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Règlementation

Un peu de numérique, beaucoup de collectif

Les entrepreneurs des territoires ont réfléchi à la façon de s'affranchir de la complexité administrative.
Un peu de numérique, beaucoup de collectif

« Nous avons nos obligations, nos déclarations : la complexité administrative est de plus en plus importante pour les entreprises du secteur forestier ou agricole », déclarait Gérard Napias, président de la FNEDT. Parmi les dirigeants d'entreprises des territoires, beaucoup s'interrogent, d'autres développent des solutions, mais la problématique est quotidienne.
« La première difficulté, selon Pierre Genève, comptable à La Côte-Saint-André, sont les allers-retours incessants en matière de fiscalité. Certes, les changements fiscaux et sociaux accompagnent ceux de la société, mais nous avons besoin d'intégrer les textes sans avoir à subir de violents virages ». Le comptable souligne par ailleurs combien les démarches ont été simplifiées pour la création d'entreprises, où le CFE centralise l'ensemble de la documentation.

Réduire les coûts

Sébastien Mérat, consultant chez Péri G, qui a développé la plateforme Xpert Environnement pour accompagner les entreprises dans leur démarche environnementale, insiste sur la capacité des petites entreprises à se rendre flexible et surtout, à travailler de façon collective. « Tout le monde a traité de façon individuelle le volet phytosanitaire alors que la solution de l'aborder de façon collective permet de réduire les coûts d'audit ainsi que la pression. Il existe des marges de manœuvre, notamment en s'unissant pour faire face à la complexité ». Il cite en exemple les démarches de certification Iso 14 001*, qui ont été rendues possibles dans les TPE, par leur volonté de se former collectivement. « Il y a un intérêt à mutualiser et échanger », insiste-t-il. Pour Didier Collet, gérant de Digital DC System, éditeur de Facilitime, un logiciel de gestion des chantiers pour les entreprises de travaux agricoles, « la simplification passe aussi par un temps de réflexion au sein des entreprises. Certains clients voient leur chiffre d'affaires croître ou gagnent du temps, seulement en faisant un peu de ménage ». Il rappelle que les systèmes informatiques « sont faits pour simplifier les choses. Pas question d'embaucher quelqu'un pour utiliser un logiciel. » Les outils développés par son entreprise s'adressent à toutes les tailles d'EDT. « C'est un outil qui apporte aussi de la rigueur ». Le vice-président de la FNEDT, Régis Macé, insiste sur l'utilité de ces plateformes « qui facilitent la vie des utilisateurs ». Car la réglementation est la même pour les grosses entreprises comme pour les petites et peut être déterminante dans l'accès à certains marchés.

Anticiper

Gérard Maréchal, président de l'association EDT perspectives, qui réunit une trentaine d'entreprises du Nord Pas de Calais et Picardie autour de la norme Iso 14 001, est allé « au-devant du problème. Anticiper, c'est simplifier, insiste-t-il. Nous avions le niveau pour le faire. Il faut s'entourer de gens compétents. » Il confirme : « Les certifications permettent d'accéder aux marchés. Il ne faut pas avoir peur d'aller plus loin. » Ce point de gestion collective des audits pour abaisser leur coût et leur pression fait l'objet d'un décret. Cette montée en compétence est aussi un rempart contre le risque d'ubérisation du métier alors qu'aucun diplôme n'est requis pour devenir entrepreneur de travaux forestiers ou agricoles.
La formation, le collectif, l'anticipation, le numérique sont parmi les réponses à tous les tracas administratifs, bien que certains soulignent que l'administration observe encore un certain retard par rapport aux documents électroniques.

Isabelle Doucet

*La norme Iso 14 001 de management environnemental a été révisée en 2015.