Bergerie du plan, Pinsot
Un nouvel élevage ovin dans le massif de Belledonne
La bergerie du plan est l'une des quatre exploitations du Grésivaudan à avoir obtenu le soutien de la communauté de communes dans le cadre du fonds intercommunal du développement agricole mis en place l'an dernier. « Sans aide, il n'y aurait pas de création d'exploitation possible dans un secteur comme la vallée du Haut-Bréda », témoigne le berger Christian Reymond.
Créer un élevage ovin de toutes pièces à 1 000 mètres d'altitude n'est pas une sinécure, loin de là. Respectivement berger et gardienne du gîte de l'alpage de la combe Madame, à La Ferrière, Christian et Camille Reymond avaient la connaissance du territoire et l'expérience pour eux. « Nous savions où nous allions quand nous avons créé notre élevage ovin en septembre 2009 à La Bourlière, un hameau de Pinsot où nous vivions depuis dix ans, mais où il n'y a plus un seul centimètre carré de plat disponible », témoigne Christian Reymond, qui rejoindra son épouse sur l'exploitation dès que la direction régionale de l'agriculture aura visé son dossier de validation des acquis de l'expérience.
Le retard pris dans la construction de la bergerie a pourtant « failli nous faire couler, relate Christian Reymond, car elle n'a été opérationnelle qu'à Noël, alors qu'on nous avait assuré qu'elle serait prête en octobre, et que nous avons donc acheté notre troupeau de 250 brebis Mérinos dès le mois de septembre ».
« Sans aide, pas de création »
En comparaison de ce démarrage dantesque, les multiples embûches qui ont jalonné la suite de l'installation semblent presque anecdotiques. Mais le jeune éleveur est conscient que, « sans aide, il n'y aurait pas de création d'exploitation possible dans un secteur comme la vallée du Haut-Bréda ». Au-delà des traditionnelles aides à l'installation versées par les conseils général, régional et l'Etat, les Reymond ont donc apprécié de pouvoir bénéficier du soutien du fonds intercommunal de développement agricole (Fida) mis en place par la communauté de communes du Grésivaudan. « Cette subvention couvre l'achat du caisson frigorifique dont nous nous sommes équipés au printemps dernier pour assurer les livraisons aux Amap, aux deux magasins, aux quelques particuliers et aux deux auberges de la vallée auprès de qui nous écoulons nos caissettes », indique Christian Reymond.
Si la bergerie du plan commercialise toute sa production en vente directe, c'est que « pour s'en sortir en coopérative, il faudrait doubler le troupeau, estime Christian Reymond. Or, dans une zone où ce dernier reste environ six mois en bergerie, cela coûterait une fortune. Cela ne serait pas viable, même si cela ferait moins de travail ».
Gérer la charge de travail
La charge de travail ne devrait pas s'alléger avec l'installation de Christian, car le couple prévoit à ce moment là de s'équiper d'un atelier de découpe. Et le boucher de Froges qui effectue pour le moment ce travail va lui-même récupérer les carcasses à l'abattoir du Fontanil.
Déjà entrée dans le réseau « Bienvenue à la ferme », la bergerie du plan pourrait aussi développer de nouvelles activités d'agritourisme, au-delà de la vente de produits à la ferme. Eleveuse, Camille Reymond est en effet également cuisinière de formation. Cela ouvre donc des perspectives. Mais, dans un premier temps, Christian Reymond va continuer de travailler comme moniteur de ski l'hiver et berger l'été. « Rien n'est encore arrêté et nous devons d'abord mieux nous caler », souligne le candidat à l'installation.
Bio : y aller ou pas ?
Il en est de même avec la conversion à l'agriculture biologique. « Nous étudions sérieusement cette possibilité, car nous sommes a priori dans les clous au niveau des bâtiments, nos agneaux partent souvent à six ou sept mois et nous cherchons déjà à produire le plus naturellement possible, signale Christian Reymond. Mais les aliments bio pour agneaux coûtent facilement deux fois plus cher ». Avant d'engager de tels frais, la bergerie du plan a besoin d'engranger des recettes et de recevoir toutes les subventions accordées.
Cécile Fandos
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Fida du Grésivaudan
Déjà quatre exploitations soutenues
Née en 2008 de la fusion de cinq intercommunalités et onze municipalités dites « isolées », la communauté de communes du Grésivaudan a créé un fonds intercommunal de développement agricole (Fida) dès l'an dernier. Doté d'une enveloppe de 30 000 euros, ce fonds vise à soutenir les projets de développement agricole, qu'il s'agisse de l'installation de nouveaux agriculteurs ou du développement d'exploitations existantes. Outre la bergerie du plan, à Pinsot, trois autres exploitations ont déjà reçu le soutien du Fida du Grésivaudan l'an dernier : deux installations en maraîchage à Goncelin et La Chapelle-du-Bard (Les jardins d'Aluna et Les jardins des mille feuilles) et une installation en élevage avicole et porcin à Saint-Hilaire-du-Touvet (La ferme du pigeonnier).
