souligne Elodie Jacquier-Laforge, ce n'est pas qu'un travail d'expert ».

Virginie Montmartin
Technique / La station de pompage d'Izeron est constituée de six nouvelles pompes de 3 mètres.

« Plus de débit, mais pas plus d’eau à l’hectare »

Avec 850 m3 d’eau à l’heure et 350 hectares irriguées, la force de frappe de la nouvelle station de pompage de l’ASA Izeron-Saint-Pierre-de-Chérennes a de quoi rassurer les nuciculteurs de la région. Du côté de la technique, il a fallu installer trois pompes de 250 m3, deux pompes de 100 m3 et une dernière appelée pompe jockey, mobilisée en complément. Pour protéger ces six nouvelles pompes, le bâtiment existant a été réhaussé et rallongé. « On assure le dégrillage des eaux avec une filtration d’un millimètre et, avec le nouveau système, on peut ajuster précisément la valeur de refoulement en fonction du débit. Le système est alimenté directement par un poste électrique », explique Franck Falcou, du cabinet Ca-eau, en charge du projet. « Cela permet de supprimer tous les petits pompages des Cuma d’irrigation », explique Daniel Eymard, membre de l’Asa. Une seconde station de pompage, constituée de trois pompes et d’un débit de 150 m3 d’eau par heure, est située à Saint-Pierre-de-Chérennes pour alimenter les cultures situées à proximité.
Limiter le désherbage

« L’ancien système est vieillissant et il y avait des risques de surchauffe. Celui-ci est plus moderne et plus sécurisé », explique Daniel Eymard. En partant de la pompe, l’eau parcourt 22 kilomètres de canalisations pour alimenter les 47 bornes d’irrigation installées. Là où le refoulement pourrait s’avérer dangereux, les tuyaux ont été renforcés par des couches de béton. Mais, un tel système ne va pas forcément de paire avec plus de consommation. « Il y a plus de débit d’eau mais pas plus d’eau à l’hectare », confirme-t-il. Les parcelles utilisent l’irrigation pendulaire, c’est-à-dire des micro-jets suspendus dans les arbres. Plus efficace, cette technique a aussi l’avantage d’éviter le désherbage de la ligne de troncs.