Un petit cours de ver de terre ?
« C'est quoi un sol vivant pour vous ? » Laetitia Masson, conseillère agronomie-environnement à la chambre d'agriculture, interpelle son (plutôt) jeune auditoire. Réponses timides : « C'est un sol où il y a plein de choses... » « Avec des vers de terre... » Les langues se délient, ça cause rapidement carabes, turricules et champignons. Précise et pédagogue, la conseillère explique le fonctionnement d'un sol, le rôle agronomique des différents micro-organismes. Elle s'appuie sur le témoignage de Roland Badin, exploitant en polyculture élevage à Maubec, qui, depuis 2003, ne considère plus ses sols comme de simples supports. Pour lui, ce sont de véritables alliés. « Il m'a fallu dix ans pour obtenir un sol vraiment vivant, explique-t-il. On a eu tellement l'habitude d'avoir une réponse chimique à tous nos problème... Travailler avec le vivant, chercher des solutions alternatives, c'est plus de risque. Mais au bout du compte, les rendements sont maintenus, ils sont même dépassés... »
Mise en pratique
Agriculteurs, étudiants, simples curieux : ils sont des dizaines à participer aux sept ateliers thématiques proposés au cours de la journée consacrée à l'agroécologie. Au gré de ses interrogations, chacun a pu ainsi butiner des informations sur des thèmes aussi divers que l'autonomie alimentaire, l'optimisation de la conduite de l'irrigation, la réduction des phyto, les énergies renouvelables et la maîtrise des consommations, l'agroforesterie ou les cultures intercalaires et mellifères. Animés par des binômes dynamiques (technicien et témoin), les ateliers ont permis aux participants de compléter leurs bases agronomiques, mais aussi de poser des questions aux agriculteurs ayant mis en pratique les techniques évoquées. Pour certains, cette première approche est utile, mais loin de suffire. « C'est bien, mais de là à mettre ce qu'on a vu en application, c'est autre chose », estime Didier Lémonon, céréaliculteur à Châtonnay,
MB