Des critères à respecter
Pour bénéficier de cette aide soumise à la règlementation des minimis, il faut être implanté dans l'une des 47 communes du Grésivaudan et être affilié à la MSA en qualité de chef d'exploitation agricole. Les agriculteurs prioritaires sont ceux qui répondent à un besoin local, détiennent le label AB ou, du moins, n'ont pas recours aux produits phytosanitaires proscrits par le cahier des charges de l'agriculture biologique. Mais seuls les projets en bio sont aidés à hauteur de 7 500 euros (dans la limite de 55 000 euros d'aides publiques sur trois exercices et de 40 % à 60 % du montant des investissements, selon que l'on s'installe ou pas, que l'on se trouve en zone de montagne ou de plaine). Les autres ne peuvent prétendre à plus de 4 000 euros.
C.F.
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Le retard pris dans la construction de la bergerie a pourtant « failli nous faire couler, relate Christian Reymond, car elle n'a été opérationnelle qu'à Noël, alors qu'on nous avait assuré qu'elle serait prête en octobre, et que nous avons donc acheté notre troupeau de 250 brebis Mérinos dès le mois de septembre ».
« Sans aide, pas de création »
En comparaison de ce démarrage dantesque, les multiples embûches qui ont jalonné la suite de l'installation semblent presque anecdotiques. Mais le jeune éleveur est conscient que, « sans aide, il n'y aurait pas de création d'exploitation possible dans un secteur comme la vallée du Haut-Bréda ». Au-delà des traditionnelles aides à l'installation versées par les conseils général, régional et l'Etat, les Reymond ont donc apprécié de pouvoir bénéficier du soutien du fonds intercommunal de développement agricole (Fida) mis en place par la communauté de communes du Grésivaudan. « Cette subvention couvre l'achat du caisson frigorifique dont nous nous sommes équipés au printemps dernier pour assurer les livraisons aux Amap, aux deux magasins, aux quelques particuliers et aux deux auberges de la vallée auprès de qui nous écoulons nos caissettes », indique Christian Reymond.
Si la bergerie du plan commercialise toute sa production en vente directe, c'est que « pour s'en sortir en coopérative, il faudrait doubler le troupeau, estime Christian Reymond. Or, dans une zone où ce dernier reste environ six mois en bergerie, cela coûterait une fortune. Cela ne serait pas viable, même si cela ferait moins de travail ».
Gérer la charge de travail
La charge de travail ne devrait pas s'alléger avec l'installation de Christian, car le couple prévoit à ce moment là de s'équiper d'un atelier de découpe. Et le boucher de Froges qui effectue pour le moment ce travail va lui-même récupérer les carcasses à l'abattoir du Fontanil.
Déjà entrée dans le réseau « Bienvenue à la ferme », la bergerie du plan pourrait aussi développer de nouvelles activités d'agritourisme, au-delà de la vente de produits à la ferme. Eleveuse, Camille Reymond est en effet également cuisinière de formation. Cela ouvre donc des perspectives. Mais, dans un premier temps, Christian Reymond va continuer de travailler comme moniteur de ski l'hiver et berger l'été. « Rien n'est encore arrêté et nous devons d'abord mieux nous caler », souligne le candidat à l'installation.
Bio : y aller ou pas ?
Il en est de même avec la conversion à l'agriculture biologique. « Nous étudions sérieusement cette possibilité, car nous sommes a priori dans les clous au niveau des bâtiments, nos agneaux partent souvent à six ou sept mois et nous cherchons déjà à produire le plus naturellement possible, signale Christian Reymond. Mais les aliments bio pour agneaux coûtent facilement deux fois plus cher ». Avant d'engager de tels frais, la bergerie du plan a besoin d'engranger des recettes et de recevoir toutes les subventions accordées.
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Née en 2008 de la fusion de cinq intercommunalités et onze municipalités dites « isolées », la communauté de communes du Grésivaudan a créé un fonds intercommunal de développement agricole (Fida) dès l'an dernier. Doté d'une enveloppe de 30 000 euros, ce fonds vise à soutenir les projets de développement agricole, qu'il s'agisse de l'installation de nouveaux agriculteurs ou du développement d'exploitations existantes. Outre la bergerie du plan, à Pinsot, trois autres exploitations ont déjà reçu le soutien du Fida du Grésivaudan l'an dernier : deux installations en maraîchage à Goncelin et La Chapelle-du-Bard (Les jardins d'Aluna et Les jardins des mille feuilles) et une installation en élevage avicole et porcin à Saint-Hilaire-du-Touvet (La ferme du pigeonnier).
Des critères à respecter
Pour bénéficier de cette aide soumise à la règlementation des minimis, il faut être implanté dans l'une des 47 communes du Grésivaudan et être affilié à la MSA en qualité de chef d'exploitation agricole. Les agriculteurs prioritaires sont ceux qui répondent à un besoin local, détiennent le label AB ou, du moins, n'ont pas recours aux produits phytosanitaires proscrits par le cahier des charges de l'agriculture biologique. Mais seuls les projets en bio sont aidés à hauteur de 7 500 euros (dans la limite de 55 000 euros d'aides publiques sur trois exercices et de 40 % à 60 % du montant des investissements, selon que l'on s'installe ou pas, que l'on se trouve en zone de montagne ou de plaine). Les autres ne peuvent prétendre à plus de 4 000 euros.
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