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Pisieu

Un oeil ouvert sur l'extérieur

LIMOUSINE/ A 27 ans, Gérald Carcel a repris l'exploitation familiale, située à Pisieu. Depuis trois ans, il continue l'activité d'élevage développée par son père, et participe cette année, pour la première fois, au concours de la fête de l'élevage.
Un oeil ouvert sur l'extérieur
Passionné par son métier, Gérald Carcel n'en oublie pas moins de garder un oeil sur ce qui se passe à l'extérieur. Preuve en est : après avoir obtenu deux BTS - l'un en technique végétale et l'autre en technique commerciale - il travaille dans plusieurs domaines d'activités comme le bâtiment, en attendant que son père, éleveur de Limousine à Pisieu, ne prenne sa retraite.
Des solutions pour une main-d'oeuvre limitée
Une expérience que le jeune agriculteur conseille, « car cela permet de s'ouvrir l'esprit et de voir autre chose. Ceux qui s'installent à vingt ans, c'est bien, mais ils n'ont rien connu ». Ce n'est qu'en 2008, quatre ans après la fin de ses études et à l'âge de 27 ans, qu'il reprend l'installation familiale. « Au départ, je souhaitais m'installer avec des associés. Finalement, cela n'a pas pu se faire. Depuis, je travaille seul, mais j'ai développé d'autres alternatives et fait régulièrement appel à l'aide d'une banque de travail. Car, même si mon père me donne un coup de main, je refuse de le surcharger », explique l'éleveur, à la tête d'un cheptel d'une soixantaine de bêtes.
« On veut vivre de notre métier »
Première initiative depuis son installation : l'augmentation du cheptel. De 30, il est passé à 60 animaux, « mais aujourd'hui je ne peux pas en avoir plus, faute d'un bâtiment trop petit et d'une main-d'oeuvre limitée ». Ce bâtiment ne lui permet pas non plus de stocker les céréales qu'il produit sur une quinzaine d'hectares. Logiquement, l'un de ses principaux projets est donc d'en construire un. « Quand je me suis installé, j'ai préféré repousser cette construction à plus tard. Cela m'a permis de bien appréhender la conjoncture économique, et de ne pas me jeter tête baissée dans cet investissement. On aime nos animaux, notre métier est une passion, c'est vrai. Mais, même si c'est un joli discours, on est comme tout le monde : on veut vivre de notre métier », admet-il.
Dynamique et motivé pour faire évoluer son exploitation, il est adhérent au syndicat départemental des limousines. « C'est un jeune organisme et il y règne une très bonne ambiance. C'est d'ailleurs comme ça que j'ai eu connaissance des différents concours organisés dans le département, notamment celui de la fête de l'élevage », précise Gérald Carcel.
Etape incontournable : le dressage
Ainsi, il sera à Saint-Marcellin, les 20 et 21 août, pour présenter la race Limousine. Une grande première pour cet éleveur, plus habitué à être du côté des spectateurs. « Je ne suis pas forcément fan des concours. Je participe cette fois-ci, car il y a un bon groupe dans le syndicat. Nous voulons faire connaître nos animaux, et cette fête est un moyen de communication parmi d'autres. J'y vais surtout pour échanger avec les éleveurs, le grand public. Je suis assez curieux et j'aime découvrir de nouvelles choses », confie-t-il. Pour se préparer au mieux, il dresse quatre de ses bêtes. Le but ? Les habituer à marcher, défiler et adopter une bonne posture. Un geste qu'il recommande à tout le monde, concours ou pas. « J'essaie d'amadouer toutes mes bêtes en les attachant par le licol. Cela leur permet de comprendre que la corde est la plus forte, et c'est un peu plus facile ensuite de les promener, ou de les ramener du pré. On perd peut-être quelques heures à faire cela, mais ensuite, c'est du temps de gagné pour toute une carrière », assure-t-il.
Quant à l'avenir, il espère pouvoir s'associer avec quelqu'un d'ici quelques années, mais à moyen terme, il reste centré sur le concours. La récompense ? Elle ne l'intéresse pas. Cette fête va surtout lui permettre de se comparer avec les éleveurs locaux, même s'il reste modeste : « Aujourd'hui, je n'aurais pas la prétention de pouvoir participer à un concours national. La qualité de mon élevage ne ferait pas le poids ».
Lucile Ageron